*Suivant cette revue des marchés, veuillez prendre note que pour le reste de la semaine, il n'y en aura pas d'autres de publiées. La revue des marchés des grains reprendra ses activités en début de semaine prochaine.*
Après la hausse importante de leur valeur sur les marchés la semaine dernière, dans l'ensemble, le prix des grains a ouvert la semaine hier de manière défensive à l'approche du rapport mensuel sur l'état de l'offre et la demande du USDA qui sera présenté le jeudi 12 août.
La semaine dernière, suivant notamment l'annonce par le gouvernement russe jeudi de l'arrêt des exportations de grains jusqu'à la fin de 2010, les prix des grains ont connu une nouvelle envolée :
Le prix du maïs a atteint un nouveau sommet à 4,25 $US/boisseau (167 $US/boisseau) sur le contrat à terme de septembre 10 .
Le prix du soya a touché 10,55 $US/boisseau (388 $US/TM) sur le contrat à terme de septembre 10.
Le prix du blé a atteint un niveau inégalé depuis la fin du mois d'août 2008 à 8,41 $US/boisseau (309 $US/TM).
L'arrêt des exportations de grains russes jusqu'à la fin 2010 a été réalisé par le gouvernement de la Russie afin de réduire l'impact de la baisse importante de production de grains anticipée en raison de la sécheresse qui persiste toujours en Russie, particulièrement dans la région de la mer Noire et de l'Oural.

Fondamentalement, la forte tendance haussière du prix des grains des dernières semaines provient sans équivoque de la situation en Russie et des pertes appréhendées de production de blé qui en découle. Rappelons à ce titre que la Russie est le 5e plus important producteur mondial de blé et que, traditionnellement, il représente également l'un des 5 plus importants exportateurs de blé dans le monde.
Dans ce contexte, c'est sans surprise que depuis l'apparition puis l'aggravation de la sécheresse en Russie, la valeur du blé a pratiquement doublé, passant d'un creux de 4,2550 $US/boisseau (156 $US/TM) au début de juin dernier à un sommet de 8,41 $US/boisseau (309 $US/TM) le jeudi 5 août dernier.
Principalement par effet d'entrainement, au cours de cette même période, les prix des autres grains ont suivi la forte tendance à la hausse du prix du blé. Par contre, dans les faits, très peu d'éléments en dehors de la situation que l'on connaît pour le blé, ne justifie une hausse aussi forte des prix des autres grains.
Du côté du maïs, les conditions de cultures demeurent dans l'ensemble très bonnes aux États-Unis alors que, envers et contre tout, aucun élément ne semble toujours venir menacer concrètement la prochaine récolte américaine qui pourrait même atteindre un nouveau niveau record. Dans ce contexte, rien ne favorise ainsi une hausse aussi marquée du prix du maïs sur les marchés. Seul l'achat « inattendu » par la Chine de maïs américain la semaine dernière a renforcé l'idée que la demande de maïs pourrait continué de progresser au cours de la prochaine année, supportant par la même occasion le prix du maïs au passage.
Du côté du soya, certains facteurs justifient de manière plus concrète la hausse des dernières semaines du prix du soya, notamment la forte demande mondiale qui continue de se faire sentir, et ce, particulièrement du côté de la Chine. Bien que dans l'ensemble, les conditions de culture du soya aux États-Unis continuent d'être très bonnes, le prix du soya profite également du fait que le soya américain traverse toujours présentement une phase importante de son développement (formation et remplissage des gousses).
Pour cette raison, tant que les cultures de soya aux États-Unis n'auront pas complété cette phase critique de leur développement, les marchés continueront d'intégrer un « premium » au prix du soya, empêchant celui-ci de se replier de manière trop importante et lui permettant toujours de bondir au moindre signe d'avaries pouvant occasionner des baisses de rendements aux États-Unis.
Le prix des grains a ainsi su profiter au cours des dernières semaines de la situation en Russie pour réaliser une progression importante. Cependant d'un point de vue fondamental, aucun élément inquiétant ne semble toujours menacer dans l'ensemble l'état de l'offre et la demande de grains dans le monde et aux États-Unis.
Et même avec un peu de recul, comme le rappel au Dow Jones Newswire l'analyste du marché des grains Jason Roose de U.S. Commodities Inc., la situation réelle de l'offre mondiale de blé ne serait pas réellement dans une situation aussi inquiétante que ne le laissent sous-entendre les marchés avec la hausse du prix du blé des dernières semaines:
« Le manque à gagner de blé demeure confiné à un seul pays, la Russie. Est-ce que ça affectera vraiment le monde entier, probablement pas. »
Il n'en reste pas moins que, pour l'instant, même si le comportement des prix des grains ne reflète pas la situation réelle beaucoup moins inquiétante de l'état de l'offre et la demande de grains dans le monde, ceux-ci demeurent en hausse et ouvre la porte à de nouvelles importunités à ne pas manquer.
Par contre, la prudence est de mise. La hausse des prix des grains étant basée sur des éléments principalement techniques et spéculatifs, la situation devient de plus en plus risquée alors que ceux-ci franchissent semaine après semaine de nouveaux sommets.
Rapport mensuel du USDA
Le USDA présente jeudi son rapport mensuel sur l'état de l'offre et la demande de grains dans le monde et aux États-Unis. Ce rapport fera état pour la première fois d'un aperçu réel des productions de grains prévues pour cette année aux États-Unis basé sur un sondage auprès des producteurs américains.
Selon les prévisions des marchés :
La production de maïs américain devrait s'établir en moyenne autour de 337,38 millions de tonnes contre une estimation du USDA de 336,44 millions de tonnes le mois dernier.
La production de soya aux États-Unis devrait atteindre en moyenne 91,61 millions de tonnes alors que le mois dernier, le USDA anticipait une production de soya américain de 91,03 millions de tonnes.
Le rendement moyen que devraient obtenir les producteurs américains serait de 164,1 boisseaux/acre (10,29 TM/ha) pour le maïs et 43,2 boisseaux/acre (2,9 TM/ha).

