Les prix des grains ont débuté la semaine du bon pied. Les marchés ont continué de digérer avec un certain recul le nouveau contexte d’offre et demande qu’auront imposé les rapports présentés par le USDA vendredi dernier. Les inspections des exportations américaines de grains de la dernière semaine seront venues ajouter une touche de positivisme supplémentaire dans les cas des marchés du soya et du blé.
Maïs
Suivant l’effet « surprise » des résultats présentés vendredi dernier par le USDA, le marché du maïs aura poursuivi timidement sa hausse aujourd’hui. Sur le contrat à terme courant (mars 14) il a progressé de 0,0150 $US/boisseau pour clôturer à 4,3425 $US/boisseau (+0,59 à 170,96 $US/tm). Celui de la récolte (décembre 14) a gagné pour sa part 0,0150 $US/boisseau pour terminer la journée à 4,3425 $US/boisseau. (+0,10 à 180,50 $US/TM).
Dans l’ensemble les marchés ont pris note de la révision à la baisse de la récolte américaine et de l’ajustement à la hausse de la consommation prévue pour 2013-14. Par contre, sur le fond, le sentiment reste partagé. L’abondance de maïs cette année reste bien réelle, offrant dans l’immédiat peu de justification à ce que sa valeur grimpe de manière importante dans les prochaines semaines. Plusieurs analystes soulignent qu’aujourd’hui, plusieurs producteurs auront d’ailleurs profité de ce rebond (inespéré…?) pour réaliser des ventes, ce qui aura contribué à freiner la relance amorcée vendredi dernier.
Les inspections des exportations hebdomadaires américaines de maïs de la semaine ont été de près de 531 000 tonnes, une hausse de 40 000 tonnes par rapport à la semaine précédente. Ce résultat est cependant légèrement inférieur aux attentes des marchés qui étaient de 560 000 à 686 000 tonnes, ce qui aura également contribué à freiner l’ardeur des marchés. Une nouvelle vente de maïs américain 120 000 tonnes à la Chine a cependant été confirmé.
Techniquement, s’il y a distinctement eu un renversement de tendance vendredi dernier, la suite des choses reste moins certaine. Pour la plupart des analystes, il ne fait aucun doute qu’un creux définitif a été atteint à 4,0650 $US/boisseau la semaine dernière. La question par contre est de voir ce qui pourrait justifier maintenant une hausse plus marquée du prix dans les prochaines semaines ou, tout au moins, jusqu’à ce que plus d’informations soient disponibles concernant la prochaine année de production. Dans l’immédiat, le contrat à terme du maïs demeure confiné entre une résistance bien sentie à 4,36 et des supports à 4,30 puis 4,26 $US/boisseau.
Soya
Les résultats du rapport mensuel du USDA et du rapport sur le niveau des inventaires trimestriels américains au 1er décembre de vendredi dernier auront tout aussi bien dire laissé les marchés vide de nouvelles informations, ce qui ne les aura pas empêché aujourd’hui de trouver de nouveaux éléments pour reprendre du tonus. Sur le contrat à terme courant (mars 14), il a grimpé de manière très intéressante de 0,1650 $US/boisseau à 12,95 $US/boisseau (+6,06 à 475,83 $US/tm). Même son de cloche du côté du contrat à terme de la prochaine récolte (novembre 14) qui a progressé de 0,1375 $US/boisseau à 11,1350 $US/boisseau (+5,05 à 409,14 $US/tm).
Le rapport hebdomadaire sur les inspections des exportations américaines de soya c’est établi à 1,62 million de tonnes, résultat bien au-dessus des attentes des marchés qui étaient de 1,22 à 1,36 million de tonnes. Une nouvelle vente de soya américain à l’exportation a également été confirmée à 140 000 tonnes.
Même si le dernier rapport mensuel du USDA n’aura offert que peu de nouvelles informations, il n’en reste pas moins que pour l’instant les inventaires américains sont serrés à seulement 17 jours de réserve pour 2013-14. Il s’agit du même niveau enregistré l’an dernier (2012-13). Chaque confirmation que la demande de soya américain demeure forte sur les marchés internationaux a donc toujours toutes les raisons de préoccupé et de stimuler les prix comme se fût le cas aujourd’hui. Rappelons cependant que depuis déjà plusieurs semaines, plusieurs rumeurs circulent à l’effet que la Chine pourrait (devrait…?) dans les prochaines semaines commencer à annuler des achats réalisés aux États-Unis pour les reporter plutôt sur du soya sud-américain.

La dernière ronde d’averse qui était attendue au cours de la fin de semaine en Argentine n’aurait pas couvert les régions les plus asséchées plus au centre et au sud du pays. Le besoin d’eau se fait de plus en plus criant pour les cultures de soya de ces régions avant que des dommages permanents ne soient rapportés.
Techniquement, sur le contrat à terme courant de mars 14, le soya joue du yoyo présentement; partagé entre une importante résistance à l’approche de 13 $US/boisseau et un support tout aussi important à l’approche de 12,62 $US/boisseau.

