Les prix des grains ont continué de progresser à des nouveaux sommets aujourd'hui alors que les marchés chercheraient à investir dans des secteurs financiers qui, fondamentalement, offrent le plus d'assurance de continuer à être profitable. Le retour à la hausse de la valeur du dollar américain après deux jours de recul significatif, ainsi que la stabilité actuelle du prix du pétrole depuis son rebond de lundi auraient cependant freiné dans leur course les prix des grains. Les incertitudes entourant la situation en Égypte auraient aussi incité les marchés à la prudence.
En Égypte, les manifestations continuent de faire rage. Au cours des derniers jours, le président de l'Égypte, M. Hosni Moubarak, a tenté plusieurs initiatives (remaniement de certains de ses conseillers impopulaires, annonce de la fin de son mandat en septembre prochain, etc.) pour calmer l'animosité du peuple égyptien. Mais rien ne serait satisfaisant. Il semble toujours que seule une démission du président égyptien pourrait venir à bout des manifestants.
Pour les marchés financiers, cette situation est inquiétante. Après le soulèvement populaire en Tunisie, et maintenant en l'Égypte, certains craignent que ces crises au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ne gagnent d'autres pays voisins. D'autres s'inquiètent aussi des répercussions que pourraient avoir sur le Canal de Suez et le commerce de pétrole l'aggravation des manifestations en Égypte.
De manière paradoxale, ces incertitudes pourraient profiter au marché des grains. Derrière ces crises populaires se cache sournoisement un problème d'inflation alimentaire important. Ceci donne à penser pour plusieurs que, pour réduire les tensions populaires, une augmentation des importations de grains par les pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord serait à prévoir ce qui, par la force des choses, en favoriserait éventuellement la hausse de leur valeur sur les marchés.
Il est aussi difficile de passer sous silence aujourd'hui l'importante tempête hivernale qui a frappé particulièrement le « Midwest » américain, frôlant même par la suite au passage le sud de la province de Québec. Certaines régions, dont Chicago, auraient connu des accumulations de neige de près de 2 pieds. Pour les grains, en dehors de certains ralentissements dans leur manutention pour les prochains jours, rien t'inquiétant pouvant susciter l'intérêt des marchés n'est à signaler.
Par contre, suivant cette importante tempête, des températures très froides sont toujours attendues qui devraient frapper notamment le centre des États-Unis et affecter selon certain jusqu'à 50-75% des cultures de blé d'hiver au cours des prochains jours. Par la suite, une autre vague de températures très froides serait attendue à nouveau au cours de la semaine prochaine, ce qui accentuerait les risques de dommages aux cultures de blé d'hiver américain.
Mentionnons aussi qu'en Australie, 4e plus important exportateur de blé dans le monde après les États-Unis, l'Union Européenne et le Canada, un important cyclone aurait affecté aujourd'hui le pays qui peine toujours à ce remettre des dommages qu'ont occasionné au cours des dernières semaines les inondations exceptionnelles rapportées.
Considérant ces situations météorologiques particulières aux États-Unis et en Australie, c'est donc sans surprise que la valeur du prix du blé a connu une progression très intéressante aujourd'hui en gagnant 0,2750 $US/boisseau (9,99 $CAN/TM) pour clôturer à 8,6325 $US/boisseau (313,70 $CAN/TM) sur le contrat à terme de mars 11.

Prix du maïs
Supporté par l'idée que les tensions au Moyen-Orient puissent s'aggraver et inciter les investisseurs à rechercher des valeurs d'investissements plus « sûres », le prix du maïs est finalement parvenu à briser sa dernière résistance importante la nuit dernière pour atteindre brièvement aujourd'hui un nouveau sommet à 6,7450 $US/boisseau (262,62 $CAN/TM). Par la suite, la relance du dollar américain serait venue à bout de calmer l'enthousiasme des marchés à l'égard du maïs.
Sur le contrat à terme de mars 11, le prix du maïs a ainsi gagné aujourd'hui 0,0075 $US/boisseau (0,29 $CAN/TM) pour terminer à 6,6725 $US/boisseau (259,80 $CAN/TM).
Selon David Fiala, analyse contributeur chez DTN et président de FuturesOne, le fait que le prix du maïs soit finalement parvenu à fermer au-dessus de sa dernière résistance importante qui était établie à 6,67 $US/boisseau signalerait que d'autres achats à la hausse seraient maintenant à prévoir, signe positif.
Techniquement, sur le contrat à terme de mars, le prochain objectif important pour le prix du maïs serait maintenant de briser sa barrière psychologique établie à 7$US/boisseau (276 $US/TM). Rappelons que lors de la dernière envolée des prix des grains en 2008, le prix du maïs avait atteint un sommet à 7,79 $US/boisseau (307 $US/TM). Plusieurs événements pourraient encore freiner la tendance haussière du prix du maïs. Cependant, la marche n'est plus très haute avant que de nouveaux sommets historiques ne soient atteints. Et, rien n'est impossible considérant le contexte actuel très dynamique des marchés financiers, les niveaux très serrés des inventaires ainsi que la fermeté de la demande qui se fait toujours sentir malgré les prix élevés.
Prix du soya
Le prix du soya a continué d'atteindre de nouveaux sommets inégalés depuis juillet 2008 aujourd'hui. Au terme de la journée, sur le contrat à terme de mars, il a gagné 0,07 $US/boisseau (2,54 $CAN/TM) pour terminer à 14,45 $US/boisseau (525,12 $CAN/TM), non sans avoir frôlé au passage un haut intéressant de 14,52 $US/boisseau (527,66 $CAN/TM).
En plus de l'attrait qu'auraient les investisseurs financiers pour un marché comme celui du soya présentement, sa valeur aurait continué de profiter des incertitudes entourant la mésentente qui perdure entre le gouvernement argentin et ses producteurs. La demande mondiale de soya qui ne semble pas s'estomper, particulièrement celle chinoise, continuerait aussi de susciter beaucoup d'enthousiasme.
À ce titre, mentionnons d'ailleurs que d'autres ventes à l'exportation de soya américain auraient été confirmées par le USDA aujourd'hui.
En Argentine, le gouvernement serait parvenu à mettre un terme pour l'instant aux manifestations syndicales dans les ports du pays et un retour à la normale serait attendu au cours des prochains jours. Par contre, certains craignent que plusieurs autres manifestations pourraient survenir au cours des prochaines semaines/mois, ce qui pourrait à nouveau nuire aux exportations du pays et entacher la réputation de l'Argentine comme fournisseur fiable de soya dans le monde.
Techniquement, sur le contrat à terme de mars 11, la prochaine résistance importante à surveiller pour le soya serait située à 14,70 $US/boisseau (540 $US/TM) avec un support immédiat en formation autour de 14,35 $US/boisseau (527 $US/TM).
