Le Discours sur l'état de l'Union du président des États-Unis, Barack Obama, présenté hier a été perçu favorablement par les marchés financiers. Supportés également par le contexte de possibilité de « pénurie » du blé dans certains pays du Nord de l'Afrique et du Moyen-Orient et le fait que plusieurs d'entre eux seraient sur le point de sécuriser des quantités significatives de blé, les prix des grains sont retournés dans l'ensemble à la hausse aujourd'hui. Le retour à la hausse du prix du pétrole ainsi que la baisse de la valeur du dollar américain auraient également contribué à les relancer.
Prix du maïs
Le prix du maïs est retourné à la hausse aujourd'hui, supporté par le contexte de marché du blé qui canalise beaucoup d'attention présentement, mais également le sentiment général des marchés financiers plus favorable.
Sur le contrat à terme de mars 11, il a ainsi gagné 0,1475 $US/boisseau (5,79 $CAN/TM) pour clôturer à 5,79 $US/boisseau (258,51 $CAN/TM).
Le prix du maïs continuerait aussi de profiter toujours de la précarité des inventaires de maïs prévue aux États-Unis pour la fin de l'année commerciale 2010-11. Selon le dernier rapport mensuel du USDA, ceux-ci devraient s'établir à moins de 19 millions de tonnes soit, le niveau d'inventaire américain de maïs le moins élevé depuis 1995-96. La moindre possibilité que la demande de maïs américain progresse à nouveau à la hausse rend donc très nerveux les marchés.
À cet effet, selon les propos de Sterling Liddell, vice-président de Rabo Agrifinance, présenté dans un article paru sur le site de nouvelles Bloomberg aujourd'hui, la Chine pourrait « virtuellement » venir à manquer de maïs alors que l'industrie porcine chinoise ne cesse de croître et d'en consommer plus.
« Toute l'année, la Chine a dit qu'elle disposait de quantité suffisante de maïs. Le prix du maïs est au dessus de 8,50 $US/boisseau (335 $US/TM). Ils ont banni l'usage industriel de maïs, sauf pour l'élevage de bétail. La Chine n'a virtuellement plus de maïs. Ils ont et continue d'acheter du blé fourragé sur les marchés. »
Cette idée, qui circule d'ailleurs depuis un certain temps sur les marchés, donne à penser qu'invariablement, tôt ou tard, la Chine sera donc forcée d'acheter sur les marchés internationaux du maïs. Et, par la force des choses, les États-Unis étant le plus important producteur et exportateur de maïs dans le monde, tout indique que d'importants achats de maïs américain pourraient avoir lieu au cours des prochains mois.
Toujours selon ce même article paru sur le site de nouvelles Bloomberg, la production hebdomadaire d'éthanol aux États-Unis aurait gagné 1% de plus la semaine dernière pour atteindre 922 000 barils par jour. Cette nouvelle survient alors que, la semaine dernière, l'EPA (US Environmental Protection Agency) a annoncé qu'elle autorisait finalement aux États-Unis l'usage d'éthanol dans l'essence pour les voitures fabriquées entre 2001 et 2006.
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Considérant la situation en Chine et le dynamisme que connaît présentement l'industrie de l'éthanol aux États-Unis, la possibilité que le niveau des inventaires américains de fin d'année soit à nouveau révisé à la baisse cette année n'est donc définitivement pas exclue, ce qui contribue à supporter toujours grandement le prix du maïs.
Cette situation donne d'ailleurs à penser pour certains que des baisses comme celle d'hier représentent en fait d'excellentes opportunités d'acheter considérant le contexte de marché que l'on connaît. C'est ce que croit Tim Hannagan, analyste senior des marchés chez PFGBest.com :
« Vous vous devez d'acheter sur des baisses (« breaks ») puisque le maïs et le soya ne montrent aucun signe de ralentissement de la demande. »
Techniquement, sur le contrat à terme de mars 11, le prix du maïs fait face à une premièrement résistance à surveiller à son dernier sommet des 2 ½ dernières années établies vendredi dernier à 6,67 $US/boisseau (263 $US/TM). Ses premiers supports à court terme seraient toujours situés à 6,2925 puis 6,2750 $US/boisseau (248 et 247 $US/TM).
Prix du soya
Le prix du soya a pu profiter du contexte général des marchés financiers positifs ainsi que des hausses des prix du blé et du maïs pour reprendre du terrain aujourd'hui. La confirmation de nouvelles ventes de soya par les exportateurs américains à la Chine pour un total de 227 000 tonnes (30 000 tonnes cette année et 167 000 tonnes pour 2011-12) aurait également joué en faveur de son prix aujourd'hui.
Sur le contrat à terme de mars 11, le prix du maïs a ainsi gagné 0,1050 $US/boisseau (13,85 $CAN/TM) pour terminer à 13,85 $US/boisseau (507,28 $CAN/TM).
Le fait que les conditions météorologiques en Amérique du Sud, particulièrement en Argentine, continueraient de s'améliorer de jour en jour limiterait cependant la capacité du prix du soya à progresser de manière importante pour l'instant.
Depuis maintenant pratiquement 2 semaines, les producteurs argentins sont en grève. Ils exercent de nombreux moyens de pression sur leur gouvernement en vue de gagner de meilleurs salaires pour faire face à l'inflation auquel l'Argentine serait sujet cette année. Les marchés ne réagissent cependant que très peu à cette nouvelle jusqu'à présent. Il reste encore plusieurs semaines avant que la récolte ait lieu et, pour l'instant, les effets de ces manifestations n'ont pratiquement aucun impact sur les activités de manutention et d'exportation de grains (maïs et soya) argentins.
Techniquement, le prix du soya serait présentement plus fragile en raison d'une tendance saisonnière voulant que celui-ci recule à partir de ce moment-ci de l'année. Contextuellement, l'amélioration de la situation en Argentine irait en ce sens. Le prochain niveau de support important à surveiller serait situé autour de 13,50-13,55 $US/boisseau (496-498 $US/TM).

