Toute l’attention des marchés demeure centrée sur les prévisions météorologiques qui, pour le Midwest américain, continuent de demeurer difficiles et menaçantes pour les cultures en cours.
Le maïs étant déjà dans plusieurs régions au stade critique de la pollinisation, les annonces de révisions à la baisse de rendement se poursuivent. Certains y vont même de pronostics aussi alarmants que moins de 155 boisseaux/acre, alors que jusqu’ici la prévision du USDA pour cette année était de 166 boisseaux/acre. Cette situation préoccupante aura permis au cours des derniers jours au prix du maïs de la prochaine récolte (décembre) de grimper de plus 20% à la bourse pour atteindre aujourd’hui un nouveau sommet inégalé en 8 mois de 6,5675 $US/boisseau (258 $US/TM).
Par contre, suivant l’ouverture du parquet de la Bourse à Chicago ce matin, les prix ont dû tous encaisser un recul de leur valeur. Ils seront cependant parvenus à clôturer en territoire positif malgré ce repli, à l’exception du soya de la prochaine récolte puisque les cultures de ce dernier aux États-Unis demeurent à un stade moins avancé de leur développement pour préoccuper autant les marchés à propos des conditions sèches qui persistent dans le Midwest américain.
Comme l’affirment certains analystes, pour l’heure, il semble donc que la forte progression des prix des grains des derniers jours soit à bout de souffle, ce qui ne serait cependant pas tributaire uniquement d’un manque d’intérêt des marchés à les propulser davantage à la hausse. Dans les faits :
- Des averses à prévoir pour la semaine prochaine dans le Midwest prendraient actuellement forme. Même si selon les informations, se serait essentiellement les régions plus au nord moins affectées par la sècheresse jusqu’ici qui en seraient les principales bénéficiaires, l’idée qu’elles puissent éventuellement progresser plus au sud aurait amené certains investisseurs et spéculateurs à encaisser dès maintenant leurs profits.
- Vendredi, le 29 juin prochain, le USDA doit présenter deux rapports importants : superficies semées cette année aux États-Unis et niveau trimestriel des inventaires américains de grains en date du 1er juin. Selon les dernières informations disponibles, les marchés prévoient des révisions à la baisse inquiétantes des inventaires, mais par contre des ajustements à la hausse des superficies semées. Pour certains, devant les résultats incertains que présentera le USDA ce vendredi, il demeure toutefois plus prudent d’encaisser dès maintenant ses profits à la bourse plutôt que de miser sur des rapports qui pourraient se révéler surprenants et défavorables pour les prix des grains. Rappelons qu’au cours de la dernière année, le USDA aura d’ailleurs en plusieurs occasions surpris les marchés en présentant dans ses rapports des résultats qui se seront révélés loin de leurs attentes et même, selon certains, défiés toute logique.
- Contextuellement, les marchés financiers demeurent également nerveux face aux problèmes financiers en Europe. Un sommet réunissant les dirigeants de l’Europe doit avoir lieu ce jeudi et vendredi et le fruit de cette rencontre reste loin de conforter les marchés pour le moment.
- Enfin, selon ce qu’affirme certains analystes, la hausse observée depuis hier dans les prix des grains découlerait plus de couverture de positions des investisseurs et spéculateurs, qui avaient parié jusqu’ici sur une baisse des prix, plutôt que sur l’arriver de nouveaux joueurs et de la prise de nouvelles positions dans le marché. Cette éventualité tendrait à confirmer la maturité et le juste équilibre qu’auraient atteints pour le moment les prix des grains en attendant de nouveaux éléments pour supporter davantage leur progression exceptionnelle des derniers jours.
Dans tous les cas, excluant les rapports du USDA de ce vendredi et leurs lots de surprises qu’ils pourraient générer, les marchés demeurent cependant plus que jamais rivé sur leurs écrans afin de tenter de connaître ce que dame nature voudra bien accorder dans les prochains jours et semaines aux cultures assoiffées du Midwest américain. Et c’est sans équivoque que tous les analystes s’accordent à dire que ce sont surtout les prochaines prévisions météorologiques qui dicteront la direction que suivront les prix des grains encore pour plusieurs jours, voire semaines.

