Nouvelle

Revue des marchés du 30 juin 14

30 juin 2014,

Il serait difficile aujourd’hui d’attribuer la débâcle des prix à toute autre chose que les rapports du USDA qui ont eu l’effet d’une bombe, c’est le moins qu’on puisse dire.

Pour un survol sommaire des résultats de ces rapports : Grainwiz - Rapports du USDA du 30 juin 2014 - Beaucoup plus de soya et moins de maïs cet automne

 

Le marché du soya a été sans aucun doute celui le plus durement touché. Non seulement les superficies ensemencées record de 84,84 millions d’acres sont plus importantes que prévu en mars dernier par le USDA, mais elles dépassent également les prévisions les plus optimistes du USDA. Toujours selon le USDA, les superficies récoltées seront ainsi de 84,06 millions d’acres. Suivant la prévision de rendement actuelle de 45,2 boisseaux/acre, ceci porterait la production américaine de soya de cet automne à une récolte « monstre » de 3,80 milliards de boisseaux (103,4 millions de tonnes). Si la consommation et les exportations prévues en 2014-15 restent inchangées, le nombre de jours de réserve de soya aux États-Unis passerait alors d’un creux historique de 13 jours cette année à 34 jours de réserves pour la prochaine année récolte.

 

Même dans son rapport trimestriel d’inventaires au 1er juin, le USDA a également « déçu » les marchés, confirmant en quelque sorte qu’il avait probablement sous-estimé la dernière récolte. En effet, l’instance américaine affirme que les inventaires trimestriels de soya américain étaient de 405 millions de boisseaux, ce qui est très peu. Par contre, la prémisse des marchés était qu’un recul plus important à en moyenne 378 millions étaient à prévoir considérant les ventes à l’exportation américaine persistantes des dernières semaines et les inventaires extrêmement serrés anticipés jusqu’ici par le USDA.

C’est donc un double « uppercut » qui a mis K.O. le marché du soya et, techniquement, le portrait n’est pas très reluisant il va sans dire. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (août 14), il est passé sous son support des dernières semaines à 13,40 $US/boisseau pour maintenant naviguer tout juste au-dessus d’un second support à 13,20 $US/boisseau. Pour la prochaine récolte (novembre 14), il a brisé fermement l’important support psychologique de 12,00 $US/boisseau. Une figure de type tête-épaule identifiée par plusieurs analystes suggère que le contrat à terme devrait à partir d’ici reculer tout au moins jusqu’à 11,20 $US/boisseau.

Du côté du maïs, le contexte est moins lourd, mais est également négatif. Dans son rapport sur les superficies ensemencées, le USDA confirme un léger recul à 91,641 millions d’acres comparativement à son 1er estimé de mars dernier. Ceci porterait les superficies récoltées à 83,84 millions d’acres. Si les conditions météo restent profitables pour les cultures, ce que suggères toujours les dernières prévisions, un rendement record de 169-170 boisseaux/acre n’est certainement pas impossible, ce qui porterait alors la récolte américaine de cet automne elle-même à un nouveau record de 14,17-14,25 milliards de boisseaux (360 -362 millions de tonnes).

Mais ce qui aura le plus plombé le marché du maïs aura été de ce cas-ci le dernier rapport trimestriel d’inventaires américains au 1er juin. Selon le USDA, 3,854 milliards de boisseaux étaient encore en inventaire au 1er juin. Les marchés anticipaient plutôt des inventaires de 3,722 milliards de boisseaux. Il s’agit également d’un bond important comparativement aux inventaires serrés à pareille date l’an dernier de 2,766 milliards de boisseaux.

Il ne manquera donc certainement pas de maïs pour répondre à la demande pour la prochaine année, et ici aussi les marchés ont réagi en conséquence.

Sans hésiter, le contrat à terme de l’ancienne récolte (août 14) comme celui de la prochaine récolte (décembre 14) ont tous deux brisé sans difficulté leurs creux de janvier dernier, réduisant dangereusement l’écart qui les sépare maintenant du seuil psychologique important de 4,00 $US/boisseau. La partie n’est pas encore jouée d’avance avec les imprévus météo d’ici les récoltes, mais il devient de plus en plus difficile d’écart la possibilité qu’il se transige tôt ou tard sous ce niveau dans les prochaines semaines/mois.

 

 


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