Prix du maïs
Le prix du maïs a terminé la journée en légère baisse alors que la hausse du dollar américain, la baisse importante du prix du pétrole ainsi que les ventes hebdomadaires à l'exportation très décevantes de maïs américain sont tous venus exercer une pression négative sur le prix du maïs. Sur le contrat à terme de mai 10, le prix du maïs a perdu 0,0250 $US/boisseau (1,04 $CAN/TM) pour terminer la journée à 3,8325 $US/boisseau (159,51 $CAN/TM).
Depuis déjà quelques jours, plusieurs analystes estiment que le prix du maïs serait suracheté et qu'un ajustement à la baisse était (et demeure) à prévoir. Par contre, le prix du maïs serait supporté par certains éléments qui empêcheraient celui-ci de baisser de manière trop importante présentement dont :
La parution très attendue du rapport du USDA le 31 mars prochain qui pourrait apporter plus d'éclaircissement sur la production record de maïs de 2009-10 et les intentions d'ensemencements pour 2010.
Les rumeurs d'un printemps difficile pour les ensemencements de maïs aux États-Unis
Bien que le contexte de l'offre et de la demande de maïs actuelle reste difficile, les marchés demeurent sur le qui-vive et ne seraient pas prêts à laisser le prix du maïs reculer de manière trop importante présentement. Certains analystes laissent entendre que le prix du maïs pourrait bien prochainement frôler les 4$US/boisseau (157 $US/TM) mais qu'il le fera avec certaines difficultés.
Prix du soya
Le prix du soya a continué de baisser aujourd'hui alors que le contexte général des marchés (hausse du dollar américain et baisse importante du prix du pétrole), mais également la situation de l'offre et de la demande de soya continue d'exercer un effet très négatif sur celui-ci.
Les ventes hebdomadaires à l'exportation de soya américain auraient été jugées négatives selon certains analystes et auraient aussi exercé une mauvaise influence sur le prix du soya aujourd'hui. Il faut noter cependant que cet avis n'est pas partagé par tous puisque la Chine était absente du marché des grains la semaine dernière en raison de sa semaine de fête nationale du printemps. La Chine étant le plus important importateur et consommateur mondial de soya, son absence sur le marché des grains ne pouvait que réduire les exportations américaines la semaine dernière.
Des rumeurs à l'effet que la Chine aurait annulé à nouveau d'autres cargos de soya américain ainsi que la présentation, par le Census Bureau aux États-Unis, d'un niveau moins élevé de trituration que prévu aux États-Unis au cours du mois de janvier dernier sont tout deux venu ajouter une touche finale au contexte très défavorable que connaît présentement le prix du soya.
Selon les dernières informations relevées, les récoltes de soya au Brésil se poursuivraient également sans problème apparent, ce qui limiterait aussi la capacité du prix du soya à progresser sur les marchés.
C'est avec cet ensemble de facteurs très négatifs que le prix du soya a reculé aujourd'hui de 0,11 $US/boisseau (4,27 $CAN/TM) pour terminer la journée sur son support à court terme à 9,50 $US/boisseau (369,03 $CAN/TM). À moins d'imprévus et en raison d'un manque criant de nouvelles optimistes, rien ne semble en place pour permettre au prix du soya de progresser.
Rapport hebdomadaire des ventes à l'exportation de grains américains

Les ventes à l'exportation de maïs ont été décevantes pour la semaine du 18 février alors qu'elles sont jugées neutres pour le soya et le blé.
Pour accéder au rapport complet du USDA (en anglais) : http://www.fas.usda.gov/export-sales/highlite.htm
Inquiétude de conditions humides au printemps cette année
Au cours des derniers jours, une rumeur à l'effet que les conditions d'ensemencements aux États-Unis seraient à nouveau difficiles cette année a fait surface.Selon les dernières informations à cet effet, le couvert de neige dans plusieurs régions du « Midwest » américain dépasserait de beaucoup la moyenne :
Le nord-central de l'Iowa aurait reçu cette année 12,4 pouces de neige contre 6,3 en moyenne.
L'ouest et le centre de l'Illinois ont reçu 165-180% de plus que la normale de précipitation.
À Des Moines en Iowa, un niveau record de 28,2 pouces de neige a été enregistré en décembre.
