Les prix des grains demeurent toujours supportés par les nombreuses incertitudes entourant les différentes conditions météorologiques adverses (pluie excessive, inondations et sécheresses) qui persistent dans plusieurs régions aux États-Unis, au Canada et en Europe.
Cependant, aujourd'hui, l'ensemble des marchés financiers s'est mis de la partie pour supporter davantage la progression des prix des grains qui est en cours depuis le début de la semaine. À cet effet, le prix du pétrole est d'ailleurs retourné se transiger autour de 100$US/baril, la valeur du dollar américain a poursuivi son repli et la plupart des marchés boursiers ont été à la hausse.
Il semble ainsi que les investisseurs et spéculateurs, qui jusqu'ici étaient frileux à l'idée de prendre de nouvelles positions plus risquées cette semaine en raison d'incertitudes économiques, ont décidé d'agir et de reprendre leurs activités, signe encourageant pour les prix des grains.
Demain, le USDA doit présenter son rapport hebdomadaire sur les exportations et ventes à l'exportation de grains américains. Rappelons que depuis la fin du mois d'avril dernier, les ventes des exportateurs américains de grains ont connu un recul non négligeable que certains attribuent aux prix élevés qu'ils ont atteints le mois dernier. Il sera donc intéressant d'observer demain si leur recul des dernières semaines, avec un creux atteint essentiellement jeudi dernier, sera parvenu à relancer l'intérêt des acheteurs ou non.
Pour un aperçu de la progression des exportations et ventes à l'exportation de grains aux États-Unis : Exportations américaines

Prix du maïs
Supporter par un contexte toujours favorable ainsi que la reprise des activités des investisseurs et spéculateurs, le prix du maïs a pu continuer aujourd'hui à gagner du terrain.
Pour livraison immédiate (juillet 11), le prix du maïs est pratiquement parvenu à clôturer « limit-up » en gagnant 0,2975 $US/boisseau (11,37 $CAN/TM) pour s'établir maintenant à 7,4975 $US/boisseau (286,66 $CAN/TM). Pour la prochaine récolte (décembre 11), il a aussi progressé pour terminer à 6,74 $US/boisseau (257,20 $CAN/TM), soit un gain de 0,2150 $US/boisseau (8,22 $CAN/TM) par rapport à sa fermeture d'hier.
Selon ce qu'indique dans son commentaire quotidien l'analyste des marchés David Fiala, président de Futures One et analyste-contributeur chez DTN, l'attention des marchés se concentrent non seulement les conditions météorologiques aux États-Unis qui préoccupent, mais également sur la question à savoir combien d'acres seront perdus cette année :
« Au cours des prochains temps, l'attention restera concentrée sur les conditions météorologiques et les effets qu'elles auront sur les superficies qui auront été semées. Les analystes s'attendent à ce que les superficies consacrées au maïs se soient accrues dans l'ouest du « Corn Belt » (aux États-Unis), mais des estimations suggèrent aussi que de 2 à 3 millions d'acres cultivables ont été touchés par les conditions d'inondations. »
En raison de ces mauvaises conditions de début de saison aux États-Unis, une firme américaine privée a d'ailleurs indiqué aujourd'hui qu'elle révisait à la baisse ses prévisions de superficies ensemencées de 92,2 à 89,5 millions d'acres pour le maïs et 75,7 à 75,1 millions d'acres pour le soya.

Techniquement, sur le contrat à terme de juillet 11, il est maintenant très apparent que l'importante tendance à court terme baissière qui était en place depuis la fin du mois d'avril (ligne jaune foncée) n'est plus. Le prochain objectif pour le prix du maïs est maintenant de tenter d'aller briser une première résistance plus importante à 7,6150 $US/boisseau (300 $US/TM). Et comme le rappel en quelque sorte l'analyse des marchés Arlan Suderman sur le site de Farm Futures, peu de raison empêcherait pour l'instant le prix du maïs d'y parvenir :
« Il demeure possible que nous connaissions encore des prises de profits en certaines occasions, mais peu de négociants (« traders ») veulent avoir des positions de vente (« short ») tant qu'ils n'auront pas plus de chiffres en main sur les superficies qui seront semées cette année. »
Nouvelles en vrac
Selon la firme d'analyse privée Oil World, la récolte de soya au Brésil attendra un niveau record de 73 à 76 millions de tonnes cette année contre 68,7 millions de tonnes l'an dernier. Ce mois-ci, le USDA a estimé de son côté qu'elle serait plutôt de 73 millions de tonnes. Toujours selon Oil World, les producteurs brésiliens devraient semer encore plus de soya l'an prochain.
Dans un commentaire rapporté sur le site d'Agriculture.com, le responsable sur le parquet de la Bourse de Chicago (CME Group) de FC Stone's, M. Joe Bedore, mentionne que la valeur au comptant (cash market) du maïs est présentement très ferme. Selon M. Bedore, ceci serait un signe que les utilisateurs finaux (consommateurs) de maïs éprouveraient d'importantes difficultés à trouver des offres et que, à cet effet : « If you have corn you are golden. » (Si vous avez du maïs, vous valez de l'or.).
Selon une notice du Dow Jones Newswires, la production hebdomadaire d'éthanol a progressé de 4,4% la semaine dernière aux États-Unis à 900 000 barils par jour. Cette hausse relance des inquiétudes entourant une trop forte consommation de maïs et la précarité des inventaires américains de maïs prévu d'ici la fin de l'année commerciale en cours. La semaine dernière, le USDA a établi que ceux-ci ne seraient que de 18,53 millions de tonnes, soit leur plus faible niveau depuis 1995-96.
En Europe, toujours selon le Dow Jones Newswires, la sécheresse qui affecte notamment la France depuis plusieurs semaines a amené le contrat à terme du blé a atteindre un niveau inégalé depuis 3 mois. Plusieurs analystes en seraient à réviser présentement leurs prévisions de récolte qui, selon Agritel, pourrait reculer de 11,5% à 31,7 millions de tonnes.
