Faits saillants de la semaine
Récolte hâtive aux État-Unis - Le début de la récolte de maïs aux Etats-Unis pourrait être la plus hâtive que le pays aura connu depuis 10 ans selon Reuters. Lundi dernier, le USDA a révélé dans son rapport hebdomadaire que 11% de la récolte de maïs était complétée aux Etats-Unis, ce qui est une avance non négligeable par rapport à la moyenne des 5 dernières années de 6% de complétée pour cette période-ci de l'année. 52% du maïs américain serait également mature contre la moyenne des 5 dernières années de 32%.
Rendements des producteurs de maïs aux Etats-Unis - Les rendements des producteurs de maïs ne seraient toujours pas au rendez-vous et les marchés anticipent déjà une nouvelle révision à la baisse par le USDA de son estimation du rendement moyen prévu pour cette année aux Etats-Unis lors de la présentation de son prochain rapport mensuel le 8 octobre prochain. Certains spécialistes estiment déjà que le rendement moyen des producteurs américains de maïs pourrait même être inférieur à 159 boisseaux/acre (10TM/ha). Si cette éventualité se confirme, les inventaires américains de fin d'année pourraient atteindre un seuil très critique, propulsant par la même occasion à de nouveaux sommets le prix du maïs à la Bourse de Chicago.
Du maïs à 6 $US/boisseau - En raison de la précarité des inventaires de maïs américain anticipée pour 2010-11 ainsi que de la vigueur de la demande mondiale de maïs prévue, de plus en plus d'analystes et spécialistes anticipent que le prix du maïs devrait irrémédiablement atteindre 6$US/boisseau (236$US/TM) au cours de 2010-11.
Des gelées font grimper les prix des oléagineux - Vendredi le 17 septembre, des gelées importantes ont rapporté dans les Prairies de l'Ouest du Canada, dans certaines régions du Nord des Etats-Unis ainsi que dans le Nord de la Chine. Se sont surtout les cultures de soya et de canola qui auraient été affecté par ces gelées. Suivant cette nouvelle, les prix du canola et du soya ont bondi sur les marchés.
Des ventes à l'exportation de grains américains décevantes - Pour une deuxième semaine consécutive, les ventes à l'exportation de grains américains ont été très faibles.(voir le tableau sommaire des exportations et ventes à l'exportation de grains américains du USDA) Rappelons qu'au cours des mois de juillet et aoûts, celles-ci se sont révélées très fortes alors même que les prix des grains étaient en pleine ascension sur les marchés. Bien qu'il soit encore trop tôt pour que la situation ne soit inquiétante, ceci laisse à penser que les fortes ventes à l'exportation de grains américains au cours des deux derniers mois auraient pu être motivé surtout par des achats basés sur la seule inquiétude que les prix des grains ne deviennent trop élevés, et non basés sur un progression réelle de la demande. C'est l'une des craintes que soulève Darrel Good, agroéconomiste de l'Université de l'Illinois, dans un article publié sur le site de AgWeb.com : Questions Remain for Corn, Soybean Markets
La spéculation continue - Bien que plusieurs d'entre eux ont réalisé de légères prises de profits cette semaine, les spéculateurs et fonds d'investissements financiers seraient toujours très présent dans le marché des grains. Ceux-ci hésiteraient à fermer leurs positions et engranger leurs profits puisque plusieurs anticipent toujours une progression intéressante du prix des grains aux cours des prochaines semaines, plus particulièrement dans les jours qui précéderont la parution du prochain rapport mensuel du USDA du 8 octobre prochain. Il est généralement reconnu que la forte présence des spéculateurs et fonds d'investissements financiers sur les différents marchés boursiers comme celui des grains accentue la volatilité des prix (capacité à réagir rapidement à la hausse ou à la baisse) et fait en sorte que ceux-ci reflètent moins bien en certaines occasions l'état fondamental (offre et demande) réelle des marchés concernés.
Le prix du maïs au-dessus de 5 $US/boisseau - Après plusieurs jours d'hésitation, le prix du maïs sur le contrat à terme de décembre 10 est finalement parvenu à briser cette semaine la barre importante des 5$US/boisseau (197$US/TM). Il a par la suite testé un nouveau sommet inégalé depuis le mois de septembre 2008 à 5,1725 $US/boisseau (204 $US/TM).
Le prix du soya à un nouveau sommet pour 2010 - Le prix du soya est parvenu à réaliser un bond important de sa valeur vendredi suivant l'annonce que des gelées importantes ont pu affecter les cultures de soya et canola au Canada, en Chine et dans certaines régions des Etats-Unis. Sur le contrat à terme courant (novembre 10) il a atteint 10,72 $US/boisseau (394 $US/TM).
