Photo : DaylifeGrainwiz : Actualité et opinions : Maïs et Soya
La journée fut désastreuse. Les contrats de maïs-grain, qui se termineront ce mois-ci, ont clôturé en forte baisse à 657.00 $ US (- 23.00). Ceux de soya, également de juillet 08, ont suivi pour finir à 1595.00 $ US (- 35.50).
Les mauvaises circonstances ne semblent pas vouloir s'atténuer. La performance observée aujourd'hui peut s'expliquer par plusieurs éléments. Dans un premier temps, les difficultés de l'économie américaine, à l'origine des inquiétudes de la population en général, sont lourdes de conséquences. Comme on le mentionnait dans les articles précédents, les grosses Bourses, comme celles de New York, encaissent d'énormes reculs depuis plusieurs jours. La dépression est telle que le CBOT ne peut pas en être exclu.
Certes, l'immensité des pertes dégagées par les firmes de crédits hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac a carrément brisé la confiance des Américains par contre, la fin forcée des activités d'IndyMac, une autre firme du même genre, a augmenté le degré de découragement.
Si Fannie Mae et Freddie Mac ont octroyé une énorme quantité de mauvais prêts, IndyMac a fait pire. Les traders actifs au CBOT ont donc poursuivi la session en sachant que ce facteur économique est en arrière-fond.
À côté, l'amélioration des conditions météorologiques du Midwest a évidemment poussé les traders à vendre davantage, mais ce fut sans doute un facteur secondaire.
Quant au rapport sur les exportations (inspections) de la semaine dernière, il a surement eu un impact négatif. Le USDA a enregistré des ventes de 614 712 tonnes de maïs-grain et de 156 570 tonnes de soya. Dans les deux cas, c'est non seulement très faible, c’est aussi inférieur aux prévisions du marché.
Aussi, la NOPA a rendu publique un rapport mensuel bien ordinaire. En gros, le mois dernier, les minoteries américaines auraient réduit leur production pour un total de 3.6 millions de tonnes. Or le mois précédant, elles avaient fournit 3.9 millions de tonnes. Mais au moins, les stocks de 2449 milliards de litres entrent dans les prévisions des traders.
Les tendances :Étant donné la morosité des marchés, on estime que la tendance à court terme est légèrement négative. La compréhension de l'actualité qui circule ces jours-ci implique la lecture entre les lignes.
Les Américains, c'est-à-dire les informateurs financiers employés par les banques et les autres firmes qui brassent des capitaux, détestent prétendre que leur économie va mal.
Le politiquement correct les oblige à discuter d'aspects moins litigieux comme les conditions météorologiques du Midwest ou les exportations. Malheureusement actuellement, on a l'impression que ce sont tous des facteurs secondaires.
Évidement, en temps normal personne ne peut nier que les aspects typiquement agricoles ont effectivement plus d'importance.
À plus long terme, la tendance demeure positive. On ne voit toujours pas comment le dollar américain pourrait remonter rapidement. L'économie américaine est trop mauvaise et, surtout, le gouvernement américain persiste à imprimer davantage de dollars. Autrement dit, puisqu'il n'y a pas de cran d'arrêt, l'inflation américaine grimpera encore en poussant les prix des aliments à la hausse.
À ceci, la valeur élevée du pétrole brut, présentement chiffrée à 145.04 $ US (- 0.17) le baril, devrait aussi encourager l'augmentation des cours du grain.
Pour l'instant, on peut considérer que la spéculation est forte et que les risques de correction restent élevés.
