Nouvelle

Survol du marché des grains pour la semaine du 28 février 2011

06 mars 2011,

Cette semaine, les prix des grains sont parvenus à mettre fin à la correction importante qui a eu lieu au cours de la fin du mois de février. Malgré cette reprise, ils ne sont toutefois pas parvenus à clôturer vendredi à la hausse alors que les marchés demeurent prudents et que certains seraient portés à engranger des profits plutôt que de laisser courir davantage leur risque.

Bien que plusieurs nouvelles « encourageantes » aient alimenté la reprise des prix des grains cette semaine, d'autres demeurent moins stimulantes et laisse les marchés perplexes à savoir s'il y a lieu d'anticiper ou non une nouvelle hausse importante des prix.

Prix grains 4 mars 11

 

 

Parmi les nouvelles qui ont permis au prix des grains de reprendre le chemin de la hausse cette semaine, mentionnons :

  • Les conditions difficiles des récoltes au Brésil en raison d'averses très importantes qui limitent également le chargement des bateaux destinés à l'exportation de grains, principalement le soya.

  • La fin du mois de février et des prises de profits des fonds d'investissement qui en découlent. Dans cette même foulée, le changement de mois de contrat à terme de mars à mai 11 (roulement et fermeture de positions) a également pris fin.

  • Les excellentes exportations et ventes à l'exportation de grains américains de la semaine dernière. Pour le maïs, il s'agit d'une 5e semaine consécutive que les ventes américaines à l'exportation dépassent le cap de 1 million de tonnes. Ceci donne même à penser à certains que le USDA pourrait revoir éventuellement son objectif d'exportations cumulatives américaines pour cette année, perspective stimulante pour le prix du maïs considérant le niveau précaire des inventaires américains que l'on connaît. Du côté du soya, pour les États-Unis, les ventes demeurent acceptables mais les exportations ont été fortes. Ceci signale de manière positive que les marchés prennent livraison et n'annulent pas leurs contrats en raison de la présence accrue de soya Sud-Américain sur les marchés internationaux.

  • Rien n'indique toujours que malgré la valeur actuelle élevée des prix des grains, il y ait un ralentissement et un rationnement de la demande. Comme le rappelle M. Frédéric Hamel dans son commentaire matinal, pour le maïs, il semble en fait que tous les prix des commodités (sucre, viande, éthanol, etc.) soient à la hausse et ne justifient tout simplement pas un rationnement de la demande.

  • Les marges bénéficiaires pour les fabricants d'éthanol sont à nouveau en hausse grâce à l'appréciation du prix du pétrole des dernières semaines. Ceci met de côté pour l'instant l'éventualité selon laquelle une hausse du prix du maïs pourrait éventuellement leur nuire.

  • Des rumeurs à l'effet que la Chine pourrait réduire ses tarifs sur l'importation de denrées alimentaires, dont les grains, au cours de la semaine prochaine s'intensifient. La Chine étant l'un des plus importants consommateurs de maïs, soya et blé dans le monde et le pays étant aux prises avec des difficultés à contrôler l'inflation alimentaire qu'elle connaît actuellement, cette éventualité laisse miroiter aux yeux des marchés une augmentation des importations de grains par la Chine. La Chine est le principal importateur de soya dans le monde et, depuis maintenant quelques années, elle a aussi commencé à importer du maïs pour combler ses besoins.

  • En raison des averses importantes qui ont frappé le Brésil récemment, certains estiment maintenant que les producteurs brésiliens ne seront pas en mesure de semer leur deuxième culture de l'année en maïs comme il se doit. Selon ce que rapporte le site de nouvelle Bloomberg, une baisse de production de maïs de l'ordre de 2,2 millions de tonnes serait même envisageable. Le Brésil figure au 4e rang des plus importants producteurs mondiaux de maïs dans le monde après les États-Unis, la Chine et l'Union Européenne.

  • Bien que cette nouvelle soit quelque peu passée inaperçue, il semble que la Russie pourrait repousser la fin de son moratoire sur ses exportations de grains qui se devait d'être levé à la fin du mois de juillet prochain. Rappelons que l'été dernier, la Russie a connu sa plus importante sécheresse des cinquante dernières années, entrainant par la même occasion une baisse importante de sa production de grains, notamment celle de blé. Pour assurer la disponibilité domestique de grains au cours de l'année, le gouvernement russe a imposé un moratoire sur ses exportations au mois d'août dernier. La Russie étant en temps normal un important exportateur de grains, ce moratoire a eu tôt fait d'alimenter la hausse des prix des grains au cours des mois suivants.

