Le marché des grains a connu une journée plus difficile aujourd’hui suivant la relance observée hier. Les nouvelles restent minces et peu d’éléments justifient pour l’instant un retour aux sommets d’avril dernier.
Dans le cas du marché du blé, on ne peut passer sous silence l’important recul qu’il encaisse depuis quelques jours. Celui-ci a définitivement perdu le momentum haussier dont il profitait depuis plusieurs semaines en raison des conditions difficiles toujours pourtant bien présentent dans le sud des Plaines Américaines.
Avec la publication du dernier rapport mensuel du USDA, il semble que les fonds spéculatifs ont tout simplement pris conscience que le blé d’hiver américain, qu’il soit menacé ou non, ne représente qu’une portion négligeable de l’abondante offre de blé actuellement disponible à l’échelle mondiale. Mentionnons au passage que les conditions dont profitent jusqu’ici les cultures de blé se veulent essentiellement très prometteuses dans d’autres régions clés de production en Europe, Russie, Chine et Australie.
Maïs
Les prix du maïs sont retournés à la baisse aujourd’hui, mettant à nouveau à l’épreuve leurs creux d’avril dernier. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (juillet 14), il a reculé de -0,0725 à 4,9550 $US/boisseau (-2,85 à 195 $US/tonne). Sur le contrat à terme de la prochaine récolte (décembre 14), la baisse a été de -0,06 à 4,89 $US/boisseau (-2,36 à 192,5 $US/tonne).
Peu de nouvelle aujourd’hui, si ce n’est le dernier rapport sur la production d’éthanol aux États-Unis présenté chaque semaine par l’EIA (Energy Information Administration). Selon ce dernier, la production d’éthanol est à nouveau à la hausse à 922 000 barils/jour après trois semaines de repli. Cette hausse aurait été bien accueillie si ce n’était que les inventaires ont aussi grimpé à 17,3 millions de barils, leur plus haut niveau observé depuis plus de 11/2 ans.
Avec la publication du dernier rapport mensuel du USDA de vendredi dernier qui laisse poindre une importante récolte à l’horizon, les marchés restent nerveux. Le fait que les ensemencements américains aient maintenant rattrapé le retard jusqu’ici cumulé n’aide en rien le contexte à prendre du mieux. Par contre, les régions plus au nord du Midwest américain (Dakota du Nord, Minnesota et Wisconsin) affichent toujours un retard. Les conditions plus humides et fraîches donnent aussi à penser que l’émergence des cultures sera très lente. La partie n’est donc pas encore gagnée et plusieurs imprévus pourraient encore faire fondre l’importance de la récolte anticipée par le USDA.
Techniquement, il faut mentionner que le contexte reste toujours difficile pour les contrats à terme du maïs. La tendance haussière en place depuis janvier dernier a définitivement été brisée. La question est à savoir maintenant si assez d’éléments pourront justifier dans les prochains jours/semaines un passage sous les supports importants qui sont actuellement mis à l’épreuve (contrat à terme juillet 14 à 4,90-4,95 $US/boisseau, contrat à terme décembre 14 à 4,88-4,90 $US/boisseau).
Soya
Les prix du soya tentent de garder le cap face au vent de négativité qui souffle actuellement dans le marché des grains. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (juillet 14), il a légèrement progressé de +0,03 à 14,8675 $US/boisseau (+1,10 à 546$US/tonne). Sur le contrat à terme de la prochaine récolte (novembre 14), il a également timidement grimpé de +0,0350 à 12,2250 $US/boisseau (+1,29 à 449 $US/tonne).
La mise aux enchères de soya de la réserve gouvernementale en Chine aura dépassé les attentes, plus de 92% de ce qui devaient être commercialisé l’ayant été à un prix supérieur au montant initial suggéré (17,13 $US/boisseau). Ceci renforce la perception que malgré les annulations de commandes à l’importation de soya des dernières semaines, la demande chinoise demeure bien vivante et solide. Rappelons que dernièrement, certains indicateurs économiques suggéraient aussi un ralentissement de l’économie chinoise. Face à cette éventualité, certains anticipaient par la même occasion une baisse de la consommation chinoise de soya.
Demain, le NOPA (National Oilseed Processors Association) aux États-Unis présentera son rapport mensuel sur la quantité de soya trituré en avril par ses membres. Les anticipations des marchés sont élevées à en moyenne 3,60 millions de tonnes. Par contre, en mars dernier, le résultat avait été encore plus important et surprenant à 4,19 millions de tonnes.
Techniquement, bien que la tendance haussière des derniers mois n’est plus, on sent que le marché hésite beaucoup à lâcher prise face aux inventaires américains très serrés d’ici la récolte. Le rapport du NOPA viendra sans aucun doute donner un nouvel élan (à la hausse ?). Mais une incapacité des prix à se rétablir à plus de 15 $US/boisseau (contrat de juillet 14) ou 12,30 $US/boisseau (contrat de novembre 14) viendrait confirmer le début de la formation d’une tendance neutre, voir même baissière.

