Prix du maïs
Le prix du maïs a effacé aujourd'hui une part importante de ses gains cumulés au cours des derniers jours en reculant de 0,1025 $US/boisseau (4,15 $CAN/TM) pour terminer à 3,6125 $US/boisseau (142,52 $CAN/TM) sur le contrat à terme de juillet 10. Par rapport à sa fermeture de la semaine dernière à 3,74 $US/boisseau (147,25 $CAN/TM), il s'agit d'un repli de 0,1275 $US/boisseau (4,73 $CAN/TM).
Contrairement aux prix du soya et du blé, qui avaient différents motifs fondamentaux pour expliquer leur progression depuis la semaine dernière, celui du maïs n'en avait que très peu. Dans les faits, comme l'ont signalé tout au long de la semaine plusieurs analystes, le prix du maïs a surtout profité de l'engouement des marchés dans le soya et le blé pour suivre la parade.
À cet effet le ratio soya nov 10/maïs dec 10, présentement à 2,58, indique bel et bien qu'il existe un écart plus élevé qu'à la normale entre le prix du maïs et du soya. Dans cette optique, le contexte de marché force invariablement une hausse du prix du maïs et/ou une baisse de celui du soya. Or, les faveurs du marché étant pour une hausse du prix du soya présentement, celui du maïs ne peut que suivre.
Par contre, envers et contre tout, le contexte dans lequel évolue le prix du maïs depuis le début de 2010 reste encore et toujours le même : négatif. De plus, il faut mentionner que l'annonce cette semaine par le USDA d'une progression très rapide des ensemencements de maïs américain n'a rien pour améliorer les choses. En fait, au bas mot et s'ils continuent à ce rythme, les ensemencements de maïs américains seraient même parmi les 5 plus rapide que les États-Unis pourraient connaître depuis 25 ans. Or, comme plusieurs analystes l'ont rapporté cette semaine, il existe une corrélation non négligeable entre des ensemencements hâtifs et des rendements élevés.
À ce titre, l'an 2004-05 serait un bon exemple alors qu'à pareille date au mois d'avril, 20% des ensemencements étaient complétés et qu'à la mi-mai ils étaient complétés à 90%. Par la suite, de bonnes conditions de cultures ayant eu lieu, les producteurs américains ont pu obtenir des rendements de 160,3 boisseaux/acre (10,05 TM/ha) niveau historique inégalé jusqu'à la récolte de l'automne dernier à 164,9 boisseaux/acre (10,35 TM/ha).
Dans cet ordre d'idée, si l'an 2010-11 est comme 2004-05 et que des rendements élevés sont à nouveau atteints cette année, avec les importantes superficies qui devraient être semées aux États-Unis, tout est en place pour une autre production record de maïs.
Le prix du maïs doit donc présentement conjuguer un contexte de l'offre et de la demande négatif pour cette année avec un autre qui, bien que toujours très incertain, laisse planer le doute d'être à nouveau négatif pour l'an prochain.
Le seul élément qui concrètement supporte à court terme pour l'instant le prix du maïs demeure les conditions météorologiques dans le « Midwest » américain alors que des averses sont prévues pour les prochains jours et pour la fin de la semaine prochaine, ce qui devrait ralentir la progression des ensemencements des producteurs américains. Certains météorologues signalent également que les conditions météorologiques pourraient rester humides encore pour plusieurs semaines, ce qui créer une incertitude supplémentaire qui empêcherait le également le prix du maïs de baisser de manière trop importante.

Comme le révèle le graphique du prix du maïs en continu pour livraison immédiate, à moyen terme, une tendance baissière semble en formation depuis le mois de mars dernier. Ce graphique révèle aussi que, malgré la hausse des deux dernières semaines, le prix du maïs demeure très près d'un support important à 3,44 $US/boisseau (135 $US/TM) et qu'il ne parvient pas à briser de nouvelle résistance à la hausse, ce qui mettrait un terme à cette tendance baissière en formation.
