Grainwiz : Opinion et rappel sur la session du vendredi 7 septembre 07. Maïs et soya.
Les prix du maïs et du soya avaient terminé fortement à la hausse.
Vendredi dernier, le marché montrait des signes évidents d'instabilité. On a remarqué que la faiblesse de l'économie américaine commence à frapper fort. De plus en plus endettés envers les étrangers, des Asiatiques pour la plupart, les Américains voient la valeur de leur monnaie se déprécier constamment. Pour cette raison, peut-être que la situation continue d'encourager les exportations de grain, chose certaine, celle-ci ne pourra pas l'être encore bien longtemps. Voici pourquoi.
La pression exercée sur la Fed est énorme. Les investisseurs étrangers qui voient la valeur de leur prêts chuter commencent déjà à exiger que Ben S. Bernanke monte les taux d'intérêts. C'est que depuis quelque temps, l'inquiétude des gens a pris une proportion importante.
Désireux de protéger leurs actifs les investisseurs ont recherché ce qui était de plus sécuritaire. Ce sont les bons du trésor à court terme qui ont été les produits les plus recherchés. Mais cette ruée a eu pour effet de raréfier les bons du trésors à haut rendement. Ce qui reste actuellement, ce ne sont que des bons du trésor qui n'offrent que de faibles taux d'intérêts.
Étant donné que les Américains ont trop besoin d'argent, il y a fort à parier que la Fed devra monter les taux d'intérêts à long terme. Pourquoi ne le ferait-elle pas pour les taux d'intérêts à court terme ? Tout simplement pour ne pas étouffer davantage l'économie américaines. L'idée ici est de donner une chance à ceux qui ont emprunté à court terme.
Rappelons que le marché immobilier américain traverse présentement une crise. Ces dernières années, les banques américaines ont accordé un trop grand nombre de mauvais hypothèques. Et comme les banques empruntent souvent à court terme, elles sont actuellement mal prises. Or, question de rembourser leurs propres créanciers, celles-ci tentent actuellement de rapatrier une partie des prêts qu'elles avaient accordés aux particuliers. Autrement dit, c'est comme un jeu de domino qu'on n'a du mal à arrêter.
Le résultat ? La Fed se retrouve avec un problème de taille. Elle est forcée de monter les taux d'intérêts à long terme sans quoi les étrangers ne prêteront plus. On l'a mentionné plus haut : l'économie américaine fonctionne trop sur « l'argent emprunté ». Le problème c'est que ces dernières années, le crédit a été trop facile de sorte que même à long terme, les Américains sont pris à la gorge.
En plus, et toujours chez nos voisins du Sud, les récentes statistiques ont démontré qu'au mois dernier, la création d'emplois avait diminuée. En fait, ce que l'on décrit ici ressemble ni plus ni moins qu'à un début de récession.
Au Canada et au Québec, les banques, qui jouent elles aussi à l'échelle internationale, commencent déjà à sentir les effets de cette vague, alors prudence.
Les tendances :Le marché de Chicago est nerveux. On a beau croire que, à cause de la pénurie mondiale de blé et la forte demande pour les biocarburants (éthanol),la tendance à long terme demeure excellente ; les conditions pour la période à court terme sont loin de l'être.
Le problème de l'endettement américain que l'on a décrit plus haut, exercera sans doute une pression négative. C'est que sur le parquet de la Bourse, les traders jouent souvent sur marge (à crédit). Tôt ou tard, forcés par les circonstances économiques, beaucoup d'entre eux verront leur marge réduite.
Le pire est que la difficulté ne concerne pas uniquement les traders. Les producteurs américains, qui, eux aussi, empruntent beaucoup, auront sans doute des rappels sur marge. Dès lors, il sera certain qu'au CBOT, les prix du grain dégringoleront. Pour rembourser leurs dettes, les traders vendront leurs contrats de grain ; pris dans le même engrenage, les producteurs se verront contraint de livrer plus rapidement leur grain.
En bout de ligne, les bonnes exportations ne pourront pas suffirent, surtout à un moment où l'on s'attend à ce que les Américains se retrouvent avec une surproduction de maïs. D'ailleurs, de ce côté, la tension est vive.
Rappelons que mercredi (12 sept. 07), le USDA devrait rendre publique ses nouveaux estimés sur les rendements aux récoltes et déjà, plusieurs personnes appréhendent les mauvaises nouvelles.
Ce qu'on a expliqué plus haut ne sont que des idées, mais on dirait que les pièces du puzzle s'imbriquent drôlement bien... De ce point de vue là, l'avenir s'annonce vraiment sombre.
