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Revue du marché des grains du 4 mars 2014

04 mars 2014,

Suivant un début de semaine très dynamique hier, les prix des grains ont poursuivi leur progression très intéressante aujourd'hui.

Ce matin, le président de la Russie, M. Vladimir Poutine, a calmé le jeu en indiquant que la situation dans la péninsule de la Crimée en Ukraine ne nécessitait pas d’action militaire. Dans cette foulée, M. Poutine a donné l’ordre aux troupes russes près de la frontière ukrainienne de retourner à leurs bases. La situation reste cependant tendue et la Russie se réserve le droit d’agir afin de protéger la population d’origine russe en Ukraine si nécessaire.

Plusieurs communiqués et différentes sources d’informations circulent toujours aussi à l’effet que les activités d’exportations de grains de l’Ukraine restent pour l’instant pleinement fonctionnelles et qu’elles devraient le rester malgré les tensions politiques. Le début de saison des cultures ce printemps ne devrait pas non plus être altéré par ces problèmes.

C’est donc sur une note plus défensive que les prix des grains ont débuté la journée. Ceci ne les aura pas pour autant empêchés de clôturer la journée en forte hausse, supporter par : les inquiétudes de production et de récolte en Amérique du Sud, la fermeté de la demande et le regain d’intérêt des spéculateurs pour le marché des grains.

Le marché du porc aura toutefois été le principal centre d’attraction aujourd’hui. Les valeurs des contrats à terme de pratiquement toutes les échéances de 2014 ont terminé « limit up »*, clôturant ainsi à des sommets inégalés. L’épidémie de diarrhée porcine continue de progresser et de préoccuper les marchés. La demande pour la viande de porc reste également forte et ce, malgré la fermeté du prix des grossistes qui est nettement supérieur à l’an dernier. C’est sans compter l’intérêt « acheteur » à nouveau très élevé des spéculateurs qui aura connu un renversement important depuis le dernier creux atteint en janvier dernier.

porc 4 mars 14

* Limit up – Hausse ou baisse maximale du prix autorisée au cours d’une journée selon le produit transigé.

 

Maïs

Après avoir terminé la journée sur une note plus tempérée hier, puis hésité au cours de la nuit dernière, le marché du maïs est retourné à la hausse aujourd’hui. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (mai 14), il aura ainsi tenté à nouveau sa chance vers 5,00 $US/boisseau, mais aura été freiné par la résistance à 4,85 $US/boisseau. Il sera par contre cette fois-ci parvenu à conserver son avance pour clôturer en hausse de 0,1375 $US/boisseau à 4,8425 $US/boisseau (+5,50 à 190,7 $US/tm). Sur le contrat à terme de la prochaine récolte, le prix du maïs a su également profiter de la nervosité des marchés pour grimper de 0,10 $US/boisseau pour terminer la journée à 4,8650 $US/boisseau (+4,14 à 191,7 $US/tm).

La firme d’analyse Informa Economics a indiqué aujourd’hui qu’elle révisait à la baisse son estimation de récolte brésilienne de maïs de 66,55 à 65,45 millions de tonnes. Selon le dernier rapport mensuel du USDA, elle se devait plutôt d’atteindre 70 millions de tonnes. Mais avec les difficultés rencontrées pour les semis de la 2e culture de l’année en maïs (Safrinha) en raison des conditions difficiles (inondations dans le nord et le centre, sècheresse dans le sud et le sud-est), il faut s’attendre à ce que le USDA revoie aussi à la baisse sa prévision dans son rapport mensuel ce mois-ci.

Du côté de l’Argentine, Informa Economics a laissé son estimation de récolte inchangée à 22 millions de tonnes, alors que le USDA était à 24 millions de tonnes selon son rapport mensuel de février dernier.

Malgré la révision à la baisse de la récolte brésilienne à prévoir, la disponibilité de maïs dans le monde ne demeure toujours pas par contre problématique. Il n’en reste pas moins qu’elle se veut progressivement moins « confortable » qu’il n’y a quelques semaines alors que débutait 2014. Les préoccupations entourant l’Ukraine, reste aussi bien palpables. Le pays étant le 3e plus important exportateur de maïs dans le monde, il demeure difficile d’ignorer le vide que créerait l’absence de ce joueur sur l’échiquier mondial.

