Les effets des rapports sur les inventaires trimestriels et sur les intensions d’ensemencements continuent de se faire sentir. Rappelons que, selon le USDA, il devrait y avoir moins de maïs, mais plus de soya d’ensemencés cette année aux États-Unis. Du côté des stocks, le USDA confirme que ceux du soya américain restent très serrés d’ici la prochaine récolte. Et, de l’avis de plusieurs analystes, la demande pour le soya demeure forte, ce qui a de quoi préoccuper. Par contre, les experts regardent aussi l’état des températures au cœur du Midwest. À l’approche des semis de maïs et de soya, celles-ci restent fraiches et menacent toujours de retarder le début de la saison des ensemencements.
Mentionnons toutefois qu’il n’y a pas que le contexte même d’offre et demande de grains qui anime les marchés. Les spéculateurs sont également omni présent, misant depuis le début de l’année non seulement sur les commodités agricoles, mais en réalité sur l’ensemble des commodités pour réaliser des profits. Si plusieurs éléments peuvent justifier leur engouement actuel pour les grains et les viandes, dans les faits, il faut donc demeurer très prudent. Les spéculateurs peuvent se retirer très rapidement au moindre signe que leurs profits sont menacés.

Maïs
Le marché du maïs a franchi pour la 1re fois le cap du 5$US/boisseau, un niveau que peu aurait envisagé il y a encore quelques semaines. Sur le contrat courant (mai 2014), le maïs a pris 0.05 $US/boisseau pour terminer à 5.08 $US/boisseau (+ 2.17 à 199.79 $US/tm). Sur le contrat de la récolte (décembre 2014), il a monté de 0.06 $US/boisseau pour finir à 5.04 $US/boisseau (+ 2.36 à 198.51 $US/tm).
Rappelons que selon le rapport du USDA sur les intensions d’ensemencement, les producteurs américains devraient semer 91.7 millions d’acres ensemencés. Ceci représente une baisse de 4 % comparativement à l’an dernier.
Toutefois, la météo dans le Midwest anime aussi de plus en plus les marchés. À certains endroits, dans le centre-sud de l’Illinois, les températures frisent toujours les 0 C°. Ce matin, dans le Dakota du Nord, elles étaient de -6 C°. Malheureusement, malgré les réchauffements épisodiques prévus, les météorologues estiment que le froid pourrait durer encore quelques jours. Il faudra par contre demeurer prudent : la météo du Midwest pourrait changer encore et se réchauffer rapidement. Avec les nouvelles technologies et équipements disponibles de nos jours, mentionnons aussi que les producteurs sont à même de semer beaucoup plus rapidement que par le passer, ce qui réduit les risques liés aux retards de début de saison.
Le dernier rapport sur les inspections aux exportations (1 327 575 tonnes) et celui sur les ventes aux exportations (1 408 300 tonnes) de maïs américain supporte également les marchés présentement.
Soya
Malgré la hausse importante des intentions d’ensemencements américains et du recul moindre que prévu des inventaires trimestriels de soya américain, le marché du soya semble profite actuellement d’un regain à la hausse. Sur le contrat pour la livraison immédiate (mai 2014), il a pris 0.19 $US/boisseau pour terminer à 14.83 $US (+ 7.07 à 545.01 $US/tm). Sur le contrat de la récolte (novembre 2014), il a monté de 0.20 $US/boisseau pour clôturer à 12.07 $US/boisseau (+ 7.26 à 443.50 $US/tm).
Dans son rapport sur les intensions d’ensemencements, le USDA mentionnait que les États-Unis devraient semer 81,49 millions d’acres. Mais aujourd’hui, les marchés ne semblaient pas vouloir tenir compte de cette information. Pour eux, le rapport trimestriel sur les stocks en date du 1er mars dernier, présenté ce lundi, reste la préoccupation de l’heure. Il faut dire qu’avec 0,992 milliard de boisseaux, la disponibilité de soya américain au 1er mars cette année est l’un de plus faible niveau enregistré au cours des 20 dernières années. Par contre, les choses pourraient encore changer rapidement dans les prochaines semaines.
Selon Reuters, le Brésil a exporté le mois dernier 6,2 millions de tonnes de soya comparativement à 3,2 millions de tonnes en mars 2013. De son côté, la consommation chinoise montre aussi toujours certains signes de ralentissement, une vente de 60 000 tonnes de soya ayant été annulée.
Informa Economics a réduit ses prédictions pour la production brésilienne de soya de 2 millions de tonnes pour un total de 86.75 millions de tonnes.
Blé
Le blé semble à nouveau avoir perdu l’attention des marchés au profit des marchés du maïs et soya. Sur le contrat courant (mai 2014), il a perdu 0.12 $US/boisseau pour finir à 6.85 $US/boisseau (-4.41 à 251.79 $US/tm). Sur le contrat prévu pour la récolte (septembre 2014), il a baissé de 0.11 $US/boisseau pour terminer la séance à 6.98 $US/boisseau (-4.13 à 256.29 $US/tm).
Le recul actuel du marché du blé demeure plus difficile à comprendre si ce n’est des prises de profits suivant le rallye exceptionnel des dernières semaines.
Les cultures de blé d’hiver sont toujours menacées par le manque d’eau au centre et au sud des Plaines américaines. Selon le dernier rapport hebdomadaire sur l’état des cultures du USDA, 25 % de la production de blé se trouve dans les catégories « pauvre à très pauvres». La semaine dernière 21 % de tout le blé se trouvait dans ces catégories.
Ce lundi, le USDA a également présenté des rapports positifs pour le marché du blé. Selon l’instance gouvernementale américaine, les inventaires trimestriels américains de blé au 1er étaient de 1.06 milliard de boisseaux, une baisse de 15 % par rapport à l’an dernier.
Le nombre d’acres alloué à la culture de blé serait aussi en baisse de 1 % comparativement à l’an passé. Mais, il semble que le recul des inventaires trimestriels de blé américain ainsi que la baisse des superficies ensemencées à 55.8 millions d’acres ne justifierait pas aux yeux des marchés pour l’instant la poursuite du rallye amorcé depuis la fin janvier dernier.
