Journée négative pour le marché des grains. Peu de nouvelles ont fait surface aujourd’hui, laissant les marchés s’ajuster en prévision du prochain rapport mensuel du USDA qui sera publié ce vendredi.
Pour un survol des prévisions des marchés en vue de ce rapport : Grainwiz - Prévisions des marchés pour le rapport mensuel du USDA de ce vendredi 9 mai 2014
En Ukraine, les évènements ont pris un nouveau tournant. Le président russe, M. Vladimir Poutine, a surpris en annonçant qu’il retirait ses troupes des frontières de l’Ukraine. Il a demandé également aux militants prorusses de reporter le référendum prévu pour ce dimanche. Cette initiative d’apaisement en vue d’une résolution du conflit en Ukraine aura sans aucun doute contribué à ajouter une touche de négativité aux prix des grains, spécialement celui du blé qui profite déjà depuis plusieurs semaines de cette problématique.
Maïs
Suivant un bon début de semaine, le prix du maïs aura pris un peu de recul aujourd’hui. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (juillet 14), il a perdu -0,035 à 5,14 $US/boisseau (-1,38 à 202 $US/tonne). Prochaine récolte (décembre 14), le contrat à terme est resté inchangé à 5,0950 $US/boisseau (200,5 $US/tonne).
Vendredi, les marchés anticipent un recul des inventaires américains de la dernière récolte, puisqu’ils prévoient une hausse également de la consommation (exportation et éthanol). Par contre, une hausse importante des inventaires américains pour l’année prochaine est attendue. Mais comme ces 1ers chiffres s’appuient sur peu d’information, les marchés restent très méfiants à l’idée de prendre position avant d’en savoir plus sur ce que présentera le USDA vendredi.
À l’exception des régions plus au nord et nord-est, la progression des ensemencements américains a certainement profité avantageusement des bonnes conditions des derniers jours. Le retour de précipitations plus importantes est attendu pour la fin de la semaine et le début de la semaine prochaine. Pour l’instant, les prévisions révèlent toutefois qu’il ne faut pas s’attendre à d’importantes averses et que, celles-ci seront assez dispersées. Tout indique que les producteurs américains ont maintenant la porte ouverte pour rattraper une part importante du retard jusqu’ici accumulé depuis le début de saison des ensemencements.
Pour l’instant, les perspectives d’une importante récolte cette année aux États-Unis demeurent effectives. Le USDA viendra en quelque sorte confirmer ce vendredi cette éventualité qui pourrait forcer à la baisse le marché du maïs dans les prochaines semaines si les conditions météo le permettent. Rappelons que selon les dernières prévisions du USDA, les producteurs américains pourraient atteindre cette année une moyenne de rendement record de plus de 165 boisseaux/acre (11,09 tonnes/ha).
Selon le dernier rapport hebdomadaire de l’EIA (Energy Information Administration) aux États-Unis, la production d’éthanol a à nouveau reculé la semaine dernière à 894 000 barils/jour. Les inventaires d’éthanol ont par contre reculé à 17,1 millions de barils. On rapporte que les marges de profit des usines d’éthanol qui étaient très fortes depuis le début de l’année commencent à s’amincir.

Selon un sondage réalisé par Reuters, la prochaine récolte de l’Ukraine devrait reculer cette année à 25 millions de tonnes comparativement à son record de l’an dernier de 30,9 millions de tonnes. Malgré les tensions politiques auxquelles le pays est confronté, le début de saison s’annonce prometteur jusqu’à présent, avec 57% des intentions d’ensemencement de complétées.
Soya
Le marché du soya a poursuivi son recul aujourd’hui, testant à nouveau des supports clés à la bourse. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (juillet 14), il a perdu -0,1325 à 14,4625 $US/boisseau (-4,87 à 531 $US/tonne). Sur le contrat à terme de la prochaine récolte (novembre 14), il a reculé de -0,08 à 12,1725 $US/boisseau (-2,9 à 447 $US/tonne).
Comme mentionnées dans la revue des marchés d’hier, peu de bonnes nouvelles soutiennent toujours actuellement le marché du soya : les ventes à l’exportation américaines sont en forte baisse conformément à la tendance saisonnière, les rumeurs abondent toujours à l’effet que d’importantes quantités de soya sont actuellement importées aux États-Unis, les perspectives de consommation de la Chine demeurent incertaines, et tout reste en place pour que les États-Unis obtiennent toujours pour l’instant une récolte record de soya cet automne.
D’un point de vue technique, sur les graphiques, le comportement des prix du soya reste également très fragile, alors que d’importants supports sont actuellement mis à l’épreuve. Mais en attendant la publication du rapport du USDA ce vendredi, il semble que les marchés aient préféré prendre du recul avant de prendre une décision finale sur la prochaine direction que devra suivre le marché du soya.
Ce vendredi, les marchés anticipent un nouveau recul des inventaires américains de l’ancienne récolte à un creux inégalé en 10 ans. Par contre, ils prévoient aussi que le USDA pourrait estimer les inventaires américains de l’an prochain à plus du double de ce qu’ils sont prévues cette année.
Blé
Après avoir atteint son plus haut niveau en 13 mois hier, le marché du blé à Chicago aura été légèrement entrainé à la baisse par des prises de profits. L’intervention de M. Poutine en Ukraine en vue de calmer les tensions aura certainement contribué à affaiblir le contexte de marché du blé aujourd’hui. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (juillet 14), il a perdu -0,02 à 7,2975 $US/boisseau (-0,73 à 268 $US/tonne). Pour la prochaine récolte (septembre 14) il a reculé de -0,01 à 7,4650 $US/boisseau (-0,36 à 274 $US/tonne).
En prévision du rapport mensuel de vendredi du USDA, les marchés anticipent un réajustement à la hausse des inventaires américains de la dernière récolte. Par contre, pour l’an prochain, un recul significatif est prévu, notamment en raison des mauvaises récoltes qui se confirment du côté du blé d’hiver.
Les dernières prévisions météo suggèrent que quelques averses sont à prévoir dans les Plaines américaines durement touchées par les conditions trop chaudes et sèches des dernières semaines. Ce sera par contre trop peu, trop tard.
En Europe, les conditions se veulent cependant toujours très prometteuses, et des récoltes importantes de blé sont toujours à prévoir. Rappelons que l’Europe est le principal producteur mondial de blé à 25%, suivi de près par la Chine à 20%. Les États-Unis s’accaparent pour leur part 10% de la production mondiale.
