Le prix des grains termine sur une bonne note bien que, dans l'ensemble, celui-ci est évolué de manière irrégulière tout au long de la semaine. D'un côté, le contexte de l'offre et de la demande de grains pour 2010 demeure toujours négatif et très peu de nouvelles récentes en ont changé le portrait. D'un autre côté, en raison de ce manque de nouvelles, il en faut très peu pour que le prix des grains réagisse, même lorsqu'il ne s'agit que de rumeurs très vagues ou trop hâtives. L'influence de la valeur du dollar américain, des marchés des actions boursières et du prix du pétrole est aussi beaucoup plus forte dans ce type de situation.
Le prix des grains a donc été supporté cette semaine par certaines nouvelles très vagues et incertaines comme:
Conditions météorologiques très humides en Amérique du Sud.
Perspective d'une période d'ensemencement difficile au printemps cette année aux États-Unis.
À ces informations s'est ajouté un revirement de conditions dans le contexte général des marchés financiers :
Depuis son creux à 77,05 $US/baril hier, le prix du pétrole a gagné 2,55 $US/baril.
Après avoir frôlé les 81,20 points sur son Index hier, la valeur du dollar américain est retournée à la baisse pour se transiger présentement à 80,43 points.
C'est avec ces éléments prises en considération que le prix des grains termine envers et contre tout la semaine à la hausse, le prix du maïs ayant gagné 0,2350 $US/boisseau (10,46 $CAN/TM) pour finir à 3,8975 $US/boisseau (162,4 $CAN/TM) sur le contrat de mai 10 et celui du soya 0,125 (9,61 $CAN/TM) pour clôturer à 9,61 $US/boisseau (373,73 $CAN/TM) également sur le contrat de mai 10.
Présentement, il faut noter que l'avis des spécialistes est très partagé à savoir, si le prix des grains devrait continuer de progresser ou non. Certains croient qu'il vaut la peine de vendre dès qu'un « rallye » se manifeste. D'autres croient plutôt que le prix des grains aurait trouvé pour le moment de bons supports et qu'il pourrait encore progresser.
À ce sujet, il faut noter que la tendance saisonnière voulant que le prix des grains progresse à partir de la fin de février jusqu'à la fin des ensemencements aux États-Unis, à la fin, juin demeure un élément très caractéristique du prix des grains. Dans cet ordre d'idée, il semble que les rumeurs qui sont apparues cette semaine à l'effet que les ensemencements seront difficiles aux États-Unis cette année supportent très bien cette tendance et qu'effectivement, le prix des grains pourrait encore gagner du terrain.
Cependant, il faut rappeler aussi que le contexte de l'offre et de la demande de grain pour 2010 est très défavorable à une hausse de leur prix pour l'instant. On peut ainsi croire que le prix des grains progressera encore au cours des prochains mois, mais qu'il le fera avec beaucoup plus de difficulté et te retenu ... à moins que les spéculateurs n'ignorent à nouveau la situation de l'offre et de la demande et qu'ils laissent le prix des grains s'emballer comme ce fût le cas à l'automne dernier.
Dans tous les cas, devant des perspectives aussi incertaines, la meilleure approche reste d'avoir une stratégie de mise en marché de ses grains bien définis et de s'y raccrocher envers et contre tout.
Conditions météorologiques en Amérique du Sud
Des averses importantes se sont abattues au cours des semaines précédentes en Argentine. Bien qu'avec moins d'intensité, celles-ci auraient également frappé le Brésil au cours de la même période.
Cette situation a amené les marchés à s'inquiéter, en début de semaine, d'éventuelles pertes de rendements dans les cultures de soya et de maïs et de retards dans les récoltes. Sur cette base, étant donné que le Brésil et l'Argentine figurent parmi les plus importants producteurs de soya dans le monde après les États-Unis, le prix du soya a débuté la semaine à la hausse.
Par contre, depuis, les conditions météorologiques se sont améliorées et les inquiétudes se sont vues apaisées. Sans surprise, le prix du soya a ainsi reculé depuis mardi dernier.
En Argentine, les conditions tout au long de la semaine ont été sèches, ce qui aura permis au sol engorgé d'eau de s'assécher et aux conditions de cultures de revenir plus près des normales. Pour les prochains jours, des conditions sèches demeurent prévues, ce qui devrait mettre de côté pour l'instant toute menace de perte de rendement.
Au Brésil, les conditions sont demeurées plus humides dans l'ensemble alors qu'en alternance, le nord et le sud sont tour à tour touchés par de nouvelles averses. Par contre, la situation était moins critique qu'en Argentine et les cultures plus avancées dans leur développement. Il faut noter également que les récoltes sont commencées depuis un bon moment et qu'elles conservent toujours une avance par rapport à la normale.
Pour l'instant, que se soit en Argentine ou au Brésil, les conditions de cultures et de récoltes sons ainsi beaucoup moins inquiétantes qu'elles ne l'étaient en début de semaine et les prévisions ne laissent pas place à de nouvelles inquiétudes pour les prochains jours.
Inquiétude de conditions humides au printemps cette année aux États-Unis
Plusieurs sources d'informations ont signalé cette semaine que la période des ensemencements devrait être difficile encore cette année aux États unis en raison de l'important couverts de neige rapportée dans plusieurs régions.
Pour l'instant, les opinions des analystes sont très partagées à savoir s'il vaut ou non la peine de miser sur cette rumeur pour anticiper de meilleurs prix au cours des prochaines semaines.
Pour en savoir plus à ce sujet :http://www.grainwiz.com/nouvelle/revue-du-marche-des-grains-pour-le-25-fevrier-2010
La revue des céréales et des graines oléagineuses de Statistique Canada pour le mois de décembre 2009
Statistique Canada a présenté aujourd'hui sa revue des céréales et des graines oléagineuses du mois de décembre 2009. Dans les grandes lignes, voici ce que ce rapport indique :
Maïs
« Les stocks de maïs ont fléchi de presque 780 000 tonnes métriques par rapport à décembre 2008 pour se situer à des niveaux comparables à ceux des campagnes de commercialisation de 2005-2006 et 2006-2007. Les températures fraîches et humides durant la récolte au Manitoba et en Ontario ont nui au rendement et à la qualité du maïs et en ont limité la production dans les deux provinces. Une partie de la production est restée dans les champs et sera récoltée au printemps. La vigueur des prix a encouragé les producteurs à vendre leur maïs sur le marché intérieur, particulièrement le maïs de qualité inférieure et le maïs grain humide. »

