Nouvelle

Revue des marchés pour le 5 juillet 12

05 juillet 2012,

Suivant une brève journée de répit en raison de la fête de l’indépendance aux États-Unis du 4 juillet, les prix des grains ont à nouveau bondi aujourd’hui alors que la sécheresse qui affecte durement le Midwest américain ne semble pas vouloir lâcher prise. Certaines prévisions donnent espoir d’averse dans les prochains jours. Mais celles-ci sont principales attendues dans le nord de l’Illinois alors que ce sont les cultures dans le sud et l’est du Midwest qui cuisent actuellement sous des températures frisants 100 Fahrenheit (38 degrés Celsius).

Us meteo 5 juilet 12

 

Avec de très minces probabilités de voir des conditions plus fraîches et humides prendre forme pour l’instant d’ici la mi-juillet dans le Midwest américain, c’est donc avec un regain d’enthousiasme que les investisseurs et spéculateurs ont à nouveau pris position tête première dans le marché des grains.

Et comme le souligne l’analyste Arlan Suderman de Farm Futures, s’il reste toujours difficile d’établir jusqu’où les prix des grains pourraient grimper, dans l’immédiat, peu d’éléments du côté des investisseurs et spéculateurs laissent présager un accalmi :

« Les contrats à terme ont atteint de nouveaux sommets sur l’ensemble du parquet, mais ils l’ont fait d’une manière passablement méthodique. Ce manque de volatilité extrême suggère que le sommet du rallye n’est pas encore en vue, bien que des objectifs techniques s’approchent eux de plus en plus. »

 

Tout repose donc essentiellement sur les prochaines prévisions météorologiques qui confirmeront un retour bien réel d’averses importantes, ce qui ne semble pas sur le point de survenir dans l’immédiat. Il faut cependant considérer que de 1ers signes de ralentissement de la demande devraient aussi progressivement voir le jour prochainement si les prix poursuivent leur flambée peu commune pour cette période-ci de l’année. C’est d’ailleurs déjà le cas du côté de la production d’éthanol aux États-Unis qui a atteint un creux de l’année la semaine dernière à seulement 857 000 barils/jour.

Ted Seifried de Zaner dans un commentaire publié sur le site de Inside Futures

« Cependant, je dois dire qu’à long terme des prix excessivement élevés de grains ne sont pas une bonne chose pour les années à venir. Nous avons à nous demander de combien nous détruirions la demande si le prix du maïs allait à plus de 8,00 $US/boisseau et le soya à plus de 17 $US/boisseau. »


Le USDA doit présenter le mercredi 11 juillet prochain son rapport mensuel sur l’état de l’offre et de la demande de grains aux États-Unis et dans le monde. Les marchés s’attendent à ce que l’instance gouvernementale abaisse les rendements moyens qu’obtiendront les producteurs américains cette année, spécialement du côté du maïs bien entendu. Il sera cependant intéressant de voir si des ajustements à la baisse de production seront aussi réalisés dans d’autres pays, notamment l’Ukraine, la Russie, la Chine et l’Australie qui ont toutes dû composer à différent niveau cette année avec des conditions sèches et difficiles pour les cultures. Et si des révisions à la baisse sont bel et bien confirmées, la disponibilité de grains au cours de la prochaine année pourrait alors bien s’avérer encore plus problématique que prévu, ce qui ne fera qu’alimenter davantage le jeu de spéculation qui gagne actuellement en importance dans le marché des grains.

Prix des grains 5 juillet 12

 

Prix du maïs

Que ce soit sur le contrat à terme pour livraison immédiate (septembre 12) ou celui de la prochaine récolte (décembre 12), le prix du maïs a brisé de nouveaux records aujourd’hui, atteignant des hauts de respectivement 7,7675 $US/boisseau (306 $US/TM) et 7,01 $US/boisseau (276 $US/TM).

Sur le contrat à terme courant, la dernière fois que le prix du maïs avait atteint un tel niveau remonte à la mi-juin de l’an dernier, alors que celui-ci venait tout juste de friser 8$US/boisseau (315 $US/TM). Avec un rallye de plus de 2,00 $US/boisseau (79 $US/TM) depuis le 15 juin dernier, c’est donc sans grande surprise qu’il semble de plus en plus possible aux yeux de nombreux analystes que le prix du maïs parviendra cette fois-ci à franchir cette barrière historique inégalée.

Avec une telle appréciation du prix du maïs alors que le prix du pétrole se transige toujours depuis un mois à son plus faible niveau depuis 7 mois, il n’est donc pas surprenant de constater un ralentissement marqué de la production d’éthanol aux États-Unis. C’est ce que confirme le dernier rapport hebdomadaire sur la production d’éthanol aux États-Unis qui fait état d’un creux inégalé depuis le mois de septembre dernier avec seulement 857 000 barils/jour de produits la semaine dernière. Par contre, après 3 semaines de recul de production important, le niveau des inventaires d’éthanol aux États-Unis a lui aussi atteint un creux qui n’avait pas été observé depuis la mi-janvier à 20,29 millions de tonnes.

Demain, le USDA doit présenter son rapport hebdomadaire sur les ventes à l’exportation de grains américains. En vue de ce rapport, les marchés prévoient en moyenne des ventes à l’exportation de maïs entre 200 000 et  500 000 tonnes.

Signe des dommages qu’a déjà occasionné l’importante sècheresse en cours dans le Midwest américain, certaines informations commencent à circuler à l’effet que des problèmes de pollinisation seraient maintenant confirmés par des producteurs américains.

corn tech LT 5 juillet 12

 

 

Prix du soya

Tout comme le maïs, sur le contrat à terme pour livraison immédiate d’août 12, le prix du soya frise maintenant son sommet historique qu’il avait atteint à la fin du mois de juin 2008 de 16,63 $US/boisseau (611 $US/TM). Et il y sera pratiquement parvenu aujourd’hui en touchant un haut de 16,44 $US/boisseau (604 $US/TM). Suivant la parade, de son côté, le contrat à terme du soya de la prochaine récolte a également atteint un nouveau sommet à 15,29 $US/boisseau (562 $US/TM), brisant ainsi sans aucune difficulté la barrière psychologique de 15 $US/boisseau (551 $US/TM).

Ainsi, malgré le fait que les cultures de soya soient actuellement à un stade moins avancé de leur développement pour être aussi durement endommagé par la sècheresse que celles de maïs, il semble pour l’instant que les marchés concentrent plutôt leur attention sur l’éventualité que plus d’acréages que prévu n’ont pas été semés en soya suivant la récolte de blé d’hiver aux États-Unis.

Selon les prévisions des marchés, les ventes à l’exportation de soya américain de la semaine dernière qui seront publiées demain seront de 450 000 à 700 000 tonnes. Ce niveau demeure élevé pour cette période-ci de l’année. Par contre, la perception des marchés est que la demande de soya se devrait de rester forte, spécialement en raison de la Chine qui n’aurait d’autres choix que de continuer à en importer afin de contrôler l’inflation alimentaire qui menace toujours. La moyenne sur 5 ans des ventes à ce moment-ci de l’année se situe plutôt à 230 000 tonnes.

soy tech LT 5 juillet 12


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