Les prix des grains se sont à nouveau enflammés aujourd’hui alors que le dernier rapport sur les conditions des cultures aux États-Unis présenté hier fait état d’une détérioration de plus en plus importante des cultures, spécialement celles de maïs dont 25% sont maintenant classées dans les catégories « pauvre à très pauvre ». Et selon les dernières prévisions météorologiques disponibles, d’ici la fin de semaine, les conditions devraient demeurer très difficiles pour les cultures assoiffées du Midwest avec peu d’averses de prévues et des températures frisant encore les 100 Fahrenheit (38 degrés Celcius) dans plusieurs régions.
Par la suite, dans les 6 à 10 prochains jours, des averses et des températures semblent vouloir à nouveau prendre forme. Par contre, les prévisions météorologiques étant ce qu’elles sont, celles-ci peuvent encore changer en un tour de main d’ici là. Et même si des averses ont lieu, dans l’état actuel de sècheresse avancée observée, il faudra certainement que les précipitations soient abondantes et qu’elles couvrent d’importantes superficies, sans quoi, la partie ne sera pas gagnée pour autant? Devant autant d’éléments imprévisibles, les marchés restent donc rivés sur leurs écrans, tentant de décrypter les dernières prévisions météorologiques qui mettront un terme définitif à la sècheresse ainsi qu’à ce rallye peu commun des prix, ce qui ne pourrait survenir concrètement qu’au mieux à partir seulement de la mi-juillet selon certains.
En attendant, avec cette impitoyable sècheresse, les marchés continuent aussi de revoir de jour en jour à la baisse leurs estimations de rendement moyen qu’obtiendront cette année les producteurs américains. La semaine dernière, les plus pessimistes estimaient celui du maïs à 154 boisseaux /acre (9,66 TM/ha). Mais avec le dernier rapport sur l’état des cultures très inquiétant qu’a présenté hier le USDA, certains avancent maintenant un rendement moyen d’aussi peu que 148 boisseaux/acre (9,29 TM/ha), ce qui constitue un écart important de 18 boisseaux/acre par rapport à l’estimation initiale du USDA de 166 boisseaux/acre (10,41 TM/ha).
Du côté du soya, la croissance des cultures dans le Midwest étant moins avancée, les marchés s’inquiètent moins pour l’instant des possibles dommages occasionnés par la sècheresse. Ceci se reflète d’ailleurs bien dans la progression moins prononcée de sa valeur à la bourse que celle du maïs qui demeure sous le feu de la rampe. Par contre, de plus en plus de spécialistes commencent tout de même à revoir leur prévision de rendement à la baisse. Initialement prévus par le USDA à 43,9 boisseaux/acre (2,95 TM/ha), plusieurs parlent maintenant d’un rendement de moins de 40 boisseaux/acre (2,69 TM/ha).
Pour l’heure, si ce n’est l’imprévisibilité des problèmes financiers européens qui pourrait engendrer une nouvelle vague de liquidation sans préavis sur les marchés financiers, aucun élément ne semble ainsi vouloir se dessiner à l’horizon pour mettre un frein à l’important rallye des prix des grains qui se sera mis en place au cours du mois de juin. Mentionnons aussi que le comportement des prix des derniers jours aura également projeté de nombreux nouveaux signaux techniques positifs (bris de plusieurs résistances importantes) qui tendent à supporter encore davantage leur importante progression.
Demain, 4 juillet, les marchés seront fermés en raison de la fête de l’indépendance aux États-Unis. Les marchés reprendront leurs activités ce jeudi avec certainement de nombreux joueurs sur les marchés financiers qui voudront prendre position si les mauvaises conditions météorologiques semblent vouloir se poursuivre.
Le USDA doit également présenter la semaine prochaine, le mercredi 11 juillet, son rapport mensuel sur l’état de l’offre et la demande de grains aux États-Unis et dans le monde. Avec la sècheresse qui a maintenant assurément fait des ravages dans les cultures du Midwest, les marchés seront spécialement curieux de connaître les nouvelles prévisions de rendements que révèlera alors le USDA. Mais, d’ici là, la valse des prévisions des spécialistes en vue de ce rapport devrait déjà susciter en elle-même de nombreuses réactions sur les marchés.

