Nouvelle

Revue du marché des grains pour le 22 mars 2010

22 mars 2010,

Le prix des grains devrait évoluer cette semaine dans une gamme de prix très étroite et incertaine.

D'un côté, les ambiguïtés entourant le prochain rapport du USDA sur les intentions d'ensemencements aux États-Unis, qui sera présenté le mercredi 31 mars prochain, ainsi que celles concernant les conditions d'ensemencements dans le « Midwest » américain agissent comme support très ferme sur le prix des grains. Ainsi, tant que ces éléments demeureront incertains, les marchés éprouveront beaucoup de difficultés à laisser chuter de manière importante le prix des grains.

D'un autre côté, depuis la parution du dernier rapport mensuel du USDA à cet effet le 10 mars dernier, les situations de l'offre et de la demande de grains dans le monde et aux États-Unis demeurent sensiblement les mêmes : pour 2010, que se soit pour le maïs, le soya ou le blé, les niveaux d'inventaires de fin d'année seront plus que confortables et aucun manque à gagner n'est à prévoir.

Seule exception, aux États-Unis le niveau des inventaires de fin d'année de soya, actuellement estimé par le USDA à 5,17 millions de tonnes, pourrait atteindre des niveaux plus critiques advenant que les exportations américaines dépassent les attentes actuelles du USDA. Ceci aurait alors un effet très intéressant pour le prix du soya. Toutefois, pour l'instant, rien n'est moins sûr.

Au sujet de l'offre et de la demande de grains pour 2010, il faut mentionner aussi que les marchés ont très certainement intégré au prix des grains une part importante de la situation négative que l'on connaît. Pour cette raison, son effet négatif serait présentement moindre sur le prix des grains alors que les marchés concentrent toutes leurs attentions sur d'autres éléments qui sont plus récents et concrets, notamment les intentions de semis et conditions d'ensemencements aux États-Unis.

Par contre, en-dehors de ces deux derniers éléments, aucune nouvelle d'une grande importance et pouvant affecter de manière significative l'état de l'offre et de la demande de grains n'est survenu depuis maintenant un certain temps. Dans cette optique, les marchés deviennent alors sujets à des fluctuations inattendues basées sur des nouvelles qui, a priori, n'ont qu'un impact réel très diffus sur la situation même de l'offre et de la demande de grains.

À ce titre, les fluctuations du prix du pétrole et du dollar américain viennent au premier rang des éléments qui peuvent influencer le prix des grains sans que le contexte même de l'offre et de la demande de grains ne soit directement affecté à court terme. Présentement, c'est exactement ce qu'il est possible de remarquer dans le marché des grains alors que les variations de la valeur du dollar américain et du prix du pétrole exercent une influence plus forte qu'à la normale sur le prix des grains.

Il faut aussi noter que dans ce type de marché en manque de nouvelles, en plus de l'influence du prix du pétrole et de la valeur du dollar américain, la moindre nouvelle ayant en temps normal un impact réel insignifiant sur la situation de l'offre et de la demande de grains peut, à ce moment, influencer de manière beaucoup plus importante le prix des grains.

Mentionnons à cet effet la nouvelle voulant que le Brésil soit présentement aux prises avec des difficultés à charger ses cargos de soya pour expéditions outre-mer en raison d'averses trop importantes. Bien que cette situation ne soit pas à prendre à la légère pour autant, somme toute, il n'enlève rien au fait que le Brésil continue toujours de récolter une production qui atteindra un niveau record en 2010. On ne peut parler alors que de retards, mais pas d'un manque de soya. En principe, la situation de l'offre importante de soya pour 2010 demeure donc inchangée et son prix sur les marchés ne devrait pas progresser pour autant pour cette raison.

En résumé, le marché des grains progresse donc sur une marge bien mince en ce moment. Il est supporté d'un côté par des préoccupations bien réelles concernant les intentions et conditions d'ensemencements aux États-Unis. Par contre, d'un autre côté, la progression des derniers jours a été réalisée dans un contexte négatif de l'offre et de la demande de grains pour 2010 et ce, en se basant également sur certaines nouvelles récentes sans grandes conséquences sur ce contexte en question.

Au cours des prochaines semaines, lorsque les intentions et conditions d'ensemencements seront moins incertaines aux yeux des marchés, ceux-ci pourraient alors très bien changer leur fusil d'épaule et faire à nouveau progresser à la baisse le prix des grains. Reste à savoir quand le feront-ils, et si d'autres nouvelles plus importantes ne surviendront pas d'ici là? En attendant, la progression actuelle du prix des grains continue de suivre la tendance saisonnière voulant que le prix des grains monte au cours du printemps et de la période des semis. En temps normal, si cette tendance continue d'être respectée, le prix des grains devrait donc éventuellement baisser au plus tard à partir de la mi-juin/début juillet.

