Bien que toujours nerveux, les marchés financiers se sont montrés plus optimistes aujourd’hui à l’issue de la tenue d’une rencontre téléphonique du G7 qui laisse planer l’espoir de nouvelles initiatives pour tenter à nouveau d’enrayer la crise de la dette en Europe. Le président de la Réserve Fédérale américaine, M. Ben Bernanke, doit aussi faire un discours ce jeudi et les marchés s’attendent comme toujours à ce que de nouvelles mesures financières puissent être annoncées pour relancer l’économie américaine toujours très fragile.
Délester de la lourdeur avec laquelle les marchés financiers ont évolué au cours des dernières semaines, les prix des grains n’auront cependant pas su profiter de la situation pour opérer un changement de cap, ceux-ci ayant tous clôturé en baisse à l’exception du soya.
Même si les conditions météorologiques prévues demeurent essentiellement chaudes et sèches pour de nombreuses régions du Midwest américain, certaines prévisions font maintenant état d’averses pour la semaine prochaine. Couplés à un rapport hebdomadaire sur l’état des cultures américaines qui aura laissé hier tout aussi bien dire inchangé celui du maïs avec 72% classé de « bien à excellent », les marchés auront été prompts à abandonner à son sort le prix du maïs aujourd’hui.
Les averses observées en Russie et en Australie ainsi que les bonnes récoltes de blé d’hiver qui sont en cours aux États-Unis auront pour leur part amené le prix du blé à reculer de manière importante, contribuant par la même occasion à affaiblir davantage la valeur du prix du maïs.
Par contre, en raison des températures chaudes et sèches des dernières semaines aux États-Unis, les conditions des cultures de soya américain présenté pour la 1re fois hier dans le rapport hebdomadaire du USDA auront déçu. Seulement 65% des cultures seraient jugées dans un état de « bien à excellent » alors que les marchés prévoyaient plutôt un résultat entre 67-70%. Ceci aura amener aujourd’hui les investisseurs et spéculateurs à recentrer leur attention sur le soya et la précarité avec laquelle les consommateurs pourraient être forcé de conjuguer non seulement d’ici la prochaine récolte, mais également l’an prochain alors que de nombreux signes tendent à indiquer que la demande y restera ferme.
Le Dow Jones Newswire à propos du soya :
« Les investisseurs concentrent leur attention sur les éléments fondamentaux favorables à long terme, avec des prévisions de conditions chaudes et sèches qui laissent les « traders » s’interroger sur la menace que posent aux cultures semées très tôt cette année les réserves hydriques à la baisse des sols. »
« Les producteurs américains doivent composer avec une très faible marge d’erreur afin de produire une récolte abondante de soya en 2012 qui pourra compenser pour le manque à gagner qu’ont occasionné celles en Amérique du Sud. »
Rappelons aussi du côté de la consommation de soya que la Chine continue de demeurer activement à la recherche de soya sur les marchés internationaux. Le USDA a notamment confirmé hier une nouvelle vente de soya américain de 165 000 tonnes de la prochaine récolte à la Chine. Les importations chinoises de soya auraient également atteint un nouveau record mensuel le mois dernier.
Dans cette même veine, selon Oil World, les exportations américaines de soya de septembre à février dernier auraient dépassé de 40% le volume observé au cours de la même période l’an dernier, soulignant ainsi à quel point les prochaines récoltes américaines seront essentielles pour répondre à la demande de la prochaine année.
Supporté par un retour de l’attention des marchés sur le contexte fondamental d’offre et demande préoccupant qu’il connaît, le prix du soya aura donc clôturé à la hausse aujourd’hui.

Pour les prochains jours, les prix des grains devraient continuer d’être fortement influencés par les conditions météorologiques qui sont observées et prévues aux États-Unis. Et même si aujourd’hui, il semble que le retour de conditions plus fraîches ainsi que l’excellent état actuel des cultures américaines puissent avoir amené les marchés à se renfrogner, spécialement du côté du maïs et du blé, dans les faits le nombre d’analystes et spécialistes qui continuent de s’interroger sur le faible niveau de réserves hydriques observées dans plusieurs régions américaines abonde. Pour que toute menace de sècheresse et de dommages occasionnés par du temps chaud et sec soit écartée, il faudra très certainement plus que quelques averses dispersées, éventualité qui ne semble pas être sur le point de survenir à la lueur des prévisions autant à court terme qu’à long terme d’ici la fin du mois de juin.
Comme l’aura rappelé l’analyse Arlan Suderman de Farm Futures aujourd’hui dans l’un de ces commentaires quotidiens, même si des averses pourraient être observées dans certaines régions asséchées aux États-Unis la semaine prochaine, dans les faits, il ne faudra pas qu’elles se révèlent trop décevantes sans quoi l’état des cultures pourrait alors se détériorer et rappeler rapidement à l’ordre les prix des grains.

