Prix du maïs
Le prix du maïs sur le contrat à terme de mai 10 ouvre la semaine sur une note incertaine. Au terme de la journée, il n'a baissé que de 0,005 $US/boisseau (0,20 $CAN/TM) à 3,6375 $US/boisseau (145,79 $CAN/TM).
Plusieurs éléments empêcheraient présentement le prix du maïs de progresser de manière importante :
Le dernier rapport du USDA a révélé que les exportations américaines n'étaient pas très fortes cette année et que, principalement pour cette raison, les inventaires de fin d'année de maïs américain seront plus importants que prévu.
Toujours selon le USDA, les inventaires mondiaux de fin d'année de maïs seraient de plus de 6 millions de tonnes supérieurs à ce qu'ils étaient estimés le mois dernier.
Le prix du pétrole demeure toujours confiné à se transiger autour de 80$US/baril alors que le prix de l'éthanol a touché un creux la semaine dernière. Cette situation n'est guère encourageante pour les marges de profit serrées des usines d'éthanol aux États-Unis.
Advenant une hausse trop importante du prix du maïs, les acheteurs pourraient se tourner vers le blé comme alternative pour y échapper.
Comme le notent certains analystes, les marchés auraient toutefois déjà incorporé au prix du maïs plusieurs de ces éléments. D'autres laisseraient même la place à ce que le prix du maïs gagne du terrain au cours des prochaines semaines :
La tendance saisonnière veut que le prix du maïs progresse à chaque année au cours du printemps.
Les conditions d'ensemencements aux États-Unis laissent présentement les marchés nerveux à savoir s'ils seront difficiles ou non en raison de conditions trop humides.
Par contre, malgré ces quelques perspectives plus positives, la marge de jeu du prix du maïs demeure très mince cette année. Avec l'importante production de 2009-10 et le niveau actuel des inventaires, il faudrait présentement plus que quelques nouvelles pour permettre au prix du maïs de retourner à des niveaux plus élevés. C'est ce que laisse entendre notamment David Fiala, analyste de marché contributeur chez DTN :
« Nous avons encore un marché de météo (période des semis et des cultures) devant nous, mais si les conditions de croissance sont bonnes cette année aux États-Unis, il n'y aura tout simplement pas de discussion à avoir concernant la disponibilité de maïs en 2010-11. Ceci pourrait entraîner une période au cours de laquelle les prix devront baisser assez pour décourager la production, ce qui est ma plus grande crainte cette année. »
Le prix du maïs sur le contrat à terme de mai 10 connaît présentement un support très important à surveiller à 3,59 $US/boisseau (141 $US/TM). Advenant qu'il soit brisé, le prix du maïs pourrait alors tester sans difficulté son prochain support à 3,52 $US/boisseau (138,5 $US/TM) qui est également le creux qu'il a atteint au début de février dernier. Pour l'instant, de l'avis de plusieurs analystes, le prix du maïs devrait cependant tenir le coup et parvenir à progresser au cours des prochaines semaines comme le veut la tendance saisonnière.
Prix du soya
Le prix du soya ouvre la semaine sur une note légèrement positive, profitant d'un ajustement technique à la hausse après la baisse importante qu'il a connu la semaine dernière et d'un niveau de trituration de soya plus important que prévu par les marchés pour le mois dernier aux États-Unis. Il termine ainsi la journée avec un gain de 0,0450$US/boisseau (1,68 $CAN/TM) à 9,30 $US/boisseau (347,90 $CAN/TM).
Selon la National Oilseed Processors Association (NOPA) aux États-Unis, il se serait trituré 4,04 millions de tonnes de soya le mois dernier, contre 4,42 millions de tonnes en janvier dernier. Les marchés anticipaient un niveau de trituration de 3,93 à 4,08 millions de tonnes.
Par contre, de l'avis de plusieurs analystes et considérant le contexte actuel négatif de l'offre et de la demande de soya, avec notamment :
la révision à la hausse par le USDA des inventaires de soya de fin d'année dans le monde et aux États-Unis
les très mauvaises ventes à l'exportation de soya américain de la semaine dernière
l'idée selon laquelle, en raison d'une surchauffe de son économie, la Chine resserre à nouveau ses politiques monétaires. Cette mesure aurait pour effet de réduire éventuellement les importations chinoises de matières premières comme les grains. Actuellement, la Chine importe l'équivalent de plus de 46% de la production américaine de soya,
la progression du prix du soya d'aujourd'hui ne serait techniquement qu'un ajustement passager en vue d'une nouvelle baisse du prix du soya. Sur une note plus positive, au cours des prochains jours/semaines, certaines nouvelles pourraient tout de même permettre au prix du soya de ne pas trop se replier, voire même de gagner un peu de terrain :
Le USDA devrait présenter à la fin du mois de mars un premier aperçu des intentions d'ensemencements aux États-Unis. Advenant que celui-ci présente des superficies moindres qu'anticiper en soya, le prix de ce dernier pourrait en bénéficier.
