Au terme de la semaine du 13 janvier, les prix des grains ont continué dans l'ensemble de gagner du terrain :
Maïs (mar. 11) : +0,1875 $US/boisseau (+7,44 $CAN/TM) à 5,9550 $US/boisseau (236,26 $CAN/TM)
Soya (jan. 11) : +0,1875 $US/boisseau (+6,94 $CAN/TM) à 12,9875 $US/boisseau (480,93 $CAN/TM)
Blé (mar. 11) : -0,16 $US/boisseau (-5,92 $CAN/TM) à 7,58 $US/boisseau (280,69 $CAN/TM)
Malgré l'approche de la fin de 2010 et du début des temps des fêtes, les marchés financiers demeurent ainsi favorables à ce que les prix des grains progressent.
Aux États-Unis, les demandes hebdomadaires d'assurance chômage continuent de baisser et, le US Census Bureau a révélé que, pour le mois de novembre, les constructions de maison ont progressé de 3,9%. Bien qu'elle demeure précaire, la reprise de l'économie américaine serait donc sur la bonne voie. Ces nouvelles surviennent alors même que le gouvernement américain a annoncé la semaine dernière de nouvelles mesures monétaires visant à relancer l'économie américaine. C'est donc sans surprise que la valeur du dollar américain, qui était en chute libre depuis le mois de juin, a poursuivi sa reprise entamée au cours du mois de novembre dernier.
Pour les grains, ce nouveau contexte de l'économie américaine a des conséquences partagées. D'un côté, une reprise de l'économie inciterait à plus de consommation de grains au cours de 2011, notamment du côté de la fabrication de biocarburants faits à partir de grains (éthanol et biodiésel). De plus, selon certain, le fait que plusieurs stimulus économiques soient mise en place par le gouvernement américain inciterait aussi les investisseurs à se prémunir de protections contre une inflation éventuelle, soit en investissant dans des commodités comme les grains et l'or.
Par contre, d'un autre côté, le fait que l'économie américaine reprendrait de la vigueur favorise aussi un dollar américain plus fort ce qui, à moyen terme, pourrait nuire aux exportations américaines de grains.
En Europe, la situation demeure ambigüe. Malgré que les difficultés financières de la Grèce et de l'Irlande soient maintenant sous contrôle, les marchés s'inquiètent toujours du sort de d'autres pays qui seraient en difficultés, particulièrement l'Espagne qui doit rembourser des dettes colossales au cours de la prochaine année. Les principaux dirigeants de l'Union Européenne doivent d'ailleurs se rencontrer à ce sujet au cours de la semaine. Comme ce fût le cas au cours de l'épisode de l'Irlande il y a quelques semaines, les marchés financiers pourraient alors très bien connaitre des soubresauts avantageux ou non selon l'issue de cette rencontre, celui des grains n'étant pas en reste.
Enfin en Amérique du Sud, malgré de nombreuses averses rapportées au cours des derniers jours, la situation demeure toujours très préoccupante et ne cesse de stimuler les prix des grains sur les marchés. En Argentine, plusieurs régions n'auront pas connu assez d'averses pour reconstituer des réserves d'eau acceptables dans les sols alors qu'au Brésil, bien que la situation soit moins problématique, plusieurs régions demeurent aussi confrontées à des conditions toujours très sèches. Cette situation inquiétante pour les cultures de grains survient alors que celles-ci devront prochainement traverser une première période critique de leur développement soit, dans le cas du maïs, la pollinisation.
Contextuellement, la situation générale des marchés est donc favorable à ce que les prix des grains progressent, et ce, malgré le fait que la période des fêtes en est une de l'année au cours de laquelle les marchés financiers tournent au ralenti. Bien que rien ne puisse être défini d'avance, plusieurs analystes estiment cependant que la demande de grains pourrait très bien gagner en vigueur au début de 2011. Considérant le contexte déjà très précaire de disponibilité de grains pour 2011, leurs prix pourraient donc connaitre de nouveaux rallies suivant la parution du prochain rapport mensuel du USDA, prévu le 12 janvier prochain. Or, cette idée étant maintenant largement partagée par plusieurs, les activités de certains joueurs (fonds d'investissements financiers et spéculateurs) pourraient même d'ici la fin de 2010 faire en sorte que les prix des grains termineront l'année plus en avance que prévu.
