Les marchés financiers demeurent au neutre pourtant, il ne faut pas douter de sa fragilité en raison des données plutôt moroses provenant de la Chine en début de semaine. Les données d’exportations et d’importations du pays montrent maintenant un pays qui progressent, mais qui connait aussi sa part de difficultés économiques. S’il faut en croire la trajectoire des prix du cuivre en autre, le ralentissement de la Chine pourrait devenir préoccupant dans les prochains mois pour le prix des commodités.
Maïs
La direction du prix du maïs offre une contradiction par rapport à ses fondamentaux. Le USDA a rappelé que les inventaires allaient être les plus importants depuis les dernières années, mais malgré tout les prix remontent dirigés par la présence des fonds et des spéculateurs qui voient d’un œil ces achats dans leurs portefeuilles. En fait, ces fonds liquident probablement des contrats de fèves en faveur du maïs.
Pourtant, il est important de souligner que l’Agence de l’Énergie américaine a publié les données d’éthanol. L’industrie a considérablement réduit la production d’éthanol au cours de la dernière semaine à une moyenne quotidienne de 869 000 barils. C’est 25 000 barils par jour de moins que la semaine précédente et nettement sous les objectifs du USDA. A ce rythme, il n’est pas certain que la consommation de maïs atteindra les objectifs du USDA proposés dans le rapport de mars.
Les négociants sont nerveux par rapport aux retards dans les semis de maïs brésiliens. CONAB a cependant publié un rapport proposant une récolte de 75,2 millions de tonnes. C’est l’organisme le plus positif quant à la récolte brésilienne. La majorité des analystes suggèrent une récolte autour de 68 millions de tonnes.
Soya
La présence des fonds en tant que vendeurs force le marché à descendre rapidement. Les fonds détenaient plus de 220 000 contrats avant d’entreprendre cette semaine et l’atteinte de niveaux techniques ne fait qu’accélérer le mouvement baissier alors que les négociants courent vers la sortie.
Les mêmes nouvelles ou plutôt rumeurs hantent le marché : les annulations de commandes provenant de la Chine. Cependant ces annulations ne visent plus les ventes américaines, mais bien les achats réalisés en sol sud-américain. Le marché croit que plus de 15 cargos de fèves auraient été annulés récemment. La faiblesse soudaine des bases au Brésil pourrait suggérer que cette rumeur ne devienne réalité. Les défenseurs des prix suggèrent plutôt que tout cela n’est que stratégie de la part des acheteurs chinois voulant acquérir des stocks supplémentaires à des prix inférieurs. Ces optimistes ont cependant les faits de leur côté : la Chine n’a pratiquement pas annulé de cargos cette année contrairement aux années antérieures.
CONAB estime maintenant la récolte de fèves brésiliennes à 85,4 millions de tonnes alors que le USDA proposait encore ce lundi une récolte à 88,5 millions.
Blé
Le blé de Chicago est le grand gagnant de la journée avec des gains impressionnants. La chaleur des derniers jours aurait fait perdre la couverture de neige sur plusieurs champs du nord des Plaines et le froid prévu pour les 2 prochaine semaines pourraient occasionner des dommages permanents aux cultures de blé d’hiver aux États-Unis. La neige qui tombe dans le Midwest est une bonne chose, mais les températures froides pour ce temps de l’année pourraient nuire et annuler les effets et bienfaits de l’humidité reçue.
De plus, l’Ukraine demeure une source de préoccupation pour les négociants qui voient d’un bien mauvais œil le référendum qui sera tenu en Crimée cette fin de semaine. Cette région passera vraisemblablement dans le giron russe de façon définitive. Malgré ces tribulations politiques et militaires, on ne note pas de baisses dans les activités d’exportations de grains.
Les fonds continuent de batailler ferme afin de liquider leurs dernières positions vendeurs détenues dans ce marché. Les spéculateurs essaient donc de racheter rapidement des positions afin de passer de l’autre côté en tant qu’acheteur de contrats à terme.
