Le USDA a publié ce matin les résultats de ces rapports très attendus des marchés concernant le niveau des inventaires trimestriel de grains aux États-Unis en date du 1er juin dernier ainsi que les superficies officiellement semées ce printemps par les producteurs américains.
Selon les 1res informations disponibles, les répercutions de ces rapports sur les prix seront très partagées, mais également mitigées en raison de l’influence toujours très forte des conditions météorologiques difficiles pour les cultures en cours aux États-Unis.
Inventaires trimestriels de grains aux États unis au 1er juin 2012.

Maïs – Le USDA estime que les inventaires de maïs au 1er juin étaient de 79,96 millions de tonnes. Ce résultat se révèle encore plus serré que la moyenne des prévisions des marchés et laisse entendre une consommation (exportation) beaucoup plus forte de maïs que l’an dernier. L’an dernier, entre mars et juin, les inventaires de maïs américain avaient reculé de 43,7% alors que cette année, ils ont reculé de près de 50%. Cette situation tend à confirmer l’hypothèse selon laquelle il reste très peu de maïs de disponible aux États-Unis, ce qui aura d’ailleurs été très bien illustré par la forte valeur de base observée depuis plusieurs semaines dans plusieurs régions. Il sera maintenant intéressant de voir ce que le USDA révélera dans son prochain rapport mensuel du 11 juillet prochain à ce sujet, particulièrement avec la baisse de production d’éthanol qui semble prendre forme en raison des marges de profits négatives des fabricants d’éthanol, mais également avec les ventes à l’exportation américaine de maïs qui se révèlent très faibles depuis maintenant quelques semaines.
Soya – Il semble que les fortes exportations américaines de soya enregistrées depuis plusieurs semaines ne seront pas parvenues à amincir de manière aussi importante qu’auraient pu le croire plusieurs les inventaires américains de soya. Selon le USDA, en date du 1er juin, ils se sont établis à 18,15 millions de tonnes, ce qui est plus que la moyenne des prévisions des marchés qui était de 17,42 millions de tonnes. On peut constater un usage (consommation & exportations) légèrement plus prononcé de soya américain comparativement à l’an dernier, avec un recul des inventaires entre mars et juin de 51,4% comparativement à 50,5%. Mais ce recul n’est certainement pas à l’image des exportations américaines de soya des dernières semaines, ce qui pourrait susciter un certain scepticisme des marchés à l’égard de ce résultat.
Blé – Tout comme dans le cas du soya, les inventaires de blé américain ont diminué de manière sensiblement similaire à l’an dernier en reculant de 38,1% pour s’établir à 20,22 millions de tonnes. Les marchés anticipaient un recul un peu plus marqué des inventaires américains à en moyenne 19,76 millions de tonnes.
Superficies officiellement semées aux États-Unis en 2012

Maïs – Le USDA a à nouveau confirmé ce matin que les producteurs américains ont semé leurs plus importantes superficies en maïs depuis 1937. Les marchés avaient anticipé cette révision à la hausse par rapport au rapport du 30 mars dernier, mais de manière moins prononcée à en moyenne 75,58 millions d’acres. Toute la question reste de savoir maintenant si la sècheresse en cours parviendra ou non à faire fondre les rendements et ainsi la quantité exceptionnelle de maïs qui était attendue cette année aux États-Unis. Si l’ont se fit à l’estimation officielle de rendement du USDA de 166 boisseaux/acre, basée sur des superficies récoltées variant entre 89 et 90 millions d’acres, la récolte américaine de maïs pourrait s’établir à un record de 375,28-379,5 millions de tonnes. Par contre, tenant compte des prévisions les plus alarmistes des marchés en raison de la sècheresse dans le Midwest, celle-ci pourrait être d’aussi peu que 346 – 354 millions de tonnes, ce qui constituerait toujours un record de production pour les États-Unis, mais ne garantirait pas pour autant aux consommateurs un approvisionnement confortable pour la prochaine année.
Soya – S’il y a surprise à avoir dans ce rapport du USDA, c’est certainement au niveau des superficies semées en soya cette année aux États-Unis. Comme le révèle la moyenne des prévisions, les marchés anticipaient une hausse de ces superficies, mais pas aussi importante que ne l’a révélé le USDA avec 76,08 millions d’acres contre 75,58 millions d’acres de prévue. Mais comme le rappel certains analystes, ce nouvel estimé du USDA demeure toujours sujet à révision puisqu’au moment de collecter les données, certains producteurs remettaient encore en doute l’idée de semer du soya sur des sols trop assécher suivant leur récolte de blé d’hiver. Tout comme pour le maïs, toute la question est aussi de savoir si le rendement moyen prévu cette année jusqu’ici par le USDA de 43,9 boisseaux/acre sera bel et bien au rendez-vous cet automne. Déjà certains parlent bien entendu de baisse de rendement en raison de la sècheresse. Mais le fait est que la croissance des cultures de soya aura pour l’instant beaucoup moins souffert de ces conditions difficiles puisque le stade critique à surveiller est celui du remplissage des gousses qui ne débutera vraiment qu’à partir de la fin juillet, début août aux États-Unis. Il reste donc à savoir si la sècheresse qui semble sévir de semaine en semaine se résorbera d’ici là ou non.
Blé – Selon le USDA, il s’est semé près de 3% de moins de blé aux États-Unis que l’an dernier, ce qui porte les superficies cultivées en cette céréale à 56,02 millions d’acres (toutes variétés confondues). Ce résultat est également moins élevé que la moyenne des prévisions qui misaient sur une moyenne de semi de 56,85 millions d’acres. Cette situation pourrait se révéler éventuellement profitable pour le prix du blé considérant les conditions difficiles observées dans plusieurs régions dans le monde, dont l’Europe (Russie, Ukraine), l’Australie et la Chine où des conditions sèches sont, ou ont été observée.
Pour accéder aux rapports complet du USDA (en anglais):
