Nouvelle

Revue du marché des grains pour le 14 décembre 2011

14 décembre 2011,

L'ensemble des marchés financiers en a pris pour son rhume aujourd'hui alors que les problèmes financiers de l'Europe font à nouveau les manchettes :

  • L'Italie a procédé à l'émission de nouvelles obligations pour une valeur de 3 milliards d'euros à un taux d'intérêt encore plus élevé que celle réalisée en novembre, soit 6,47% sur 5 ans contre 6,29% la dernière fois. (La Presse Affaires - Wall Street poursuit son recul) Cette nouvelle initiative italienne commencerait à soulever un doute à savoir si le pays sera en mesure ou non d'honorer ses emprunts.

  • L'Allemagne aurait révélé qu'elle ne croyait pas que ce serait une question de mois, mais bien plutôt d'années avant que la crise de la dette en Europe soit réellement résolue. Une perspective pour le moins très pessimiste suivant la tenue du sommet européen de la semaine dernière qui se sera soldé par la présentation de « solutions » encourageantes.

 


C'est donc appuyé principalement par ces deux nouvelles qu'une nouvelle vague de liquidation générale des investisseurs et spéculateurs a emporté l'ensemble des marchés financiers à la baisse : le Dow Jones Industrial a perdu 144 points, le pétrole 5,15 $US/baril pour s'établir à 94,99 $US/baril et l'or c'est effondré de près de 100 $US/once pour terminer la journée à 1569,5 $US/once.

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Comme toujours, seul le dollar américain aura su profiter de cette situation pour poursuivre sur sa lancée amorcée vendredi dernier alors que les investisseurs et spéculateurs cherchent à y trouver refuge. Il a ainsi atteint sa valeur la plus élevée depuis la 1re semaine de 2011 en atteignant un sommet de 80,7750 points sur son Index pour maintenant s'établir à 80,57 points.

Rappelons que l'appréciation du dollar américain ne représente rien d'avantageux pour le marché des grains. Elle fait en sorte qu'il en coûte plus cher pour les pays qui désirent s'approvisionner en grains américains, une situation qui survient à un bien mauvais moment sachant que les exportations américaines de grains peinent déjà depuis plusieurs semaines à reprendre leurs activités face à la forte compétition qu'elles connaissent sur les marchés internationaux.

Mais que la progression du dollar américain puisse nuire ou non aux prix des grains n'aura pas été le principal facteur à l'origine de leur recul d'aujourd'hui, ceux-ci ayant tout simplement été emportés par la baisse généralisée des marchés financiers. Et comme fondamentalement très peu d'éléments les supportent actuellement si ce n'est l'apparition de 1ers signes réels de sècheresse en Amérique du Sud, il n'en aura fallu que très peu pour les forcer à tester à nouveau leurs creux les plus importants en plusieurs mois.

Seule lueur d'espoir derrière ce portrait peu reluisant que proposent les prix des grains au terme de cette journée difficile, ils seront tous parvenus à éviter de clôturer définitivement sous leur creux des derniers mois qui constituent également des supports de plus en plus cruciaux à surveiller. Comme quoi, il semble que certains investisseurs et spéculateurs ne sont toujours pas prêts à abandonner encore la partie et gardent toujours la conviction que les prix des grains pourraient encore reprendre le dessus. Cette idée ne serait d'ailleurs pas étrangère au fait que ce ne sera que dans le prochain rapport mensuel du USDA de janvier que les marchés pourront savoir réellement de combien la dernière récolte américaine de grains sera amputée.

Prix des grains 14 dec 11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prix du maïs

Le prix du maïs n'aura pas échappé au marasme général des marchés financiers aujourd'hui, et ce, malgré le fait que les problèmes liés aux conditions sèches en Amérique du Sud ne cessent de faire surface.

Pour livraison immédiate, sur le contrat à terme de mars 12, il a ainsi perdu 0,1375 $US/boisseau (5,64 $CAN/TM) pour clôturer tout juste au-dessus d'un support important à 5,8075 $US/boisseau (238,13 $CAN/TM)

Sur une note plus optimiste, selon le dernier rapport hebdomadaire de l'EIA (Energy Information Administration), les fabricants américains d'éthanol continuent de produire à des niveaux records. La semaine dernière, la production quotidienne d'éthanol a été de 938 000 barils/jour. Ce résultat est moindre que le record de tous les temps de la semaine précédente de 954 000 barils/jour, mais constitue la 2e semaine de production la plus importante de 2011.