Aux États-Unis, les conditions météo prévues pour le mois de mars sont anormalement froides. Certains commencent à croire que si elles persistent, le début de saison pourrait être retardé aux États-Unis. Cette éventualité est à surveiller, puisqu’elle aurait de quoi alimenter davantage la nervosité des marchés.

tempus4mars14

 

Soya

Le soya sera parvenu aujourd’hui à reprendre du terrain, toujours alimenté par les perspectives de moindres récoltes en Amérique du Sud et la fermeté de la demande. Sur le contrat pour la livraison immédiate (mai 2014), le soya a ainsi grimpé de 0.13 $US/boisseau pour clôturer à 14.23 $US/boisseau (+ 4.87 à 522.68 $US/tm). Sur le contrat de la prochaine récolte (novembre 2014), il a progressé de 0.09 $US/boisseau pour finir à 11.80 $US/boisseau (+ 3.12 à 433.58 $US/tm).   

Comme ce fût le cas avec le maïs, la firme de consultants Informa Economics, a revu ses prévisions à la baisse pour le soya. Au Brésil, Informa estime maintenant que les récoltes pourraient être de 88.8 millions de tonnes. C’est moins que le mois précédent où elle prévoyait 89.7 millions de tonnes. Le USDA a estimé pour sa part en février dernier que la production brésilienne devrait plutôt frôler les 90 millions de tonnes. Mais cette estimation était basée sur les bonnes conditions qui prévalaient avant que Dame Nature n’en décide autrement pour la fin de saison. Il faudra donc attendre le nouveau rapport mensuel sur l’offre et la demande, qui sera rendu public lundi, pour constater les changements s’il y a lieu. 

Pour l’Argentine, la baisse de production pourrait être plus prononcée. Des chiffres de l’ordre des 54 millions de tonnes ont été retenus. Le mois dernier, Informa estimait plutôt cette récolte à 57 millions de tonnes comparativement à 54 millions de tonnes pour le USDA dans son rapport mensuel.

DTN a aussi présenté des résultats, mais seulement pour le Brésil. Ces experts croient qu’il y aurait une chute de production de soya brésilien. Le total pourrait varier entre 85 et 88 millions de tonnes.

De son côté, le Dr Cordonnier a également proposé de nouveaux chiffres pour la production du Brésil. Il croit maintenant que la production pourrait être de 87 millions de tonnes. La semaine dernière il avait anticipé des résultats de 88.5 millions de tonnes.

Enfin, la firme Oil World a aussi rendu public ses nouveaux estimés. Dans le monde, elle estime que la production mondiale de soya sera à la baisse. La semaine passée, elle estimait que les résultats étaient de 280 millions de tonnes. Or, cette semaine, elle a ajusté son tir à la baisse à 278.8 millions de tonnes. En février dernier, dans son rapport mensuel, le USDA a estimé que la production mondiale de soya serait de 287.69 millions de tonnes comparativement à 268.3 millions de tonnes l’an dernier. 

À la lueur de ces différentes prévisions, il semble donc faire de moins en moins de doutes que les récoltes sud-américaines et mondiales de soya n’auront pas été celles anticipées. Malgré la hausse importante de la valeur du soya des dernières semaines, la demande semble demeurer toujours forte pour l’instant, et les inventaires américains restent très serrés. Certains estiment d’ailleurs qu’ils pourraient même être en rupture de stock d’ici le mois d’août prochain. L’Amérique du Sud doit donc prendre rapidement le relai sur les marchés internationaux de manière importante, ce qui n’est rien de moins sûr considérant les nombreux problèmes logistiques et les conditions de récoltes difficiles rencontrés cette année.

David Fiala, analyste de DTN reste cependant très prudent face à ces nouvelles préoccupations (et engouement) des marchés. Comme il le rappelle dans son commentaire quotidien :

« L’offre mondiale du soya reste importante. Un réajustement à la baisse des inventaires de fin d’année de l’ordre de 3 millions de tonnes nous laisserait encore malgré tout à un niveau confortable. »

 

prix grains 4 mars 14

 


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