Maintenant au tour du chômage...Photo : 20 minutes.frGrainwiz : Actualité et opinions : Maïs et Soya
Pour une troisième journée consécutive, le CBOT a terminé à la hausse. Les contrats de maïs-grain qui viennent à échéance en mars 08 ont clôturé à 466.00 $ US (+ 3.50). Quant à ceux du soya qui termineront en janvier 08, il ont fini à 1251.50 $ US (+ 19.00).
On avait expliqué dans les articles antérieurs que la faiblesse du dollar américain, une conséquence du marasme économique qui affecte actuellement les États-Unis, serait probablement le meilleur stimulant de l'augmentation des prix du grain. Une fois de plus, ce facteur n'a pas démenti. À vrai dire, chez les Américains, d'autres éléments alarmants, qui viennent de s'ajouter, permettent à la descente aux Enfers de se poursuivre.
Dans un premier temps, disons que pour la première fois depuis bien longtemps, le président Georges W.Bush, Henry Paulson, le secrétaire aux Finances et le président de la Fed, Ben S. Bernake, devaient se rencontrer aujourd'hui. Évidemment, aucun d'eux n'a fait de déclaration après la rencontre, mais chose certaine, ce type de réunion montre à quel point l'économie américaine s'enfonce.
Dans un deuxième temps, on a appris à travers les nouvelles présentées au cours de la journée que le taux de chômage américain avait grimpé à 5 %. Cette nouvelle a donné du point à l'argument voulant que la Fed pourrait abaisser à nouveau les taux d'intérêts de 4.25 % à 3.75 %. C'est en plein le genre de mesure que les prêteurs étrangers détestent. Une baisse des taux d'intérêts dévalue leurs investissements en terre américaine.
Par ailleurs, la faiblesse de l'économie américaine a aussi des conséquences dramatiques outre-mer. En Europe, ou au Japon, par exemple, la valeur des monnaies, c'est-à-dire, telle l'euro et le yen s'est fortement appréciée par rapport à la devise américaine, à un point tel que les exportations sont en chute libre. Or, comme tout le monde sait, l'économie européenne, et surtout celle du Japon, reposent beaucoup sur les exportations.
En fait, il y a plus, dans tous les cas, à cause de la dégringolade du dollar américain, on a observé que la valeur des commodités, y compris celle du grain, était en hausse un peu partout à travers le monde. Autrement dit, la chute du dollar US provoquerait une inflation à l'échelle mondiale. Au fond, plus personne ne veut de dollar américain.
C'est ça qui est à l'origine de l'augmentation des cours du grain affiché au CBOT. Il n'y a rien d'autre. Le USDA a démontré que les exportations de la semaine dernière ont été décevantes. Alors que celles de maïs-grain n'auraient été que de 688 500 tonnes et celles de soya ont fait pire en s'établissant à 140 500 tonnes. Dans les deux cas, c'est très faible.
De toute façon, il n'y a rien de tragique à ça. Cette chute des ventes de la semaine passée serait même normale puisqu'elle est facilement attribuable aux vacances des fêtes.
Les tendances :On a l'impression que les choses se corsent. À quelque part, la faiblesse du dollar américain engage certainement une méfiance chez les importateurs de grain.
Comme il n'y a rien qui puisse ralentir la chute de la devise américaine, on pense que les acheteurs internationaux pourraient finir par être tenté d'attendre un peu avant d'effectuer d'autres achats. C'est qu'ils n'aiment pas les incertitudes de ce genre là. Il ce peut que certains d'entre eux attendent que la situation se calme et se stabilise.
Mais, on le répète, c'est seulement une impression. En fait, à cour terme, on est pas sûr que le nombre d'acheteurs de grain va diminuer si facilement. La demande mondiale en grain, particulièrement en maïs-grain, reste quand même assez forte. Pour cette raison, oui la baisse du dollar américain force l'inflation, mais la demande mondiale rééquilibre les choses et les prix s'ajustent en conséquences.
La tendance à court terme demeure relativement positive dans la mesure ou la chute du dollar US devrait encore pousser les prix du grain à la hausse.
À plus ou moins long terme, par contre, on ne sait plus trop. Le problème c'est que les gens commencent sérieusement à vouloir se débarrasser de leurs dollars américains. Le malaise de l'économie américaine s'étale partout à travers le monde. Certes, les Américains exportent davantage, mais qu'en est-il des autres gros exportateurs ?
Pas besoin d'aller loin pour comprendre. Au Québec, les producteurs de grandes cultures, habitués d'exporter la totalité de leurs récoltes en arrache. Oui les exportations américaines vont mieux, mais c'est pas forcément bénéfique pour les autres économies. Or, si ces dernières commencent à aller mal, il est certain que, tôt ou tard, la demande en grain américain finira par chuter.
En attendant, même à court terme, il vaut mieux se croiser les doigts...