Source : Statistique Canada
Soya
« Les stocks de soya se sont accrus par rapport à décembre 2008, la production ayant augmenté de près
de 170 000 tonnes métriques. Les exportations ont également été plus élevées, alors que la consommation intérieure n'était que légèrement inférieure à celle de 2008. »

Source : Statistique Canada
Blé
« Les stocks de blé, sauf le blé dur, étaient inférieurs de 1,1 million de tonnes métriques à ceux enregistrés à la même période l'année précédente, les exportations ayant augmenté au cours de la période d'expédition automnale. En outre, la production a diminué par rapport à 2008, ce qui a accentué la baisse des stocks en décembre. Au 31 décembre 2009, les stocks de blé dur avaient augmenté pour une deuxième année d'affilée. »

Source : Statistique Canada
Pour accéder au rapport complet de Statistique Canada : http://www.statcan.gc.ca/pub/22-007-x/22-007-x2009012-fra.pdf
Nouvelles en vrac
Le département de l'énergie aux États-Unis (U.S. Department of Energy) a rapporté un nouveau niveau de production important d'éthanol aux États unis pour le mois de décembre dernier, 20% de plus qu'à pareille date l'an dernier. Présentement, la production cumulative d'éthanol prévue par le USDA cette année devrait être de 17% supérieur à celle de l'an dernier alors que les derniers chiffres fournis par le département de l'énergie aux États-Unis indiquent une progression de 16%.