Le Congrès américain pourrait autoriser au cours des prochains jours un crédit à la taxe sur le biodiesel, ce qui aurait pour effet d'augmenter la consommation éventuelle d'huile de soya et, par la même occasion celle de soya au cours des prochains mois.
À court terme, le support du soya sur le contrat à terme de mai 10 serait situé autour de 9,21$US/boisseau (338 $US/TM).
Conditions météorologiques en Amérique du Sud et aux États-Unis
Amérique du Sud
Argentine - Les conditions météorologiques ont été sèches tout au long de la semaine dernière et le sont demeurées au cours de la fin de semaine. Pour les prochains jours, celles-ci devraient demeurer aussi sèches. Des averses dispersées sont attendues au cours de la fin de la semaine. Après avoir connu des conditions très humides au cours du mois de février dernier, ce qui a même momentanément inquiété les marchés, celles-ci sont très propices aux cultures depuis maintenant quelques semaines.
Brésil - Les conditions de cultures ont été dans l'ensemble sèches la semaine dernière. Au cours de la fin de semaine, des averses dispersées allant jusqu'à 1 pouce d'accumulation dans le Nord et 2 pouces dans le Sud ont été rapportées. Dans le Nord du Brésil, là où une part importante des récoltes sont en cours, d'autres averses sont attendues tout au long de cette semaine.
Ceci pourrait entraîner des retards dans les récoltes brésiliennes. Par contre, selon ce qu'a rapporté la semaine dernière Celeres, les récoltes au Brésil seraient toujours en avance par rapport à la normale, celles-ci s'établissant il y a deux semaines à 32% de récolté contre 26% à pareille date l'an dernier. Dans le sud du pays, les conditions devraient demeurer sèches cette semaine avec de la pluie attendue au cours de la fin de la semaine.
** Le Brésil et l'Argentine devraient tous deux produire des récoltes records de soya cette année. Selon le dernier rapport du USDA, ces pays devraient respectivement récolter 67 et 53 millions de tonnes de soya, des niveaux historiques inégalés jusqu'à ce jour. Le Brésil et l'Argentine sont les 2e et 3e plus importants producteurs de soya dans le monde après les États-Unis qui auraient produit l'an dernier 91,42 millions de tonnes de soya. **
États-Unis
La semaine dernière, des averses dispersées ont été rapportées dans plusieurs régions du « Midwest » américain. Cette semaine, entre 0,5 à 1 pouce de pluie pourraient s'abattre sur cette région des États-Unis. Dans le nord du « Midwest » américain, jusqu'à 2 pouces de pluie pourraient même être reçus.
Les marchés gardent toujours un œil attentif sur les conditions météorologiques actuelles dans le « Mid
west » américain à l'approche du début de la période des ensemencements. En raison d'un important couvert de neige, plusieurs craignent que, combiné avec des averses trop importantes au cours des prochaines semaines, les conditions d'ensemencements dans le « Midwest » américain pourraient être à nouveau difficiles cette année. Cette situation profiterait au prix du maïs au cours du printemps. Par contre, elle pourrait nuire à celui du soya puisque les producteurs américains dans l'incapacité de semer du maïs pourraient se tourner vers le soya pour compléter leurs ensemencements.
Le « Midwest » américain, appelé également « Corn Belt » représente la région aux États-Unis qui produit la plus importante part de grains du pays. Cette région comporte notamment les états américains suivants : Dakota du Nord et du Sud, Nebraska, Kansas, Minnesota, Iowa, Missouri, Wisconsin, Illinois, Michigan, Indiana, Kentucky et Ohio.
Nouvelles en vrac
Une nouvelle publiée sur le site de Alberta Canola Producers Commission, révèle que le débat entre le Canada et la Chine concernant les grains de canola contaminés par la « Jambe noir » (Leptosphaeria maculans) demeure toujours dans une impasse. En novembre dernier, la Chine a indiqué que, afin de protéger ses cultures de canola d'une contamination éventuelle, elle n'accepterait plus les cargos de canola contenant « aucune » trace de la présence de ce pathogène. Suite à des pressions de l'industrie internationale de canola, la Chine a par la suite accepté de mettre en place une période transitoire de 1 an pour la culture de 2009-2010. Par contre, toutes les livraisons de canola qui révèleront des « traces » de la maladie se verront systématiquement refusées. La « jambe noire » est une maladie très répandue dans les cultures de canola canadien et aucune mesure à 100% efficace n'existe présentement pour en assurer le contrôle et l'élimination des bons grains après la récolte. Selon le dernier bilan de Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Canada exporte annuellement 6 - 8 millions de tonnes de canola desquelles 15-30% sont destinées à la Chine.