Prix du maïs
Supporté toujours par les inquiétudes des marchés par rapport aux rendements qu'obtiendront les producteurs américains cette année et la précarité prévue des inventaires de maïs aux Etats-Unis cette année, le prix du maïs a clôturé à la hausse pour une 8e semaine consécutive, brisant au passage l'importante barrière psychologique des 5$US/boisseau (197$US/TM). Sur le contrat à terme de décembre 10, le prix du maïs a ainsi gagné cette semaine 0,3425 $US/boisseau (11,92 $CAN/TM) pour clôturer à 5,1250 $US/boisseau (207,52 $CAN/TM).
Tout au long de la semaine, les marchés ont profité des inquiétudes qui entourent la production de maïs aux Etats-Unis cette année pour s'approcher de la barre des 5$US/boisseau (197$US/TM). Par contre, cette progression aura été marquée d'un recul en début de semaine alors que certains spéculateurs et fonds d'investissements financiers auraient réalisé certaines prises de profits. Toutefois, dynamisé par de nouvelles craintes entourant entres autres les productions de soya dans certaines régions des Etats-Unis et du Canada ainsi qu'en Chine, les marchés se sont à nouveau emballé et ont permis au prix du maïs de franchir sans difficulté sa résistance à 5$US/boisseau (197 $US/TM).
Aucune nouvelle particulière qui aurait pu changer concrètement le contexte d'offre et demande de maïs que l'on connaît présentement n'est cependant survenue cette semaine. Seul le gouvernement Chinois aurait annoncé une révision à la hausse de sa production de maïs de 1 millions de tonnes pour cette année.
La hausse du prix du maïs de cette semaine demeure ainsi distinctement appuyée sur l'éventualité que les rendements des producteurs américains seront moindres cette année et que, à cet effet, leurs inventaires de maïs pourraient atteindre un seuil encore plus critique que prévu.
Animé par cette idée, comme le rappellent plusieurs analystes, se seraient principalement les fonds d'investissements financiers et les spéculateurs qui auraient pris le contrôle du prix du maïs. C'est ce que laisse entendre entre autre Tim Hannagan, analyste sénior chez PFGBest.com dans un article présenté sur le site de Agriculture.com :
« En fait, tout le monde veut démontrer qu'ils profite d'une manière ou d'une autre de la hausse actuelle pour avoir l'air brillant. Mais la réalité est que, c'est la 8e semaine consécutive que nous avons des prix plus élevés le vendredi. Et ce vendredi, comme celui de la semaine dernière, c'est encore à propos des mauvais rendements (américains) prévus pour la fin de semaine. Ceci nous donne le 8e dimanche soir (marché électronique) et lundi de prix les plus élevés de suite. Les fonds d'investissements en ont développé une habitude et on peut prévoir la même chose la semaine prochaine. Mais attendez-vous à ce qu'il y ait aussi des prises de profits de fin de mois avec une baisse de prix après lundi. »
À moyen terme, mentionnons que certains facteurs sont à surveiller puisqu'ils pourraient mettre éventuellement un terme à la forte croissance du prix du maïs des dernières semaines. Parmi ceux-ci, l'analyste des marchés chez DTN David Fiala rappelle que la Chine pourrait avoir une récolte de maïs plus importante que prévue cette année, ce qui réduirait alors les exportations américaines importantes qui y sont présentement prévues cette année.
Techniquement, cette semaine, le prix du maïs a brisé plusieurs niveaux de résistances importantes, autant sur le contrat à terme courant (décembre 10) que sur ceux des prochains mois. Ceci est un élément positif (« bullish ») pour le prix du maïs qui incite davantage les marchés à prendre position. Sur le contrat à terme de décembre 10, les tendances à court et moyen terme demeurent en forte hausse. La prochaine résistance à surveiller pour la semaine prochaine serait maintenant établie entre 5,15 et 5,20 $US/boisseau (203-205 $US/TM).
Prix du soya
Après plusieurs jours sans direction apparente, voir même en légère baisse, le prix du soya a pu profiter d'une nouvelle vague d'intérêt de la part des marchés vendredi pour clôturer en forte hausse de 0,3275 $US/boisseau (12,34 $CAN/TM) à 10,69 $US/boisseau (402,65 $CAN/TM) sur le contrat à terme de novembre 10. Il s'agit d'une progression hebdomadaire très intéressante de 0,38 $US/boisseau (10,44 $CAN/TM).
Les marchés ont fortement réagi vendredi à l'annonce que des gelées importantes ont touché le Nord des États-Unis, les Prairies de l'Ouest du Canada ainsi que le Nord de la Chine. Les cultures du soya et du canola étant les principales concernées, bien que certaines régions affectées aient également comporté du maïs, se sont leur prix sur les marchés qui en ont le plus bénéficié.
