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Survol du marché des grains pour la semaine du 17 janvier 2011

24 janvier 2011,

À l'exception du soya, les prix des grains ont continué de poursuivre leur ascension la semaine dernière alors que le sentiment général des marchés financiers à leur égard ne cesse de les supporter. Entre l'ouverture et la fermeture des marchés pour la semaine du 17 janvier 2011 :

  • Maïs (mars 11) : + 0,0375 $US/boisseau ( + 1,47 $CAN/TM) à 6,5725 $US/boisseau ( 257,22 $CAN/T)

  • Soya (mars 11) : - 0,07 $US/boisseau ( - 2,56 $CAN/TM) à 14,1225 $US/boisseau ( 515,85 $CAN/T)

  • Blé (mars 11) : + 0,36 $US/boisseau ( + 13,15 $CAN/TM) à 8,2450 $US/boisseau ( 301,17 $CAN/T)

 

Bien que plusieurs facteurs puissent expliquer cette poursuite de la hausse des prix des grains, il n'en reste pas moins que fondamentalement, c'est le contexte particulièrement serré de leur offre et demande pour 2011 qui demeure le centre d'attention.

Sur cette base, selon le dernier rapport sur les engagements des négociants (Commitment of traders) à la Bourse de Chicago du CFTC de la semaine dernière, les joueurs non commerciaux (fonds d'investissements et spéculateurs) continuent ainsi de consolider leurs positions « acheteur » (- Long -) à des niveaux records. Dans le maïs, ils ont ainsi accru leur position de 38 094 contrats à 430 493 contrats et dans le soya de 12 706 contrats à 183 282 contrats.

Pour un survol du dernier rapport des engagements des négociants du CFTC (en anglais) : Commitment of Traders

Supporté par cet intarissable enthousiasme, sur le contrat à terme de mars, le prix du maïs a d'ailleurs atteint un nouveau sommet vendredi dernier à 6,67 $US/boisseau (263$US/boisseau), niveau inégalé depuis le mois de juillet 2008, année au cours de laquelle les prix des grains avaient atteint des niveaux records.

La valeur du blé n'a pas été en reste non plus. Toujours sur le contrat à terme de mars, son prix a été très près de dépasser la semaine dernière son dernier sommet de l'année à 8,41 $US/boisseau (309 $US/TM) établie au mois d'août dernier en atteignant 8,3950 $US/boisseau (308 $US/TM).

En fait, seul le soya n'aura pas capté l'attention des marchés la semaine dernière. Bien qu'à un niveau très serré, il semble que les inventaires américains de fin d'année 2011 demeurent moins préoccupants aux yeux des marchés pour l'instant que ceux du maïs. Le fait que le Brésil soit toujours dans la course pour une importante récolte de soya cette année aurait également contribué à tempérer les inquiétudes des marchés. Cependant, il n'en reste pas moins que la situation du soya pourrait rapidement changer. Mentionnons à ce titre le fait que la Chine ait confirmé l'achat de 11,52 millions de tonnes de soya américain entre jeudi et vendredi dernier.

Cette semaine, l'attention des marchés devrait se porter de plus en plus sur les superficies que devront ensemencer les américains cette année pour répondre à la demande au cours de 2011-12. Déjà, certaines firmes d'analyses des marchés ont présenté leurs estimés, notamment Informa Economics qui prévoit à 90,9 millions d'acres les ensemencements de maïs et 76,6 millions d'acres ceux de soya aux États-Unis. Selon le USDA, l'an dernier aux États-Unis, 88,2 millions d'acres de maïs et 77,4 millions d'acres de soya avaient été semés.

Il devrait donc y avoir cette année une augmentation des ensemencements de maïs et une diminution de ceux de soya. Cette éventualité est problématique pour le soya puisque déjà l'an dernier, les producteurs américains ont peiné à fournir une quantité suffisante pour répondre à la demande. La guerre des acréages est donc ouverte et, pour l'instant, le prix du soya pour la prochaine récolte se devra très certainement de gagner du terrain par rapport à celui du maïs afin de gagner un peu plus les faveurs des producteurs cette année.

Il faut continuer de surveiller également cette semaine le comportement de la Chine alors que le pays montre des signes de plus en plus distincts qu'il augmentera ses achats de grains sur les marchés internationaux en vue de répondre à la demande domestique et afin de contrôler l'inflation alimentaire.

 


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