Nouvelle

Revue du marché des grains du 28 janvier 2014

28 janvier 2014,

Les journées se suivent et se ressemblent. Les nouvelles continuent de se faire rare, et les marchés peinent toujours à trouver de nouveaux motifs pour relancer à la hausse ou à la baisse les prix des grains.

Du côté des viandes, les inquiétudes s’intensifient au Canada pour les producteurs de porc. Un deuxième cas de diarrhée porcine a en effet été confirmé aujourd’hui dans le sud-ouest de l’Ontario et un 3e cas serait aussi en attente de confirmation. Aux États-Unis, plus de 2000 fermes ont été touchées par le virus depuis le début de l’épidémie au printemps dernier. Il n’y a pas de consensus pour l’instant sur l’importance des répercutions qu’aura ce virus sur l’industrie du porc, mais on estime déjà qu’un recul des abattages de 2% serait à prévoir pour 2014 aux États-Unis.

ICI Radio-Canada - Deuxième cas de diarrhée épidémique porcine en Ontario

 

Pour les grains, et plus particulièrement le maïs, cette épidémie pourrait éventuellement avoir des répercussions à surveiller. Dans son rapport mensuel du 10 janvier dernier, le USDA avait revu à la hausse la consommation de maïs pour l’alimentation animale pour 2013-14. Dans les faits, le recul du cheptel porcin lié à l’épidémie de diarrhée porcine pourrait cependant encore changer la donne et forcer plutôt un recul de la consommation de maïs.

Rappelons également que le cheptel de bœuf aux États-Unis demeure bas. Plusieurs estiment qu’avec les prix records atteints dernièrement, la production devrait reprendre. Il faudra cependant plus que quelques semaines pour la relancer. Certains analystes n’hésitent pas non plus à rappeler qu’aux États-Unis, plusieurs éleveurs réduisent leurs coûts de production en laissant plutôt pâturer leur troupeau. Ce phénomène serait d’autant plus vrai que les dernières années auront été difficiles pour les producteurs de bœuf. Ces derniers chercheront ainsi par tous les moyens à maximiser leur profit maintenant que les prix leur sont à nouveau favorables. 

 

Maïs

Journée sans grand changement pour le maïs qui tente toujours de progresser timidement. Les marchés ne voient tout simplement pas par contre de motifs suffisants pour le propulser davantage à la hausse, le dernier rapport mensuel du USDA du 10 janvier dernier ayant déjà fait l’ensemble du travail pour l’instant.

Sur le contrat à terme courant (mars 14), le prix est resté inchangé par rapport à sa dernière fermeture à 4,3174 $US/boisseau (170 $US/tm). Celui de la prochaine récolte a par contre perdu quelques plumes en reculant de 0,0225 $US/boisseau à 4,5025 $US/boisseau (-0,89 à 177,25 $US/tm).

Aujourd’hui était la dernière journée de consultation publique aux États-Unis concernant la réduction de l’objectif du mandat du RFS (Renewable Fuel Standard) de production d’éthanol à partir de maïs. Advenant que cette proposition soit entérinée, il sera intéressant de surveiller la tangente que prendra l’industrie de l’éthanol aux États-Unis dans les prochains mois (années…). Pour l’instant, malgré un recul cette semaine, les marges de profit des usines d’éthanol demeurent très bonnes, supportant toujours la relance de production observée depuis plusieurs semaines. Par contre, parviendront-elles à le demeurer et permettront-elles de prendre le relai à une éventuelle révision à la baisse de l’objectif du mandat RFS ; mandat qui a sans aucun doute grandement profité à l’industrie de l’éthanol au cours des dernières années. Un dossier à suivre…

Techniquement, le marché du maïs demeure toujours confiné dans une tendance à court terme neutre. Sur le contrat à terme courant (mars 14), il faut continuer de garder un œil sur une résistance immédiate bien définie à l’approche de 4,35-4,36 $US/boisseau. Le bris de cette résistance serait positif, bien que le potentiel haussier demeure toujours limité faute de nouvelles.   

 

Soya

À l’image de l’ensemble du marché des grains, celui du soya aura proposé peu de changements aujourd’hui. Le contrat à terme pour livraison immédiate (mars 14) a connu un léger recul de 0,0275 $US/boisseau à 12,85 $US/boisseau (-1,01 à 472,16 $US/tm) alors que les marchés jugent toujours inévitable que les acheteurs sur les marchés internationaux délaissent prochainement le marché américain pour celui sud-américain. Par contre, le contrat à terme de la prochaine récolte a pour sa part gagné quelques cents pour clôturer en hausse de 0,0275 à 11,0425 $US/boisseau (+ 1,01 à 405,75 $US/tm).

Certaines rumeurs circulent à l’effet que des conditions anormalement sèches pourraient nuire aux rendements à prévoir dans certaines régions du Brésil. Par contre, cette situation reste anecdotique fasse à la récolte record qu’anticipent toujours les marchés pour le Brésil à plus de 89 millions de tonnes.

En Argentine, d’autres rumeurs suggèrent que le gouvernement argentin pourrait augmenter la taxe à l’exportation sur le soya de 35 à 40%. Mais pour l’instant, rien n’est confirmé et les marchés ne semblent pas particulièrement préoccupés de cette éventualité. Rappelons qu’après les États-Unis et le Brésil, l’Argentine est le 3e plus important producteur et exportateur mondial de soya.

Techniquement, le contrat à terme courant du soya (mars 14) fait face à une 1re résistance à 12,95 $US/boisseau et profite d’un 1er support à 12,77 $US/boisseau. 

 

prix des grains 28 jan 14


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