En Amérique du Sud, les conditions sèches que connaissent le nord de l'Argentine et le sud du Brésil continuent d'alimenter de nombreuses discussions et rumeurs. Certains vont maintenant jusqu'à dire que des pertes de rendement sont même inévitables. Si ça s'avère le cas et que certaines instances officielles peuvent les confirmer, le prix du maïs pourrait alors en bénéficier dans les prochaines semaines. Mais en attendant, il en faudra certainement un peu plus pour sortir de sa dépression le prix du maïs. D'autant plus que, du côté du Brésil, la firme d'analyse Celeres envisage toujours une très bonne récolte de maïs de 63,3 millions de tonnes (+18% p/r à l'année précédente).

Techniquement, sur le contrat à terme de mars 12, le prix du maïs s'appuie maintenant directement sur son support très important de 5,80 $US/boisseau (228 $US/TM) et conserve toujours comme 1er objectif de retourner se transiger à 6,00 $US/boisseau (236 $US/TM) si les investisseurs et spéculateurs parviennent rapidement à se ressaisir. Mais si toutefois ce 1er support est violé, il faut alors s'attendre à ce que le prix du maïs puisse rapidement se replier, dans un 1er temps jusqu'à 5,72 $US/boisseau (225 $US/TM), puis ensuite à 5,50 et 5,06 $US/boisseau (216,5 et 199 $US/TM).

 

Prix du soya

Le prix du soya a atteint brièvement un nouveau creux inégalé depuis plusieurs mois aujourd'hui à 10,9425 $US/boisseau (402 $US/TM). Il semble toutefois que les investisseurs et spéculateurs n'auront pas osé s'aventurer davantage en territoire négatif pour l'instant, attendant d'en savoir un peu plus sur les conditions très sèches en Amérique du Sud avant de le délaisser pour de bon.

Pour livraison immédiate, sur le contrat à terme de janvier 12, il a ainsi perdu 0,1850 $US/boisseau (7,08 $CAN/TM) pour maintenant s'établir à 11,00 $US/boisseau (420,98 $CAN/TM), soit sa fermeture la plus faible depuis le mois d'octobre 2010 dernier.

Fait intéressant, concernant l'éventualité d'une sècheresse en Amérique du Sud, l'analyste Arlan Brugler de Brugler Marketing & Management souligne que :

« Même s'il n'y a aucune indication cette année de l'occurrence d'une sècheresse occasionnée par La Niña qui équivaut à celle observée en 2008, les marchés ont remarqué qu'ensemble les productions du Brésil et de l'Argentine ont chuté de 17 millions de tonnes cette année-là. Même la moitié de cette perte pourrait occasionner un grand vide dans les inventaires mondiaux. »

 

Il semblerait ainsi que, sur cette base, les marchés ne seraient donc toujours pas confortables pour l'instant à faire plonger de manière définitive en territoire le prix du soya.

La Corée du Sud a aussi confirmé aujourd'hui l'achat de 100 000 tonnes de soya sans OGM d'origine optionnelle et le Mexique chercherait toujours également à en acheter.

Selon le NOPA (National Oilseed Processors Association), il se serait trituré 3,845 millions de tonnes de soya en novembre. Ce résultat est légèrement au-dessus de la moyenne des prévisions qui était de 3,83 millions de tonnes et représente une progression par rapport 3,843 enregistré en octobre dernier. Par contre, en novembre 2010, la trituration de soya aux États-Unis a été de 4,05 millions de tonnes.

Soy tech MT 14 dec 11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Techniquement, sur le contrat à terme de janvier 12, le prix du soya joue dangereusement avec le feu. Depuis son ouverture lundi, il a brisé à 2 reprises son important support psychologique de 11 $US/boisseau (404 $US/TM). Les marchés ont par la suite rapidement refermé les brèches, mais la porte est maintenant ouverte à ce que le prix du soya teste rapidement de nouveaux creux, dans un 1er temps à 10,80 $US/boisseau (397 $US/TM), puis par la suite à 10,52, 10,32, 10,10 et 10 $US/boisseau (386,5 , 379 , 371 , 367 $US/TM).

 


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