Les prix des grains ont bondi aujourd’hui, supporté par de plus en plus de signes que les récoltes américaines se pourraient de ne pas être ce que les marchés anticipaient il y a encore moins d’une semaine.
On sait déjà depuis quelques jours que les conditions dans le Midwest américain sont prévues sèches pour les 2 prochaines semaines. Combiné au retard dans le développement des cultures et la possibilité de gèles hâtifs, les marchés commencent à redouter une baisse encore plus importante que prévues des rendements.
Si cette situation se veut certes préoccupante, il faut cependant souligner que les dernières prévisions à moyen terme (15 août au 30 novembre) du Climate Prediction Center révèlent une atténuation des conditions sèches actuellement observées dans plusieurs régions du Midwest. La question reste cependant, est-ce que ce recul sera réalisé ou non dans les prochaines semaines, alors que les cultures approchent à grands pas de la récolte.

Mais ce n’est ces prévisions de conditions météorologiques moins propices aux cultures américaines qui auront le plus créer de remous aujourd’hui. Ce matin la FSA (Farm Service Agency), une division du USDA, a présenté ses propres estimations de superficies ensemencées aux États-Unis cette année. Selon l’agence, contrairement aux dernières prévisions présentées dans le rapport du USDA de ce lundi, c’est plutôt un total de 7,71 millions d’acres qui n’ont pas été semés cette année en raison des conditions trop humides de début de saison : 3,41 millions d’acres dans le maïs, et respectivement 1,62 et 1,74 million d’acres dans le soya et le blé. Si ces données se confirment, c’est donc sans aucun doute de moins bonnes récoltes qui s’annoncent aux États-Unis, et ce, sans compter les incertitudes qui entourent toujours les rendements réels qu’obtiendront les producteurs américains cette année.
Enfin, comme si ces nouvelles en elles-mêmes étaient insuffisantes, les ventes hebdomadaires américaines à l’exportation qu’a présentée le USDA aujourd’hui ce sont révélées aussi très intéressantes pour la prochaine année commerciale (2013-14). Ceci tend à confirmer l’hypothèse que certains analystes avaient présentée depuis 2 semaines à l’effet qu’à ces niveaux de prix, les acheteurs de grains américains sur les marchés internationaux jugent présentement avantageux de reprendre leurs activités.
Pour le maïs, ces derniers ont ainsi réalisé des achats de 836 000 tonnes la semaine dernière, ce qui est nettement supérieur aux prévisions des marchés qui étaient de 250 000 à 450 000 tonnes.
Dans le soya, les ventes américaines à l’exportation sont encore plus importantes, atteignant 1,89 million de tonnes alors que les marchés anticipaient plutôt 0,9-1,0 million de tonnes. Ceci porte déjà les ventes réalisées pour la prochaine année à un niveau record de 17,9 millions de tonnes, alors que celle-ci ne débutera qu’au 1 septembre prochain.
Seul en fait le blé, le mouton noir des marchés présentement, aura déçu avec des ventes pour 2013-14 de seulement 490 100 tonnes, ce qui est sous les attentes des marchés qui étaient de 550 000 à 750 000 tonnes.
S’il y a encore moins d’une semaine, les pronostics les plus sombres pour les prix des grains semblaient inévitables, il semble bien aujourd’hui que le vent soit sur le point de changer. Les avis des marchés restent cependant partagés.
Certains jugent toujours que la relance actuelle pourrait se révéler plus éphémère qu’espérée. La moindre annonce de conditions plus propices aux cultures américaines dans les prochaines semaines, ainsi que l’absence de gelées hâtives, seraient en effet certainement négatif pour les prix. D’autres par contre estiment que, selon les données qu’ils ont recueillies eux-mêmes auprès des producteurs américains, le USDA serait encore très « optimiste » dans ses prévisions de superficies ensemencées et de rendements attendus. Mais, dans les deux cas, ce seront sans aucun doute les prochaines semaines qui auront le dernier mot.

