Retour des inquiétudes généralisées des marchés financiers à l’égard des problèmes financiers en Europe avec, cette fois-ci, l’Espagne au centre de la controverse.
Concrètement, selon ce que révèle un article publié sur le site de La Presse Affaires (Wall Street finit en forte baisse, paralysée par l’Espagne), ce serait la troisième banque du pays, Bankia, qui serait présentement aux prises avec des difficultés financières et qui aurait mis le feu aux poudres aujourd’hui en annonçant qu’elle cherchait activement une aide de 23,5 milliards d’euros.
Suivant la Grèce, puis l’Irlande et le Portugal, l’Espagne serait donc maintenant le prochain pays qui pourrait nécessiter l’aide de la Troïka (Union européenne, Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE) afin d’éviter la faillite.
Écrasé par cette nouvelle inquiétude, ainsi que des chiffres décevants du côté de l’immobilier aux États-Unis, les investisseurs et spéculateurs ce sont à nouveau retirer massivement de marchés plus à risque (comme celui des commodités agricoles) pour trouver refuge dans des valeurs plus sûres telles que du côté des marchés obligataires et du dollar américain. Ce dernier a d’ailleurs à nouveau bondi sur son Index de 0,53 point pendant la journée pour atteindre sa valeur la plus élevée depuis le mois de septembre dernier.
Pour leur part, les principaux indices boursiers ont évoluer tout au long de la journée en forte baisse alors que, de son côté, la valeur du pétrole est retournée à la baisse en perdant plus de 3 $US/baril pour maintenant se transiger à un creux inégalé depuis octobre dernier de 87,45 $US/baril.
Mais, malgré ce sentiment général des marchés financiers très négatif, les prix des grains seront parvenus pour leur part aujourd’hui à limiter leur recul. Les prix du maïs (décembre 12) et du soya (novembre 12) de la prochaine récolte seront même parvenus à progresser légèrement.
Selon les informations disponibles, cette fermeté des prix serait essentiellement attribuable à la détérioration plus importante que prévu des cultures de maïs aux États-Unis la semaine dernière en raison des conditions chaudes et sèches observées.
Rappelons que selon le dernier rapport hebdomadaire du USDA sur la progression des cultures américaines, celles de maïs classé dans un état de « bien à excellent » ont reculé de 5% la semaine dernière alors que les marchés anticipaient un recul de l’ordre de 2-4% en moyenne.
Pour accéder aux résultats du dernier rapport hebdomadaire du USDA sur l'état des cultures américaines (en anglais): Crop Progress
L’idée que les averses prévues cette semaine dans le Midwest américain pourraient être insuffisantes pour contrer les effets de la sècheresse sur les cultures de maïs et l’émergence des semis de soya fait aussi son chemin et inquiète.
Tim Hannagan, analyste senior chez PFGBest.com, dans un commentaire rapporté sur le site d’Agriculture.com :
« Les averses annoncées pour les 3 prochains jours sont terriblement attendues, mais ne ferait que ramener dans la catégorie « Bien à excellent » que 2 à 3% du maïs alors que ce dernier a subi un recul de 5% selon le dernier rapport hebdomadaire sur l’état des cultures du USDA, »
Si, comme s’en inquiètent plusieurs spécialistes, les averses des prochains jours dans le Midwest américain se révèlent ainsi insuffisantes et que, comme prévu, des conditions chaudes et sèches refont surface à partir de la semaine prochaine, les prix des grains pourraient donc prochainement avoir trouvé un nouvel appui à partir duquel ils pourront renverser la vapeur et ainsi mettre un terme à la forte correction avec laquelle ils doivent conjuguer depuis le début du mois de mai.
Comme le rappel également M. Hannagan, avec la publication du prochain rapport mensuel du USDA du mois de juin (12 juin) déjà bien en vue, les marchés devraient aussi prochainement recentrer leur attention sur les inventaires de maïs et de soya toujours très préoccupants d’ici la récolte, et très incertain pour l’an prochain.

