Malgré un contexte des marchés financiers très difficiles en raison d’un renouveau d’inquiétudes à l’égard des problèmes financiers de l’Espagne, les prix des grains ont poursuivi leur progression peu commune aujourd’hui. Ceci aura permis pour une 6e semaine consécutive de clôturer la semaine avec un gain hebdomadaire important :
Maïs
Livr. im. (sept. 12): 0,84 $US/bo. (32,87 $CAN/TM) à 8,2450 $US/bo.(329,10 $CAN/TM)
Récolte (déc. 12): 0,5550 $US/bo. (21,49 $CAN/TM) à 7,9575 $US/bo.(317,62 $CAN/TM)
Soya
Livr. im. (août 12): 1,6275 $US/bo. (59,31$CAN/TM) à 17,5750 $US/bo.(654,75 $CAN/TM)
Récolte (nov 12): 1,3375 $US/bo. (48,53 $CAN/TM) à 16,8625 $US/bo.(628,20 $CAN/TM)
Blé (CBOT)
Livr. im. (sept. 12):0,9550 $US/bo. (34,87 $CAN/TM) à 9,4325 $US/bo. (351,40 $CAN/TM)
Récolte (déc. 12): 0,8575 $US/bo. (31,22 $CAN/TM) à 9,4825 $US/bo. (353,26 $CAN/TM)
Ainsi, malgré que des précipitations ont pu être observées dans plusieurs régions du Midwest depuis mercredi, le fait est que celles-ci se seront bel et bien révélées trop dispersées ou encore insuffisantes pour atténuer les effets de la sècheresse, spécialement dans les régions plus à l’ouest du Mississippi comme le révèle la carte des précipitations cumulatives ci-jointe du NOAA.

Pour les marchés, tout ceci signifie qu’une nouvelle baisse des conditions des cultures américaines est à prévoir dans le rapport hebdomadaire du USDA qui sera publié lundi prochain en fin de journée. Et à en croire les dernières prévisions disponibles, tout indique également que les cultures asséchées du Midwest devront encore conjuguer la semaine prochaine avec de nouvelles conditions très difficiles.
Une nouvelle vague de chaleur est attendue à partir de dimanche jusqu’à jeudi, période au cours de laquelle les températures avoisineront à nouveau entre 90 et 100 Fahrenheit (32 à 38 Celsius). Aucune averse importante n’est attendue pour cette période également. Certains vont même jusqu’à affirmer maintenant qu’il ne faut pas s’attendre à un retour à la normale avant le début du mois d’octobre prochain, perspective qui sans aucun doute mettrait définitivement en péril l’ensemble des récoltes américaines de cette année.
Ainsi, non seulement la sècheresse dans le Midwest semble vouloir continuer son œuvre, mais tout indique qu’elle ne cesse de s’aggraver. S’il y a encore 2 semaines, l’idée de comparer celle-ci à celle de 1988 faisait sont chemin, c’est maintenant à des sècheresses d’une ampleur comparable à celle du Dust-Bowl des années 30 que les marchés se réfèrent de plus en plus.

Mais maintenant que la période de la pollinisation tire à sa fin pour le maïs, toute l’attention se tourne dès lors sur l’état des cultures de soya puisque c’est à leur tour de devoir combattre la sècheresse au cours d’une période cruciale de leur développement, celui du remplissage des gousses. C’est donc sans surprise qu’avec la sècheresse qui ne semble lâcher prise, le prix du soya aura nettement pris les devants cette semaine, affichant de nouveaux gains hebdomadaires très importants, ce qui lui aura pas la même occasion permit d’atteindre de nouveaux sommets historiques inégalés.
Même s’il n’est plus sous les feux de la rampe, le prix du maïs aura également fracassé de nouveaux records historiques. Ceci n’est toutefois pas surprenant. De plus en plus d’estimations de firmes d’analyses parlent de rendement aussi faible que 136 boisseaux/acre (8,53 TM/ha) et même moins alors qu’il y a encore quelques semaines à peine, on parlait d’un rendement record de 166 boisseaux/acre (10,41 TM/ha). Sur cette base, difficile pour le prix du maïs de ne pas s’apprécier davantage, ce qui lui aura permis de franchir le cap historique de 8$US/boisseau (315 $US/TM) sans grandes difficultés cette semaine.
Pour les prochains jours/semaines, il faut donc continué de surveiller de près les dernières prévisions météorologiques dans le Midwest afin de saisir celles qui annonceront la fin de ce « rallye météorologique » exceptionnel. Mais, il faut également surveiller de près les nombreux signaux qui commencent à faire surface et à confirmer le ralentissement des activités des consommateurs qui suivent de plus en plus difficilement la parade, ce qu’aura notamment confirmé le dernier rapport de ventes à l’exportation de grains du USDA, mais aussi le recul important de la production d’éthanol aux États-Unis des dernières semaines.