Suite à cette annonce, le prix du soya a été en mesure de briser sans difficulté sa résistance importante autour de 10,50 $US/boisseau (386 $US/TM), niveau jugé jusqu'à présent infranchissable par certains analystes. Le bris de cette résistance a dynamisé d'autant l'intérêt des marchés pour le soya, portant ainsi sa valeur à un nouveau sommet pour 2010 de 10,72 $US/boisseau (394 $US/TM).
Fondamentalement, il demeure difficile d'évaluer pour l'instant l'incidence qu'aura sur les productions de soya et de canola les différentes gelées qui ont été rapporté. Par conséquent, il est d'autant plus complexe d'établir s'il y a lieu de déjà envisager une nouvelle révision à la baisse des niveaux d'inventaires de fin d'année de soya et de canola dans le monde, ce qui justifierait alors une hausse du prix de ces oléagineux. Cependant, considérant la fébrilité des marchés et leur volatilité actuelle, il y a tout lieu de croire pour l'instant que la hausse importante du prix du soya de vendredi demeure surtout fondée sur un regain d'intérêt des spéculateurs et fonds d'investissements financiers.
Rappelons également que, si les rendements actuels des producteurs américains de maïs déçoivent toujours, ceux des producteurs américains de soya demeurent bons, voir même dans certains cas exceptionnels aux dires de certains. L'éventualité que le USDA révise à nouveau à la hausse le rendement moyen des producteurs américains de soya cette année n'est donc pas chose impossible et pourrait nuire au prix du soya éventuellement. Cependant, même si cette hypothèse se vérifie prochainement, le prix du soya ne devrait pas se corriger de manière importante tant et aussi longtemps que le prix du maïs continuera sa forte progression sur les marchés.
Techniquement, sur le contrat à terme de novembre, le prix du soya a mis fin sa tendance neutre qui était en place depuis le mois d'août dernier. En retournant en forte hausse vendredi, il a également confirmé que sa tendance haussière à plus long terme demeurait en place. Le bris de sa forte résistance à 10,50 $US/boisseau (386 $US/TM) est un signal très positif (« bullish ») aux yeux des marchés et ouvre maintenant la porte à ce que le prix du soya test une nouvelle résistance autour de 10,80 $US/boisseau (387 $US/TM).
Nouvelles en vrac
La China National Grain & Oils Information Center a revu à la hausse la production chinoise de maïs pour cette année à 169 millions de tonnes. Par la même occasion, cette organisation a aussi augmenté sa prévision de production de soya de la Chine à 14,8 millions de tonnes. L'an dernier, selon le USDA, la Chine aurait produit 155 millions de tonnes de maïs et 14,4 millions de tonnes de soya. Après les Etats-Unis, la Chine est le deuxième plus important producteur et consommateur de maïs. Elle est également le principal pays consommateur de soya dans le monde et figure au 4e rang des principaux producteurs de soya.
Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde devrait reculer de 9,6% cette année à 925 millions. Il s'agit du 1er déclin en 15 ans. Présentement, la population mondiale serait de 6,89 milliards de personnes, ce qui laisse entendre que plus de 13% d'individus serait maintenant sujet à un manque de nourriture. La hausse importante du prix des grains de 2007 et la récession de 2009 avaient fait grimper ce pourcentage à près de 15% de personnes souffrant de la faim dans le monde.
Un article de Linda H. Smith publié sur le site de AgWeb.com, révèle que les prix des engrais seraient à nouveau en hausse. Suivant la progression importante du prix des engrais, en 2008-09, plusieurs producteurs avaient réduit considérablement leur consommation. Il s'en est suivi une hausse importante des stocks mondiaux et une baisse importante des prix. Cependant cette année, avec la hausse importante du prix des grains, en raison d'inventaires mondiaux d'engrais moins importants et avec un regain de la vigueur de la demande, les prix des engrais seraient à nouveau en hausse. Selon le reportage de Linda H. Smith, aux Etats-Unis, le diphosphate d'ammonium (DAP) aurait ainsi atteint sa valeur la plus élevée depuis Novembre 2008 en atteignant 500 à 520 $US/TM. Le prix de l'urée ne serait pas en reste et aurait également progressé au cours des derniers mois. Au Québec, selon deux sondages réalisés au cours des deux dernières années sur le site de Grainwiz, le prix des engrais aurait reculé de 30-40% en moyenne entre 2009 et 2010. (voir les résultats de ces sondages)
Le prix de l'orge devrait continuer de progresser cette année dans les Prairies de l'Ouest du Canada. C'est ce qu'aurait révélé cette semaine la Commission Canadien du Blé selon un article publié cette semaine sur le site de Country Guide. Selon cet organisme, le prix de l'orge pour 2010-11 devrait maintenant s'établir à 224$CAN/TM contre une prévision de 209$CAN/TM le mois dernier. Pour en savoir plus à ce sujet : Feed barley boosted in mid-month PRO
