Malgré certaines hésitations des marchés au cours de la journée, les prix des grains seront tous parvenus à clôturer la semaine sur une note positive, ce qui leur aura permis également d’afficher de nouveaux gains hebdomadaires non négligeables :
Maïs
Livr. im. (sept. 12): 0,4525$US/bo. (18,10 $CAN/TM) à 7,4050 $US/bo.(296,23 $CAN/TM)
Récolte (déc. 12): 0,4725 $US/bo. (18,90 $CAN/TM) à 7,4025 $US/bo.(296,13 $CAN/TM)
Soya
Livr. im. (août 12): 0,2750 $US/bo. (10,27 $CAN/TM) à 15,9475$US/bo.(595,44 $CAN/TM)
Récolte (nov 12): 0,4675 $US/bo. (17,46 $CAN/TM) à 15,5250$US/bo.(579,67) $CAN/TM)
Blé (CBOT)
Livr. im. (sept. 12):0,4150 $US/bo. (15,50 $CAN/TM) à 8,4775 $US/bo. (316,53 $CAN/TM)
Récolte (déc. 12): 0,4075 $US/bo. (15,22 $CAN/TM) à 8,6250 $US/bo. (322,04 $CAN/TM)
Selon les dernières prévisions météorologiques disponibles, des averses dispersées devraient être observées dans les régions asséchées du Midwest au cours des prochains jours. Comme le révèle le comportement haussier mais hésitant des prix d’aujourd’hui, cette possibilité aura eu des effets partagés sur les marchés. Certains auront vu dans ces prévisions un 1er signe que le « rallye météo » pourrait tirer à sa fin. Mais dans l’ensemble, celles-ci auront surtout été accueillies avec beaucoup de scepticisme quant aux bénéfices qu’elles pourraient vraiment apporter aux cultures asséchées du Midwest pour le moment.

Les prix des grains ont ainsi terminé à la hausse la semaine, les investisseurs et spéculateurs attendant avec impatience le prochain rapport sur l’état des cultures aux États-Unis qui sera publié lundi en fin de journée et qui devrait confirmer de l’avis de plusieurs une nouvelle détérioration très inquiétante des cultures américaines, plus particulièrement celles de maïs bien entendu.
Concernant l’état de sécheresse très avancée observée dans plusieurs régions du Midwest américain, mentionnons que plusieurs spécialistes n’hésitent pas depuis quelques jours à comparer la situation actuelle à la sécheresse de 1988. Mais, comme le souligne l’analyste Arlan Suderman de Farm Futures, si la comparaison n’est pas futile, la situation n’en reste pas moins différente.
Dans les faits, à moins qu’elle ne persiste, la sécheresse en cours reste pour l’instant concentrée dans une portion bien précise du Midwest, soit le sud et l’est. En 1988, la problématique était beaucoup étendue, couvrant pratiquement l’ensemble du Midwest. Ceci aura amené le rendement moyen des producteurs américains de maïs à fondre de près de 30%, passant de 119,4 boisseaux/acre (7,46 TM/ha) en 1987 à 84,6 boisseaux/acre (5,31 TM/ha) en 1988. Cette année, si l’on en croit les dernières prévisions du USDA publié cette semaine, pour l’instant avec la révision à la baisse du USDA de 20 boisseaux/acre, le rendement des producteurs américains de maïs devrait connaître un recul annuel de seulement 1,2%, soit de 147,2 boisseaux/acre (9,24 TM/ha) l’an dernier à 146 boisseaux/acre (9,16 TM/ha) cette année. Et cette dernière comparaison est d’autant plus intéressante que l’an dernier, le rendement des producteurs américains n’avait déjà pas été exceptionnel.
Rien n’exclut pour l’instant que la sécheresse ou même le USDA ne feront pas en sorte que les rendements qu’obtiendront cette année les producteurs américains ne seront pas encore inférieurs au niveau déjà déprécier qu’ils sont maintenant prévus. Historiquement, le USDA a d’ailleurs tendance à revoir à la baisse ses prévisions de rendement au fil de la saison. Certains modèles météorologiques laissent également entendre que la sècheresse devrait persister encore pour quelques semaines. Mais, pour les marchés, la surprise pourrait surgir du fait qu’avec la sécheresse en cours ceux-ci auront négligé le développement des cultures qui se portent pour le mieux dans d’autres régions de production, notamment plus au nord et dans l’ouest du Midwest américain. Combiné avec un ralentissement de la consommation qui semble vouloir de plus en plus prendre forme (marges très négatives dans l’éthanol, mais aussi pour les éleveurs de bétail), et nous pourrions rapidement constater à partir de l’automne une disponibilité plus grande de grains que prévu.
Dans l’immédiat cependant, pour les prochains jours/semaines, l’attention des marchés restera sans aucun doute concentrer sur les prévisions météorologiques et l’état des cultures américaines, avec pour prochains points tournants les prévisions météorologiques de dimanche en soirée, puis le rapport sur l’état des cultures qui sera publié lundi en fin de journée.
Des prévisions de précipitations pour les prochains jours dans le Midwest américain laissent sceptiques les marchés.

