Beaucoup d’espoirs portent les marchés en ce moment : l’Allemagne pourrait oui aux programme d’achat d’obligations de la Banque Centrale Européenne et que jeudi la Réserve Fédérale présente un plan similaire d’achat d’obligations afin d’augmenter les liquidités dans l’économie américaine. Ces attentes font monter les places boursières à travers le monde et font aussi baisser le dollar américain face à toutes les devises.
Dans ce contexte, les grains devraient bénéficier d’un support non-négligeable, mais ce n’est pas le cas. Les prix ont terminé à la baisse sur tous les produits.
Le soya a été le grand perdant aujourd’hui avec des baisses de presque 1% suivi du maïs affichant des pertes de 0,75%. Le marché s’approche de niveaux techniques importants dans la fève. Si les prix devaient traverser les $17/boisseau demain en raison du rapport, plusieurs fonds voudraient tout simplement abandonner le marché à son sort et liquideraient une partie de leurs positions en attendant de nouveaux catalyseurs positifs (Amérique du Sud). Les prix seraient sous la ligne de tendance haussière long terme établie depuis plusieurs mois maintenant.
Le maïs a, quant à lui, fermé sous des niveaux de support hier et n’a pu profiter de l’enthousiasme des marchés financiers pour se rétablir. Les signaux de vente s’accumulent et plusieurs craignent que les fonds soient responsables de la baisse. Il ne faut pas oublier que certaines firmes de consultants ont proposé à leurs clients de se protéger contre la baisse et vendre jusqu’à 60% de leur récolte. Si les fonds sont responsables en partie de la baisse, les commerciaux (producteurs) tentent de fermer ces prix en vendant des contrats à terme sur les marchés ou encore achètent des options de vente (Put) pour se protéger.
Le sentiment demeure tout de même très optimiste face au rapport du USDA mercredi matin d’après Mike McGinnis de Agriculture.com. Les fondamentaux sont et demeurent positifs (baisses des rendements). Pour justifier la baisse dans les marchés, il cite le manque de rumeur ou de fait par rapport aux exportations. Les exportations semblent plutôt calmes encore une fois pour le maïs, mais le devient davantage pour les fèves. Ainsi, le manque d’intérêt provenant de l’extérieur provoque la sortie de certains spéculateurs qui préfèrent conserver leurs profits.
Le Mato Grosso, au Brésil, demeure très sec. La dernière goutte ayant touché le sol est tombée il y a 115 jours. Les semis de fèves au Brésil débutent officiellement dans 2 semaines, mais cette région devra repousser cette échéance. Si on repousse, la deuxième au printemps risque d’être aussi retardée. On craint un effet domino sur les autres récoltes et sur les rendements.
Aux États-Unis, les températures sont excellentes pour continuer les récoltes et les bases subissent des baisses importantes encore une fois en ce début de semaine autant dans la fève que dans le maïs. La progression de la récolte continue d’impressionner : 15% de la récolte de maïs est récoltée (versus la moyenne 10-ans 7%) et celle de fève est à 4% (versus la moyenne à 1%).
