Le prix des grains connaît un regain depuis hier alors que l'attention des marchés se concentre toujours sur la situation des cultures en Russie et particulièrement celle du blé.
La Russie, ainsi que certaines régions d'Europe, est toujours aux prises avec des sécheresses importantes qui menacent ses productions de grains. Selon les derniers estimés disponibles, la production globale de grains pourrait ainsi passer de 81-85 millions de tonnes à 75-78 millions de tonnes cette année en Russie.
En raison de cette situation inquiétante, le Conseil International des Céréales (CIC) a révélé aujourd'hui qu'il estimait maintenant la production mondiale de blé à 651 millions de tonnes contre 664 millions de tonnes auparavant, soit une révision à la baisse de 13 millions de tonnes. Mentionnons cependant que, malgré cette révision du CIC, la production mondiale de blé demeurerait historiquement la troisième plus importante enregistrée jusqu'à ce jour.
Toujours selon le CIC, en raison des sécheresses, la Russie devrait exporter 15,3 millions de tonnes au lieu de 18 millions de tonnes comme prévu. Rappelons cependant qu'historiquement, les exportations russes de blé sont très variables d'année en année comme le révèle le graphique.

Par contre, notamment en raison de cette baisse des exportations russes de blé, le CIC estime maintenant que celles des États-Unis devraient être plus élevées l'an prochain, passant d'une estimation de 24,1 millions de tonnes à 26 millions de tonnes.
Dans l'ensemble, peu importe les différentes hypothèses proposées par les analystes, tous s'accordent cependant pour dire que la production globale de grains de la Russie devrait baisser de manière importante. Étant traditionnellement un exportateur net de grains, la Russie pourrait devenir pour la prochaine année commerciale un importateur net de grains.
Cette situation fait en sorte que non seulement les importants producteurs mondiaux de blé comme les États-Unis, l'Australie et le Canada devront répondre à la demande des pays qui importent en temps normal de la Russie, mais ces pays pourraient également être appelés à exporter davantage de blé en Russie afin de combler sa demande domestique.
C'est dans cet ordre d'idée, et supporter par de la spéculation sur les marchés, que le prix du blé a atteint sont plus haut niveau en 11 mois sur le contrat à terme courant (présentement le septembre 10) pendant la journée d'hier à 6,3175 $US/boisseau (232 $US/TM). Dans cette même foulée, entrainé par cet engouement des marchés pour le blé, les prix des autres grains ont mis un frein à leur baisse entamée depuis la semaine dernière et son retourné à la hausse.
Par contre, à l'approche de la fin de semaine et avec la hausse du prix des grains des derniers jours, certains analystes signalent que demain, des prises de profits pourraient avoir lieu. Cette situation pourrait alors empêcher le prix des grains de progresser davantage, voir même le forcer à se replier légèrement.
Prix du maïs
Le prix du maïs a poursuivi sa progression aujourd'hui, bien qu'avec moins de vigueur qu'hier. Sur le contrat à terme de septembre 10, il a gagné 0,0325 $US/boisseau (1,32 $CAN/TM) pour clôturer à 3,7950 $US/boisseau (154,71 $CAN/TM). Par rapport à sa fermeture de mardi dernier à 3,6275 $US/boisseau (147,32 $CAN/TM) il s'agit cependant d'un gain très intéressant de 0,1675 $US/boisseau (7,39 $CAN/TM).
Sans équivoque, c'est la hausse du prix du blé qui supporte le plus celle du maïs. Fondamentalement, en dehors des difficultés rencontrées par la Russie, aucune nouvelle particulière ne semble avoir changé la situation pour le maïs depuis le début de la semaine.
Du côté météorologique aux États-Unis, les conditions demeurent toujours très propices à la croissance du maïs bien que certaines régions connaissent de légères sécheresses. Pour les prochains jours, les dernières prévisions indiquent que les températures pourraient être plus élevées et sèches dans certaines régions du « Midwest » américain. Par contre, des averses dispersées sont également attendues et devraient s'accentuer au cours de dimanche prochain et des jours suivants.
Les conditions des cultures aux États-Unis demeurent ainsi toujours favorables à la croissance des cultures de maïs ce qui limite toujours le potentiel de hausse importante du prix du maïs sur les marchés.
Techniquement, avec la situation en Russie, le prix du maïs a réalisé un rebond intéressant depuis mardi dernier et mis un terme aujourd'hui à une tendance à court terme baissière. Sur le contrat à terme de septembre 10, le prix du maïs connaîtrait un premier support intéressant autour de 3,62$US/boisseau (142 $CAN/TM) et un premier niveau de résistance à surveiller au cours des prochains jours situé autour de 3,86-3,87 $US/boisseau (152 $US/TM).
Prix du soya
À l'image du prix des autres grains, celui du soya a également réalisé un revers intéressant depuis mardi, supporté par la hausse du prix du blé et la situation en Russie. Aujourd'hui, sur le contrat à terme d'août 10, il a gagné 0,1675 $US/boisseau (6,37 $US/boisseau) pour terminer la journée à 10,2675 $US/boisseau (390,66 $CAN/TM). Cette progression porte la hausse cumulative du prix du soya à 0,2875 $US/boisseau (12,37 $CAN/TM) depuis sa fermeture mardi à 9,98 $US/boisseau (378,29 $CAN/TM).
Il intéressant de noter cependant que le prix du soya pour la prochaine récolte a moins progressé aujourd'hui que celui pour livraison immédiate. Cette situation proviendrait du fait que, comme le révèle la ligne rouge du graphique du USDA ci-contre, les ventes à l'exportation de soya américain continuent d'être fortes et de dépasser les attentes des marchés. Par conséquent, ceux-ci s'inquiètent de plus en plus de la disponibilité du soya avant la prochaine récolte puisque les inventaires américains de fin d'année sont déjà très serrés.

Au niveau technique, sur le contrat à terme d'août 10, le prix du soya a clôturé aujourd'hui à un niveau inégalé depuis le début de l'année. Il a par la même occasion brisé également sa résistance établie autour de 10,26-10,27 $US/boisseau (377 $US/TM) pendant la journée, ce qui est un autre signal positif.
Par contre, sur le contrat à terme de novembre 10 (prochaine récolte), bien que le prix du soya connaisse également un regain depuis mardi dernier, son comportement demeure beaucoup moins dynamique que pour le prix du soya pour livraison immédiate. Présentement, celui-ci semble confronté à une résistance importante autour de 9,88 $US/boisseau (363 $US/TM). Il connaîtrait cependant aussi un bon support établi près de 9,60 $US/boisseau (353 $US/TM).
