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Des zigzags jusqu'aux élections américaines ?

05 septembre 2008,

John McCain et George Bush : L'économie américaine passera d'abord...
Photo : TimeGrainwiz :Au début de l'été, la chute du dollar américain nuisait continuellement aux exportations de grain québécois, mais depuis quelque temps avec l'effritement de l'euro, on dirait que la situation s'améliore bizarrement. La devise américaine grimpe alors que la menace de ralentissement économique qui inquiète les Américains se renforce. En temps normal, le billet vert ne devrait pas subir les effets d'une surenchère. Pourquoi en est-il autrement ?

Les réponses à cette question sont à la fois nombreuses et relativement simples. D'abord, disons que l'idée d'un dollar américain trop faible ne plait pas à tout le monde.

Pour les Chinois, par exemple, qui se trouvent à être les principaux créanciers des Américains qui possèdent des trillions de dollars en obligations et en bons du Trésor, toute dévaluation de la monnaie américaine représente un affaiblissement du rendement de leurs investissements.

Chez les Européens qui ont l'habitude d'exporter plus qu'ils n'importent, les conséquences sont désastreuses. Chaque chute du dollar américain rappelle souvent que un euro fort est une source de problèmes. Encore aujourd'hui, l'économie européenne n'est pas adaptée aux grosses aux baisses dans les exportations. On peut le voir par le ralentissement économique qui afflige plusieurs États de l'Union européenne.

À travers tout ceci, le recul du dollar US est encore plus dommageable pour l'establishment américain. En pleine période électorale, les Républicains et même les Démocrates n'ont aucun intérêt à faire croire que l'économie nationale va mal.

Ce n'est pas nécessairement une question de patriotisme. Le futur président des États-Unis doit nécessairement prouver sa compétence dans la gestions des difficultés économiques.

On ne verra pas le président de la Fed, Ben S. Bernanke, ni le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, ni le président George W. Bush prétendre que l'économie américaine pique du nez. Dans le cas contraire, les électeurs auront l'impression que les Républicains représentés par John McCain sont des incompétents.

Le contrôle de l'inflation restera donc une priorité au moins jusqu'aux élections. D'ici là, on peut croire que le secteur des commodités agricoles en prendra pour son rhume. L'augmentation du dollar américain est une calamité pour les exportations. Dans ce genre de situation, la seule façon d'augmenter les ventes est la baisse des prix et c'est ce qui se produit présentement au CBOT.

Par contre d'une certaine manière, on peut se consoler en pensant que les Américains ne pourront pas maintenir la hausse de leur devise encore bien longtemps.

Outre les problèmes liés à la crise du crédit, même si les médias n'en parlent pas trop, les dettes américaines grossissent toujours. La bulle est simplement cachée volontairement. Un jour elle finira par éclater sans que personne ne puisse la contrôler. Ce moment viendra sans doute après les élections américaines qui auront lieu le 4 novembre prochain.

Au Québec les producteurs qui jonglent déjà avec un temps trop pluvieux devraient être en mesure d'exporter davantage. Ce n'est pas nécessairement le cas. Comme les producteurs américains, ils subissent l'impact des chutes de prix occasionnées par l'augmentation de la valeur du dollar US.

Les autorités américaines font tout pour stabiliser et empêcher le dollar de grimper ou de tomber trop bas. L'un de leurs objectifs est d'accroître leurs exportations jusqu'à une certaine limite, pas au-delà.



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