 

Supportés ainsi par ces nombreuses nouvelles prometteuses, les prix des grains ont pu reprendre du tonus cette semaine. Par contre, certains éléments font en sorte que les marchés restent pour l'instant sur leur garde :

  • Sans contredit, c'est la situation au Moyen-Orient et en Afrique qui suscite le plus d'inquiétudes aux yeux des marchés. La Lybie figurant bien entendu à l'avant-plan de celles-ci. Bien que ces tensions populaires qui ont toujours cours présentement supportent de manière avantageuse pour l'instant une hausse du prix du pétrole et, par effet d'entrainement celle des grains, leur issue incertaine en laisse plus d'un sceptique et invite à la prudence. Advenant notamment que la situation dégénère davantage et que le prix du pétrole s'enflamme, la fragile reprise de l'économie en cours pourrait être freinée, ce qui ne serait pas sans conséquence négative pour les marchés financiers et les prix des grains.

  • En Chine, les conditions de sécheresse qui ont alimenté des doutes sur la prochaine production chinoise de blé en seraient aussi à leur fin. Des nombreuses averses au cours de la dernière semaine sont en effet venues atténuer les conditions sèches des dernières semaines.

  • Enfin, certains jugent qu'avec la hausse des derniers mois et la dernière correction qui a eu lieu, ceux-ci pourraient maintenant plafonner pour le moment. D'autres ont eu aussi tôt fait de relever des signaux « techniques » qui laisseraient aussi planer le doute d'une nouvelle correction importante des prix.

 

En somme, pour résumer le contexte de marché au terme de la 1re semaine de mars 2011, un nouveau souffle d'optimisme est parvenu à relancer les prix des grains. Fondamentalement, du côté de l'offre et la demande de grains, plusieurs éléments intéressants sont également venus appuyer cette relance et laissent même planer l'idée que de nouveaux ajustements à la baisse des inventaires américains de fin d'année pourraient avoir lieu. Toutefois, il n'en reste pas moins que pour l'instant, ce contexte d'offre et demande n'a que très peu changé. Il favorise toujours des prix des grains élevés, mais ne justifierait pas nécessairement aux yeux de certains une nouvelle hausse importante de leur valeur. Des incertitudes laissent aussi les marchés sur leur garde et il faudra certainement plus de nouvelles distinctement optimistes (« bullish ») pour permettre aux prix des grains d'atteindre de nouveaux sommets.

 

Prix du maïs

Le prix du maïs a profité d'un nouvel engouement des marchés en début de semaine pour retourner à des niveaux très élevés cette semaine. Par prudence, il semble toutefois que les marchés n'aient pas été en mesure de permettre au prix du maïs de briser son dernier sommet du 22 février dernier à 7,4425 $US/boisseau (293 $US/TM).

Sur le contrat à terme de mai 11, ceci n'aura pas empêché pour autant le prix du maïs de progresser au terme de la semaine du 28 février 11 de 0,1550 $US/boisseau (5,94 $CAN/TM) pour clôturer à 7,2875 $US/boisseau (279 $CAN/TM).

Corn tech MT 4 march 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Techniquement, sur le contrat à terme de mai 11, le prix du maïs fait donc toujours face à une résistance importante à 7,4425 $US/boisseau (293 $US/TM). En mettant fin à sa correction de la semaine dernière, il est intéressant de noter cependant qu'une nouvelle tendance toujours haussière serait maintenant bien en place. Élément à surveiller au cours des prochains jours, il semble qu'un « triangle ascendant » soit en place (traits jaunes). Ceci confirme que si la résistance à 7,4425 $US/boisseau (293 $US/TM) est définitivement brisée, une nouvelle poussée du prix du maïs pourrait avoir lieu. Le prochain niveau de résistance très important à surveiller serait alors le sommet historique atteint en 2008 à 7.79 $US/boisseau (307 $US/TM). Le comportement du prix du maïs au cours de la semaine prochaine doit donc est surveiller de près, particulièrement en début de semaine alors qu'un bris de la résistance à 7,4425 $US/boisseau (293 $US/TM) pourrait susciter un nouvel enthousiasme des marchés à son égard.

 

Prix du soya

Après plusieurs semaines difficiles, il semble que les marchés ont finalement trouvé un motif acceptable pour relancer le prix du soya à la hausse : les difficultés des récoltes et de manutention du soya en raison des conditions pluvieuses au Brésil. La progression intéressante des exportations américaines de soya est aussi venue appuyer favorablement la reprise de son prix.

Au terme la semaine, le prix du soya a pu ainsi profiter de cette situation pour réaliser un bond important de 0,5150 $US/boisseau (18,42 $CAN/TM) et s'établir à nouveau au-dessus de la barre psychologique de 14 $US/boisseau à 14,14 $US/boisseau (505,67 $CAN/TM).

Soy tech MT 4 march 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Techniquement, sur le contrat à terme de mai 11, il semble que le retour à la hausse du prix du soya permet t'établir une nouvelle tendance à la hausse à moyen terme (vert). Par contre, il reste maintenant à définir si cette tendance est bien en place ou si une tendance neutre variant entre 13$US/boisseau et 14,6750 $US/boisseau (539 $US/TM) ne serait pas en développement. Dans cette perspective, le bris de sa résistance importante établie à son dernier sommet du 9 février dernier à 14,6750 $US/boisseau (539 $US/TM) demeure donc à surveiller au cours des prochains jours/semaines.

 


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