Nouvelle journée difficile pour le marché des grains alors que les problèmes liés à la crise de la dette en Europe continuent d’inquiéter les marchés financiers, et ce, plus spécialement du côté de l’Espagne, mais également de la Grèce qui menace toujours de sortir de la zone euro. Certains indicateurs économiques américains (révision à la baisse du PIB et hausse du chômage) ont également contribué aujourd’hui à intensifier le sentiment négatif des marchés, incitant d’autant les investisseurs et spéculateurs à trouver refuge dans des valeurs sûres telles que le dollar américain et le marché obligataire.
Supporté par les conditions sèches observées dans plusieurs régions du Midwest et des Grandes Plaines américaines, le prix du maïs sera parvenu à nouveau à limiter ses pertes sans pour autant parvenir à éviter un léger recul. Des averses sont cependant observées actuellement dans plusieurs de ces régions. Nombreux sont ceux qui estiment toutefois qu’elles seront insuffisantes pour écarter définitivement le risque que des dommages puissent être occasionnés aux cultures en cours avec le retour de conditions chaudes et sèches prévues dès la semaine prochaine.

Par contre, emporté par l’absence de nouvelles stimulantes et toujours sous l’emprise de liquidation des investisseurs et spéculateurs qui s’inquiètent des problèmes en Europe, le prix du soya a poursuivi de son côté son important recul aujourd’hui. Sur le contrat à terme courant (juillet 12), il a d’ailleurs atteint un nouveau creux inégalé depuis le début du mois de mars dernier, passant même ainsi brièvement sous 13,40 $US/boisseau (492 $US/TM).
Qu’en au blé, les averses observées dans plusieurs régions américaines ainsi que le retour de conditions plus humides en Europe auront amené son prix à poursuivre son recul. Les récoltes de blé d’hiver au Kansas sont également en cours et révèlent de meilleurs rendements et une meilleure qualité de blé que prévue, ce qui aura contribué à affaiblir sa valeur à la bourse aujourd’hui.

Bien que fondamentalement certains éléments puissent expliquer le recul actuel des prix des grains, rappelons que sur le fond, plusieurs facteurs d’incertitudes persistent. Mentionnons à ce titre plus particulièrement la précarité des stocks américains d’ici la récolte ainsi que les risques météorologiques (sècheresses, puis gelées…) auxquelles sont toujours exposées les cultures en cours d’ici l’automne. Comme le rappel l’analyse de Farm Futures, M. Bryce Knorr, le comportement des marchés et des prix des grains demeure ainsi essentiellement dominé par les émotions des négociants et la nervosité des marchés financiers à l’égard des problèmes en Europe :
« Les transactions émotionnelles continuent de donner le ton aux marchés financiers, avec de la peur, et non de l’espoir ou de l’avidité, qui domine la psychologie des traders. »
Comme c’est le cas lorsque les investisseurs et spéculateurs s’emballent et quittent en trompe le navire sans crier gare, tôt ou tard, ceux-ci devront retrouver la raison en recentrant leur attention sur les éléments d’offre et demande qui d’ici la récolte, du côté des grains, pourraient ne pas justifier un recul aussi important de leur valeur à la bourse. Le prochain rapport mensuel du USDA qui sera présenté le mardi 12 juin prochain pourrait à ce titre servir aussi de moment décisif à surveiller.
Selon ce que rapporte le Dow Jones Newswire, la valeur des « bases » dans les installations portuaires du Golf du Mexique et de la Louisiane seraient présentement en perte de vitesse après plusieurs semaines anormalement vigoureuses, signe d’un ralentissement de la demande et d’une plus grande compétitivité sur les marchés internationaux. Dans le Golf, sur le contrat à terme de juillet, la « base » du maïs serait en recul de 0,07 $US/boisseau à 0,65-0,68 $US/boisseau et celle du soya en baisse de 0,04 $US/boisseau à 0,50-0,55 $US/boisseau.

Techniquement, sur le contrat à terme pour livraison immédiate (juillet 12), le prix du maïs poursuit son recul après avoir tenté en début de semaine de mettre un terme à sa tendance baissière de fond à long terme amorcée depuis le mois de septembre dernier (ligne jaune foncée). Selon son RSI, il est maintenant très près d’être survendu et, couplé avec la publication du prochain rapport mensuel du USDA ainsi que le retour de conditions chaudes et sèches dans le Midwest, il pourrait prochainement se stabiliser. Mais dans l’intérim, il profite de supports à surveiller à 5,53 $US/boisseau (218 $US/TM), 5,50 $US/boisseau (216,5 $US/TM) puis un peu plus de 5,30 $US/boisseau (209 $US/TM). Par la suite, techniquement, rien de l’empêcherait d’aller tester sans difficulté son support psychologique important de 5 $US/boisseau (197 $US/TM).

Techniquement, du côté du contrat à terme courant du soya (juillet 12), son recul important amorcé depuis qu’il a atteint un sommet de 15,1250 $US/boisseau (556 $US/TM) au début du mois de mai se poursuit. Avec son recul non négligeable d’aujourd’hui, le support important dont il profitait depuis près de 3 mois autour de 13,50 $US/boisseau (496 $US/TM) a été brisé. Il profite d’un léger support à 13,39 $US/boisseau (492 $US/TM), mais ne bénéficie que de très peu d’éléments dans l’ensemble qui pourraient l’empêcher maintenant de tester prochainement la barre psychologique de 13 $US/boisseau (478 $US/TM).
