Les prix des grains continuent de se stabiliser à la bourse après leur chute importante des dernières semaines. Ceci n’aura pas empêché ceux du maïs de se replier légèrement, alors que celui du soya sera plutôt parvenu à gagner un peu de terrain. Le grand perdant de la journée reste le blé qui aura fait fondre ses maigres gains réalisés hier.
À l’exception de quelques régions plus à l’ouest du Midwest américain (Iowa, Dakota du Nord et Minnesota) qui demeurent plus sèches qu’à la normale, les conditions météorologiques observées et prévues laissent toujours miroiter d’importantes récoltes américaines. Les marchés n’ignorent pas cette réalité. Cependant, même si peu de surprises sont attendues de la publication du rapport mensuel du USDA qui sera présenté lundi le 12 août prochain, les marchés restent sur la défensive; ceux-ci préférant protéger leurs profits et prendre du recul plutôt que de miser pour l’instant sur de nouvelles baisses importantes des prix.
Maïs
Le marché du maïs à la bourse a timidement reculé aujourd’hui. Le contrat à terme courant (septembre 13) a perdu 0,0425 $US/boisseau à 4,68 $US/boisseau (191 $CAN/tm) et celui de la prochaine récolte (décembre 13) 0,01 $US/boisseau à 4,5825 $US/boisseau (187 $CAN/tm). Leurs supports respectifs à l’approche de 4,60 et 4,50 $US/boisseau continuent ainsi de faire leur oeuvre en attendant que de nouveaux éléments justifient le suivi d’une nouvelle direction. À moins d’imprévus, ce sera très certainement la publication du rapport du USDA lundi prochain qui servira de catalyseur.
Les derniers chiffres hebdomadaires sur la production d’éthanol aux États-Unis ont été positifs. La production a grimpé à 853 000 barils par jour contre 832 000 barils par jour la semaine précédente. Il s’agit d’une progression très intéressante de 21 000 barils/jours. Par contre, les inventaires d’éthanol américain ont également grimpé, passant de 16,45 à 16,72 millions de barils. Cette situation suggère que la hausse de production n’aura pas été accompagnée d’une hausse de consommation. Si elle persiste dans les prochaines semaines, cette problématique pourrait venir accentuer la pression baissière sur le prix du maïs.
Soya
Profitant de l’annonce d’une nouvelle vente de 220 000 tonnes de soya américain à la Chine (hier une vente de 110 000 a aussi été annoncée), le marché du soya sera parvenu à freiner son recul d’hier. Ceci tend à supporter l’idée qui circule à l’effet le niveau actuel du prix du soya susciterait à nouveau de l’intérêt pour les acheteurs, une perspective positive s’il en est une dans la conjoncture actuelle.
Sur le contrat à terme courant (septembre 13), le prix du soya a ainsi grimpé de 0,0550 $US/boisseau à 11,99 $US/boisseau (457,5 $CAN/tm). Il a par contre légèrement reculé sur celui de la prochaine récolte (novembre 13) de 0,0150 $US/boisseau à 11,6575 $US/boisseau (445 $CAN/tm).
Malgré le possible retour d’acheteurs dans le marché, il reste difficile pour les négociants et spéculateurs d’agir dans l’immédiat. La publication du rapport du USDA lundi prochain pourrait apporter son lot de surprises. Mais sur le fond, même si techniquement un rebond est justifié et pourrait amener le soya a tenté à nouveau sa chance à la hausse, avec des conditions météorologiques qui se veulent toujours favorables pour les cultures de soya en cours aux États-Unis le biais reste toujours définitivement baissier pour l’instant.
Pour le soya prochaine récolte (novembre 13), le principal à la baisse support demeure 11,50 $US/boisseau alors qu’à la hausse, la principale résistance reste établit à 12,00 $US/boisseau.
Blé
Après avoir brièvement tenté de se corriger à la hausse hier, le marché du blé est retourné à la baisse aujourd’hui. Sur le marché de Chicago, ce recul aura entrainé le test de nouveaux creux, le contrat à terme courant de septembre 13 à 6,5125 $US/boisseau et celui de décembre 13 à 6,39 $US/boisseau. Les marchés à Minneapolis et Kansas ont également dû encaisser un recul, bien que les inquiétudes entourant la qualité du blé cette année auront freiné celui-ci et, par la même occasion, augmenté l’écart entre ces marchés et celui de Chicago.
Plus les jours passent, et plus le manque de compétitivité du blé américain sur les marchés internationaux se confirme. La demande demeure pourtant bien présente, mais les acheteurs préfèrent pour l’heure se tourner vers des fournisseurs tels que le Canada, la Mer Noire et l’Australie pour s’approvisionner à meilleur prix.
Au sud des États-Unis, la récolte de maïs et bel et bien commencée. Le remplacement du maïs par du blé, une alternative populaire pour pallier au prix élevé du maïs dans la dernière année, tirerait donc à sa fin. Ceci pourrait également nuire au marché du blé américain dans les prochaines semaines de l’avis de certains analystes.
En Inde, le gouvernement tente toujours de réduire ses inventaires destinés à son programme alimentaire pour soutenir les pauvres. Ceux-ci seraient à un niveau élevé de 40,4 millions de tonnes, alors que le programme vise plutôt un équilibre autour de 17 millions de tonnes. La possibilité que l’Inde augmente sa présence sur les marchés d’exportation dans les prochaines semaines/mois n’est donc pas à exclure. Après l’Union européenne et la Chine, l’Inde est le troisième plus important producteur mondial de blé. Peu présent sur le marché de l’exportation depuis pratiquement 10 ans, le pays tente aujourd’hui d’affirmer à nouveau sa présence sur les marchés internationaux. Selon le USDA, le pays devrait exporter 7 millions de tonnes au cours de l’année commerciale 2013-2014 comparativement à 6,805 millions de tonnes l’an dernier et moins de 1 million de tonnes il y a 2 ans.