Prix du maïs
Le prix du maïs a poursuivi son ascension aujourd’hui alors qu’il est maintenant très près de retourner se transiger à nouveau au-dessus de la barrière psychologique de 7 $US/boisseau, que ce soit sur le prix courant ou prochaine récolte du maïs à la bourse.
Aux États-Unis, la forte appréciation du prix du maïs des derniers jours et l’approche de la publication des rapports très attendus du USDA de ce vendredi auraient finalement incité certains producteurs à réaliser des ventes. Plusieurs analystes rapportent également que plusieurs acheteurs aux États-Unis auraient abaissé la valeur de leur « base » afin d’absorber les contrecoups de la hausse très prononcée du prix du maïs depuis lundi. Selon les informations mises à la disposition de l’équipe de Grainwiz, ce phénomène serait aussi en cours au Québec.
Selon les dernières prévisions météorologiques disponibles pour le Midwest américain, des averses pourraient être observées dès la fin de cette semaine ou au plus tard en début de semaine prochaine. Par contre, ce seront les régions plus au nord qui profiteront surtout de ces averses, laissant celles plus au sud et à l’est aux prises avec une situation d’assèchement déjà avancée. Et à moins de changements, aucun signe de précipitations et températures plus fraîches ne serait réellement à prévoir pour l’instant d’ici pratiquement la mi-juillet.
Pour la semaine dernière, la production d’éthanol aux États-Unis a poursuivi son recul alors que les marges bénéficiaires des fabricants d’éthanol s’enfoncent de plus en plus dans le rouge (hausse prononcée du prix du maïs, mais recul important du de la valeur du pétrole depuis quelques semaines…).
Selon le dernier rapport hebdomadaire de l’EIA publié aujourd’hui, la production moyenne quotidienne d’éthanol a été de 883 000 barils, ce qui constitue un recul de 1,9% par rapport à la semaine dernière et représente la plus faible production d’éthanol observée depuis la fin avril dernier. Les inventaires d’éthanol américain ont cependant également reculé pour maintenant s’établir à 20,76 millions de barils.
Demain, le USDA présentera comme chaque semaine son rapport hebdomadaire sur les ventes à l’exportation de grains américains. Les marchés prévoient des ventes qui seront de 300 000 à 500 000 tonnes.

Techniquement, sur le contrat à terme de la prochaine récolte (décembre 12) le prix du maïs a connu une progression pour le moins peu commune depuis qu’il a atteint un creux il n’y a encore que moins de 2 semaines. Comme le révèle son graphique, il tente actuellement d’atteindre son sommet qu’il avait marqué à la fin du mois d’août dernier à 6,67 $US/boisseau (262,5 $US/TM), alors que les conditions sèches de l’été 2011 et les inventaires serrés de la récolte 2010 inquiétaient. Mais pour y parvenir, il devra tout d’abord franchir une 1re résistance à 6,54 $US/boisseau (257 $US/TM) suivis d’une seconde résistance plus prononcée à 6,75 $US/boisseau (266 $US/boisseaux). Il faut signaler aussi que le RSI frise actuellement de nouveaux sommets à plus de 72, ce qui tend à supporter un contexte de marché suracheté et plus sujet que d’ordinaire à une correction. Mais sur le fond, ce seront très certainement les prévisions météorologiques des prochains jours qui dicteront la direction du prix du maïs avant tout.
Sur le contrat à terme courant de juillet 12, le prix du maïs est également en pleine ébullition depuis quelques jours. Il n’aura toutefois pas atteint comme celui de la récolte de nouveaux sommets, et fait face à des résistances importantes à surveiller à un peu moins de 6,75 $US/boisseau (266 $US/TM), puis 6,80 $US/boisseau (268 $US/TM).