En terminant, contrairement au prix du soya (http://www.grainwiz.com/futures/charts/soybean), celui du maïs est parvenu au début du mois d'avril à briser le creux établi au début du mois de février dernier, ce qui en dit long sur la perception qu'on les marchés de ce que vaut présentement le maïs.
Prix du soya
Le prix du soya termine la semaine sur une très bonne note malgré un léger repli aujourd'hui de 0,05 $US/boisseau (1,84 $CAN/TM) à 10,10 $US/boisseau (372,15 $CAN/TM) sur le contrat à terme de juillet 10. Par rapport à sa fermeture de vendredi dernier à 9,95 $US/boisseau (365,75 $CAN/TM), il s'agit d'un gain intéressant de 0,15 $US/boisseau (6,40 $CAN/TM).
Le recule du prix du soya d'aujourd'hui n'est toutefois pas surprenant. Les marchés ont ainsi décidé de réaliser des prises de profits après avoir bénéficié cette semaine d'un engouement général supporté principalement par des éléments techniques et de la spéculation des fonds d'investissement. Dans les faits, la situation demeure cependant négative pour le soya alors qu'aucune nouvelle particulière et le contexte négatif de l'offre et de la demande à long terme n'en supportent pas la progression du prix sur les marchés. En fait, alors que le niveau des inventaires mondiaux de soya et la production d'Amérique du Sud devraient atteindre des records cette année, seul le niveau plus « serré » des inventaires de fin d'année aux États-Unis et l'appétit insatiable des Chinois peuvent inquiéter réellement les marchés et justifier une hausse du prix du soya. Reste cependant à savoir si cette inquiétude est justifiée ou non. Pour l'instant, de l'avis des marchés, ce serait le cas.

Comme l'illustre bien le graphique du prix du soya pour livraison immédiate en continu, celui-ci connaît une tendance à moyen terme à la hausse qui se raffermit de plus en plus. Le graphique montre également un bris très net le 15 avril de la tendance neutre qui s'était instaurée depuis le mois de février entre 9,00 $US/boisseau (331 $US/TM) et 9,7850 $US/boisseau (359 $US/TM). Il reste à savoir maintenant si le prix du soya sera en mesure, au cours des prochaines semaines, de retourner au niveau élevé qu'il a atteint à l'automne dernier autour de 10,62-10,78 $US/boisseau (390-396 $US/TM). Historiquement, suivant la tendance saisonnière voulant que les prix culminent au cours des mois de mai et juin, cette éventualité est plausible. Cependant, comme le rappellent plusieurs analystes, le prix du soya étant distinctement supporté par une vague spéculative, rien n'est moins sûr.
Nouvelles en vrac
Le International Grains Council (Conseil International des Céréales - CIC) a présenté aujourd'hui son rapport mensuel sur l'état du marché des céréales. En résumé pour 2009-10, l'organisme révèle qu'il considère toujours le contexte global de l'offre et de la demande de grains comme négatif. Sans surprise, il indique également que le prix des grains aux États unis demeure très volatil, supporté principalement par les activités accrues des fonds spéculatifs sur le marché des grains. Pour 2010-11 le CIC mentionne que, selon les premières données disponibles, la consommation mondiale de grains devrait dépasser la production. Toutefois, en raison des inventaires de fin d'année importants prévus pour 2009-10, la disponibilité de grains devrait demeurer confortable en 2010-11. Pour accéder à un résumé complet de ce rapport (en français) : Marché des céréales - 22 avril 2010
Dans une nouvelle parue sur le site de Grainnet, le météorologiste en chef des prévisions à long terme de Accuweather.com signale qu'il prévoit cette année pour l'ensemble des États-Unis un été très chaud caractérisé par des excès de chaleur de la mi à la fin de l'été. Cette éventualité pourrait créer un contexte intéressant pour le prix des grains. Pour en savoir plus au sujet de cette nouvelle (en anglais) : Accuweather.com: Midwest Corn Planting Ahead of Schedule Due to Weather
