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Revue des marchés des grains 30 août 2012

30 août 2012,

Après une journée plutôt morose sur les marchés financiers, les yeux du monde entier se tournent vers un petit endroit appelé Jackson Hole au Wyoming, États-Unis. Tous les investisseurs attendent avec impatience la venue, à 10h, du président de la Réserve Fédérale américaine, Ben Bernanke. En fait, ils attendent de connaître si les dirigeants monétaires américains divulgueront un nouveau plan de relance économique par l’utilisation d’un programme controversé d’achat d’obligations. Surnommé QE3 (pour Quantitative Easing), ce programme a échoué, selon les dires de certains analystes, dans la relance de l’économie américaine. Par contre, il faut mentionner que les taux d’intérêt demeurent très bas, et ce, sur toute la courbe de taux d’intérêt.

Le marché financier penche vraiment pour une annonce positive (nouveau plan), mais certaines voix se font entendre pour empêcher un tel programme. Si ce camp l’emportait (report du programme QE3) demain matin, il faudrait voir plusieurs marchés reculer puisque plusieurs spéculateurs attendent avec impatience de savoir s’ils devront vendre leurs positions ou s’ils pourront conserver ou même ajouter à leurs positions sur les marchés avec un accès à du crédit « facile ».

L’effet devrait être immédiat dans les grains dans un sens comme dans l ‘autre. De plus, il faut ajouter que c’est une fin de mois et plusieurs voudront fermer les livres.

Le maïs et la fève continuent de diverger dans leur façon de transiger. Les contrats de fèves continuent d’atteindre de nouveaux sommets, mais le maïs a échoué dans sa tentative de refaire des « hauts de contrat. » Plusieurs états américains se préparent à la venue de la tempête tropicale Isaac qui pourrait, d’après certains météorologistes apporter entre 6 et 8 pouces de pluie. Cette pluie ne plus aider la croissance des plants ou améliorer les rendements. En fait, elle peut nuire  aux récoltes en cours et les vents peuvent bien entendu provoquer des pertes plus grandes.

En fait, la grande différence entre les deux denrées agricoles demeure essentiellement la question de la demande. Les ventes à l’exportation rapportées ce matin par le USDA démontrent une réalité très différente. Le ventes de maïs ont été négatives de 33 700 tonnes métriques pour la récolte 2011/2012. Elles atteignaient seulement 168 400 tonnes métriques pour la prochaine récolte. Il ne faut oublier que la période de mise en marché pour 2011/2012 se termine le 1er septembre.

Dans la fève, le marché a tout de même enregistré des ventes négatives (annulation) de 10 087 tonnes métriques pour la récolte 2011/2012, mais le USDA rapporte des ventes de 731 383 tonnes métriques pour 2012/2013, ce qui encore bien au-dessus des anticipations. La Chine est probablement responsable de plus 60% de ces achats.

Demain matin (vendredi 31 août) Il faudra aussi surveiller les dirigeants russes qui prendront peut-être des initiatives concernant la fermeture de leurs frontières aux exportations de blé. Avec l’importante sécheresse de cet été, on sait que le pays a subit des pertes importantes au niveau des rendements de blé (baisse de 20%). Il est possible que le pays cesse les exportations afin de conserver le contrôle sur ce qui reste (dans les champs et dans les silos) et empêche les prix domestiques de s’élever davantage (prix de la farine).

Il faut se rappeler que si les prix du maïs n’avaient pas monté autant en 2011 (la possibilité d’atteindre $9 du boisseau par exemple), c’était en raison de l’abondance de blé sur les marchés internationaux. Mais 2012 ne permet pas de faire ces mêmes opérations en raison de la baisse constante de la production mondiale depuis 2-3 mois.

 

Prix des grains 30 août 2012


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