Nouvelle

Revue des marchés du 2 mai 2014

02 mai 2014,

Semaine forte en émotion pour les prix des grains qui ont tenté d’atteindre de nouveaux sommets, mais auront perdu pied à partir de ce jeudi. Les conditions météo prennent du mieux dans le Midwest américain pour les prochains jours, offrant une opportunité pour les producteurs de rattrapé une partie (si ce n’est pas l’ensemble) du retard d’ici la fin de la semaine prochaine.

Nerveux, les spéculateurs n’auront pas hésité dans cette foulée à engranger des profits, le risque météo étant trop important pour le laisser courir davantage dans l’espoir que le retard dans les semis américains s’aggrave.

 

Maïs

Le marché du maïs a connu une seconde journée difficile alors que les marchés ont continué de retirer une partie de la prime de risque météo qu’ils y avaient progressivement intégré au cours des dernières semaines. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (juillet 14), le recul aura été de -0,0750 à 4,9950 $US/boisseau (-2,95 à 196,6 $US/tm). Sur le contrat à terme pour la prochaine récolte (décembre 14), le prix du maïs a clôturé également la semaine en baisse de -0,0550 à 4,94 $US/boisseau (-2,16 à 194,5 $US/tm).  

À l’exception de la portion plus au nord, les conditions météo pour cette fin de semaine se veulent plus favorables dans le Midwest américain, offrant une ouverture intéressante pour accélérer les semis de maïs. La partie n’est pas gagnée pour autant, puisque les prévisions du NOAA aux États-Unis suggèrent sur des horizons de 6 à 10 jours ainsi que 8 à 14 jours des précipitations plus élevées qu’à la normale. Toutefois, comme plusieurs analystes l’ont rappelé au cours de la dernière semaine, les producteurs ont la capacité de rapidement rattraper le retard dans les semis. L’an dernier par exemple, les semis avaient réalisé un bond de 43% en 1 semaine à la mi-mai.

Avec d’importantes positions détenues dans le marché du maïs, les spéculateurs sont actuellement très nerveux et le risque est bien réel de voir le prix du maïs chuter au moindre signe que les conditions météo prennent encore du mieux, et que les semis américains rattrapent le temps perdu. Bien que 4% de moins de maïs devrait être semé cette année aux États-Unis, plusieurs analystes estiment que le rendement pourrait atteindre des niveaux records à plus de 163-165 bo./acre (10.2 à 10.35 tonnes/ha). L’apparition du phénomène météo El Nino qui se confirme de semaine en semaine supporterait d’autant cette possibilité.

Lundi prochain, en fin de journée, le USDA présentera son rapport sur la progression des semis américains. Les résultats présentés seront à surveiller de près.

Techniquement, que ce soit sur le contrat à terme courant comme celui récolte à Chicago, le prix du maïs a clôturé à nouveau sous la barre de 5,00 $US/boisseau, signe négatif. Le marché du maïs se veut de plus en plus fragile. Il faudra garder à l’œil la semaine prochaine les derniers creux atteints sous 4,90 $US/boisseau.

 

Soya

Le marché du soya a terminé la semaine sur une note négative, bien que les préoccupations entourant l’offre de soya d’ici la prochaine récolte seront parvenues à freiner la débâcle d’hier. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (juillet 14), le prix du soya sera parvenu à reprendre un peu de tonus, clôturant en hausse de +0,0975 à 14,7075 $US/boisseau (+3,58 à 540,4 $US/tm). Par contre, le contrat à terme de la prochaine récolte a poursuivi son recul légèrement, perdant -0,03 pour terminer la semaine à 12,2250 $US/boisseau (-1,10 à 449,2 $US/tm).

Le comportement du marché du soya d’aujourd’hui en aura été plus un d’hésitation face à la chute importante observée hier. Dans les faits, plusieurs éléments justifient difficilement pour l’instant une nouvelle relance des prix : faibles ventes à l’exportations américaines, compétition accrue sur les marchés internationaux, arrivés de cargo de soya brésilien dans le Golf du Mexique et prévisions météo offrant peu d’inquiétudes concernant les semis de soya qui débutent aux États-Unis.

La précarité de l’offre aux États-Unis d’ici la récolte devrait supporter encore un certain temps les prix du soya. Par contre, si aucun élément ne menace les cultures dans les prochaines semaines, il y a fort à parier que les marchés n’hésiteront pas alors à forcer davantage à la baisse les prix.

Techniquement, la forte tendance haussière en place depuis la fin janvier dernier tire à sa fin, semble-t-il. Pour l’instant, on note l’hésitation des marchés sur une tendance neutre. Ce que confirme toutefois la dernière semaine est l’importance des résistances auxquels les prix sont confrontés maintenant à leurs derniers sommets (15,20 $US/bo. sur juillet 14, 12,50 $US/bo. sur novembre 14) et, il faudra certainement plus que quelques nouvelles positives pour permettre au marché du soya d’aspirer à d’autres sommets.

 

Blé

Profitant des résultats de la tournée des cultures de blé d’hiver aux États-Unis (Crop Tour), le marché du blé sera parvenu à freiner de manière intéressante son recul d’hier. À Chicago, sur le contrat à terme pour livraison immédiate de juillet 14, il a terminé la semaine en hausse de +0,09 à 7,0775 $US/boisseau (+3,3 à 260,05 $US/tm). Pour la prochaine récolte (septembre 14), le contrat à terme du blé à Chicago a également progressé aujourd’hui, gagnant +0,0825 à 7,2425 $US/boisseau (+3,03 à 266,12 $US/tm).  

Selon les résultats du la tournée des cultures de blé d’hiver aux États-Unis cette semaine, les participants ont estimé la récolte du Kansas à 261 millions de boisseaux (7,10 millions de tonnes), un recul de 18% par rapport à la production de l’an dernier. Le rendement moyen prévu est de 33 bo./acre (2,21 tm/ha) comparativement à 38 bo./acre (2,55 tm/ha) l’an dernier. La dernière fois qu’un tel rendement aussi faible avait été enregistré remonte à 2001, où celui-ci avait été de 32,7 bo./acre (2,20 tm/ha).

La grande question qui demeure maintenant n’est pas à savoir si le rendement pourrait maintenant profiter d’un retour de conditions plus favorables, mais plutôt à savoir combien d’acres seront abandonnés et si les conditions prévues n’endommageront pas davantage les cultures restantes. Pour les prochains jours malheureusement, des conditions encore très chaudes, sèches et venteuses sont attendues.

En Ukraine, les évènements on prit une nouvelle tournure alors que l’armée ukrainienne a pris d’assaut la ville de Sloviansk pour en reprendre le contrôle aux mains des militants prorusses. Ce nouveau développement dans la crise en Ukraine aura accentué les tensions déjà très vives entre l’Ukraine, l’Europe et la Russie, contribuant sans aucun doute à raffermir également le marché du blé pour terminer la semaine.

Techniquement, le marché du blé à Chicago demeure toujours en bonne posture, entrainé par les problèmes rencontrés par les cultures de blé d’hiver aux États-Unis. Il faut noter toutefois la fermeté avec laquelle le blé d’hiver lui-même (Bourse de Kansas) évolue, l’écart entre sa valeur et celle de Chicago continuant de semaine en semaine à s’approfondir. Cette semaine, ce dernier a également atteint un nouveau sommet à 8,35 $US/boisseau, alors qu’à la bourse de Chicago, le blé a atteint un maximum de 7,2475 $US/boisseau.


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