Nouvelle

Clément Gigniac et son 75 $ US le baril

06 juin 2008,

Clément Gignac de la BNC croit à un baril de pétrole à 75 $ US. Est-ce possible ?
Photo : Canoë.ca Grainwiz : Actualité et opinions : Maïs et Soya

La journée fut assez bonne. Les contrats de maïs-grain (juillet 08) ont clôturé en hausse à 650.75 $ US (+ 7.50). Ceux de soya (juillet 08) ont également grimpé pour terminer à 1457.50 $ US (+ 5.50).

Les traders actifs dans le grain n'ont pas pu ignorer flambée du pétrole brut. Sous l'effet de l'annonce d'une prévision pour le mois prochain à 150 $ US le baril avancée par la firme américaine Morgan Stanley, le « brut » a presque touché la barre des 140 $ US avant de redescendre à 138.54 $ US (+ 10.75) le baril.

On est loin des estimés de la Banque Nationale du Canada qui, hier, prévoyait plutôt une chute du prix vers les 75 $ US à 85 $ US le baril.

En fait, si la nouvelle de Morgan Stanley a eu l'effet d'une bombe, c'est en partie parce que dans son rapport, la firme financière fait remarquer que les inventaires américains ont reculé de 35 millions de barils depuis mars dernier.

Cette information entre en contradiction avec la hausse du taux de chômage. Avec le temps, si la chute du nombre d'emplois paraît toujours plus évidente aux États-Unis, elle n'aurait apparemment pas forcé une réduction de la consommation de pétrole.

Le Labor Department, qui vient de publier son rapport pour le mois de mai dernier, révèle que le taux de chômage américain est passé de 5.1 % à 5.5 %. Une telle augmentation n'a jamais été vue depuis 1986.

Pour les secteurs céréaliers, la situation actuelle rappelle les impacts des difficultés de l'économie américaine. Elle montre que la poursuite de l'augmentation du prix du pétrole brut est tout à fait probable.

Surtout, on peut voir que le dollar américain n'a pas fini de faiblir. Il est évident que les cours du grain devront continuer de s'ajuster en conséquence.

Les tendances :Aujourd'hui, la montée brutale de la valeur du pétrole brut a presque rendu caduque les facteurs agricoles. En réalité, ceux-ci lui sont subordonnés.

À court terme, les mauvaises conditions météorologiques de la Corn Belt prévues au cours des prochains jours, c'est-à-dire les averses excessives qui menacent la croissance des semis de maïs et de soya, ne font qu'ajouter du mordant au potentiel d'une hausse des prix du grain.

À plus long terme, étant donné que la devise américaine a peu de chances de reprendre de la valeur rapidement, on estime qu'il y a lieu de croire que l'augmentation des prix des céréales devrait se poursuivre.

Cette possibilité est renforcée par une demande de grain qui pourrait bien rester élevée à l'échelle internationale. On peut également dire que l'accroissement du prix de l'or noir risque d'aggraver la crise alimentaire mondiale.



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