Image : Steinberg for CongressGrainwiz :En lisant les articles récemment parus sur Grainwiz, plusieurs personnes se demandent pourquoi il est actuellement préférable de ne pas tenir compte des nouvelles informations typiquement agricoles. La réponse à cette question est un peu tordue.
On a mainte fois fait remarquer que l’affaissement de la valeur du dollar américain force les prix du grain à la hausse. Ce n’est pas un mystère : l’inflation rappelle que plus une monnaie se dévalue, plus les biens deviennent chers.
Comme il s’exprime en dollar américain, la hausse du prix de pétrole brut au-delà des 100 dollars US le baril s’explique en bonne partie par ce type de phénomène.
Faut-il admettre que la montée des prix du grain est quand même plus compliquée et n’est pas uniquement le résultat de l’inflation ? En tout cas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’est actuellement pas due à une forte demande mondiale.
Le soya et le maïs-grain, sont différents puisqu’ils ne sont pas destinés à la consommation humaine. Utilisés pour la moulée, officiellement, ils suffisent à la demande, mais il se peut que les perspectives changent au cours des prochains mois. Plusieurs personnes pensent qu'une raréfaction est à prévoir.
Quant aux biocarburants, les temps sont difficiles. Si plusieurs projets de construction de distilleries d’éthanol avaient été proposés depuis le début de l’année, les investisseurs américains sont de moins en moins enthousiastes. Les troubles de l’économie américaine et le manque de confiance concernant la compétence des promoteurs sont importants, assez pour que le secteur soit actuellement à court de capitaux de risque.
L’incompétence des politiciens américains à faire face à la crise économique est un autre élément à considérer. La solution avancée par la Fed est particulièrement mauvaise.
Instaurée par Alan Greenspan, le prédécesseur de Ben S. Bernanke, elle consiste notamment à fournir davantage de capitaux aux grosses banques américaines en imprimant plus de dollars. Elle incite également ces dernières à contracter d’autres prêts. L’idée ici n’est efficace qu’à court terme et consiste à maintenir l’économie à flot.
Malheureusement, c’est oublier le fait que les états financiers des grosses Banques comme JP Morgan & Chase ne sont pas rassurants. Depuis quelques années elles ont consenti une quantité élevée de mauvais prêts. Ces pratiques sont d’ailleurs à l’origine de la crise immobilière qui sévie présentement aux États-Unis.
On peut donc se méfier de l’achat de la banque d’affaires Bear Stearns par JP Morgan. Mais dans ce cas précis, la décision est encore plus inquiétante. Financé ou garanti en partie par la Banque centrale américaine, l’offre d’achat montre que la situation économique est plus grave que ce que les autorités américaines veulent faire croire.
En temps normal, l’ingérence de la Fed dans les affaires quotidiennes des autres banques n’est pas tolérée : ce n’est pas son rôle.
C’est là le signe d’une très grosse faiblesse.
Les traders actifs sur les marchés boursiers, y compris celui du CBOT n’ignorent pas les aspects de la plupart de ces problèmes. Par contre, on a constamment l’impression que sur le terrain, les autorités manipulent constamment les activités. L’achat de Bear Stearns par JP Morgan en est l’une des preuves, mais les choses vont plus loin.
Depuis un certain temps, la situation chemine vers une récession et le jeu qui se joue dans les hautes sphères financières donne l’impression d’être truqué par les élites américaines qui se connaissent entre elles.
Bien qu’il n’existe pas nécessairement de liens personnels entre Ben S. Bernanke et Henry Paulson, l’actuel secrétaire américain aux finances, il est curieux toutefois de savoir que M. Paulson vient de Goldman & Sashs, la même firme qu’Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed.
Quant à M. Bernanke, il était précédemment le chef du département des sciences économiques de l’université Princeton. Pourquoi a t-il été sélectionné pour succéder à M. Greenspan ? On ne le sait pas.
Chose certaine, s’il fut choisit par le même cercle restreint d’individus qui gouvernent les États-Unis, ce n’est pas par hasard : il répondait sans doute à des caractéristiques précisément recherchées et on ne parle pas uniquement de qualités professionnelles.
En bout de ligne, les facteurs décris plus haut, auxquels s’ajoutent tant d’autres, laissent présager qu’une crise boursière importante se pointe à l’horizon. Personne ne peut prédire exactement quand celle-ci se produira. Le CBOT ne lui échappera pas et aucun trader américain ne l’ignore. Il faut s'y préparer : les enjeux sont énormes et peuvent faire la différence entre gagner ou perdre de l'argent.