Mentionnons en terminant que, si les estimations d'ensemencements qu'ont signalé la semaine dernière Informa Economics et Allendale Inc. venaient à se confirmer (pour en savoir plus) lors de la présentation du prochain rapport du USDA du 31 mars prochain, tout serait alors en place pour que les États-Unis réalisent à nouveau des productions records de maïs et de soya cette année. Advenant par la suite que les conditions de cultures soient bonnes et considérant le niveau actuel prévu des inventaires de fin d'année pour 2009-10, le prix des grains pourrait alors toucher un creux important au cours de la prochaine récolte.

 

Prix du maïs

Après une progression intéressante la semaine dernière de plus de 0,10 $US/boisseau (4$CAN/TM), le prix du maïs sur le contrat à terme de mai 10 est retourné à la baisse aujourd'hui. Au terme de la journée, il a perdu 0,0375 $US/boisseau (1,50 $CAN/TM) pour terminer à 3,7075 $US/boisseau (148,42 $CAN/TM).

Le prix du maïs est présentement confronté à un contexte de l'offre et de la demande négatif et, techniquement, fait face à une résistance importante autour de 3,76 $US/boisseau (148 $CAN/TM). Les incertitudes entourant la prochaine période d'ensemencements aux États-Unis servent cependant de support intéressant pour le prix du maïs et celui-ci devrait continuer de naviguer dans une tendance neutre incertaine en attendant la parution du très attendu rapport du USDA de la semaine prochaine. Dans l'immédiat, toujours sur le contrat à terme de mai 10, le prix du maïs connaîtrait un premier support à 3,69 $US/boisseau (145 $US/TM) suivi d'un support beaucoup plus important à 3,60-3,62 $US/boisseau (142 $US/TM).

 

Prix du soya

Malgré les récoltes records en cours en Amérique du Sud qui exercent toujours un effet très négatif sur le prix du soya, celui-ci a continué sa progression entamée en début de semaine dernière. Aujourd'hui, sur le contrat à terme de mai 10, il a gagné 0,0675 $US/boisseau (2,52 $CAN/TM) pour terminer à 9,6850 $US/boisseau (361,88 $CAN/TM).

En continuant de faire progresser de la sorte le prix du soya et ce, malgré le contexte actuel très négatif de l'offre et de la demande pour 2010, les marchés révèlent qu'ils s'interrogent toujours au niveau des inventaires de fin d'année prévus aux États-Unis. Les difficultés de chargement des cargos que connaît présentement le Brésil seraient également un autre élément qui supporterait le prix du soya. Techniquement, il y a une semaine, plusieurs analystes ont signalé que le prix du soya était également dans une situation « survendu » sur les marchés. Celui-ci continuerait de profiter des effets de ce contexte. Par contre, la situation pourrait changer au cours des prochains jours puisque le marché pourrait être sur le point d'être maintenant «suracheté». Il faut signaler également que si la situation dans le « Midwest » américain venait à se détériorer davantage au cours des prochaines semaines, rendant les ensemencements de maïs trop difficiles, les producteurs américains pourraient alors changer leurs intentions de semi de maïs en semi de soya, ce qui aurait alors un effet très négatif sur le prix du soya.

À court terme, le prix du soya sur le contrat à terme de mai 10 connaît toujours une importante résistance à 9,75 $US/boisseau (358 $US/TM) qu'il ne parvient pas à briser malgré sa hausse. Le bris confirmé de cette résistance ouvrirait la porte à ce que celui-ci test sont dernier sommet établi le 23 février dernier à 9,85$US/boisseau (362 $US/TM).

 

Nouvelles en vrac

  • Les exportateurs de canola du Canada auraient jusqu'à la fin de juillet 2010 pour expédier en Chine du canola contenant des traces de la « Jambe noire », un champignon pathogène commun dans les cultures de canola au Canada. Par la suite, la Chine imposera une exigence à l'effet que toute livraison de canola en Chine doit être certifié exempte de « Jambe noire » et ce, peu en importe la provenance. Selon le dernier bilan de Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Canada exporte annuellement 6 - 8 millions de tonnes de canola desquelles 15-30% sont destinées à la Chine.

  • La récolte de soya au Brésil serait maintenant complétée à 60%, celle en Argentine le serait à 20%.

 


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