Peoria en Illinois aurait connu son sixième mois décembre le plus humide avec un record de 37,7 pouces de neige.
À Grand Island au Nebraska, la ville aurait reçu sa plus grande quantité de neige depuis 1973 avec 37.7 pouces de neige.
Dans ce contexte, c'est sans surprise que de l'avis de Gail Martell de Martell Crop Projections, les importants états producteurs de grandes cultures aux États-Unis que sont l'Illinois et l'Iowa connaîtraient actuellement des conditions extrêmement humides.
Advenant que les conditions permettent à la neige de fondre rapidement, plusieurs régions dans le « Midwest » américain pourraient alors connaître des inondations.
De son avis, la National Weather Service à Fargo dans le Dakota du Nord, la plus grande ville de la vallée de la Red River aux États unis à 96 % des chances de connaître une inondation importante cette année. Selon la même instance basée à Des Moines en Iowa, les probabilités d'inondations sont également de beaucoup supérieures à la normale dans la plupart des régions au centre de l'Iowa.
Dans l'ensemble, plusieurs météorologistes s'accordent ainsi à dire que la période des ensemencements aux États-Unis, et particulièrement dans le « Midwest » américain, sera difficile alors que les conditions de travail seront très humides et que plusieurs régions seront inondées.
Cette situation pourrait entrainer des retards importants dans les ensemencements aux États-Unis. Comme le maïs est l'une des premières cultures à être semé, l'impact de ces prévisions de conditions humides s'est rapidement fait sentir au cours des derniers jours sur le prix du maïs et pourrait empêcher le prix du maïs de trop reculer au cours des prochaines semaines.
À l'inverse, comme les ensemencements de soya suivent ceux du maïs et sont réalisés normalement lorsque le printemps est beaucoup plus avancé, les ensemencements de soya sont beaucoup moins à risque de souffrir des conditions humides de début de printemps. En fait, généralement, advenant que les conditions d'ensemencements de maïs soient trop retardées par des conditions humides, les producteurs réalisent un changement de culture du maïs au soya, ce qui a pour effet d'augmenter des superficies semées en soya contre celles en maïs. C'est dans cet ordre d'idée que face à un printemps trop humide, le prix du soya a tendance à baisser dans un premier temps que ce fût le cas au début de cette semaine.
Dans tous les cas, rappelons que se serait la troisième année d'affilée que les ensemencements aux États-Unis seraient difficiles en raison de conditions humides, ce qui n'aura toujours pas empêché pour autant les producteurs américains de récolter d'importantes récoltes en 2008-09 et 2009-10.
Nouvelles en vrac
Selon un rapport de l'International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications, il se serait semé 134 millions d'hectares de cultures modifiées génétiquement dans 25 pays en 2009, soit une augmentation de 7% (9 millions d'hectares) par rapport à 2008. Dans les grandes lignes :
Le soya génétiquement modifié occuperait plus 75 % des 90 millions d'hectares de soya semés.
Le maïs génétiquement modifié plus de 25 % des 158 millions d'hectares semés.
Le canola génétiquement modifié, plus de 20 % des 31 millions d'hectares de canola semé.
Les pays développés seraient responsables de pratiquement 50% de toutes les cultures génétiquement modifiées semées.
Les États-Unis auraient le plus de superficies semées en cultures génétiquement modifiées suivies du Brésil et de l'Argentine. Le Canada se classerait au 5e rang après l'Inde alors que la Chine viendrait au 6e rang.
Pour en savoir plus sur ce rapport (en anglais) : http://www.whybiotech.com/?p=1801
La Chine a indiqué qu'elle aurait importé un volume important de 4.08 millions de tonnes de soya au cours du mois de janvier dernier. Selon les données fournies par le USDA, de ce volume, 3,59 millions de tonnes proviendraient des États-Unis, soit 88 %.
L'association à but non lucratif basée à Rosario en Argentine, le Rosario Board of Trade (Bolsa de Comercio de Rosario) a révisé à la hausse ses estimations de la récolte de soya en Argentine de 50,8 à 52,5 millions de tonnes. Le USDA prévoit de son côté que la récolte de soya en Argentine sera de 53 millions de tonnes alors que le Buenos Aires Grains Exchange estime qu'elle sera de 52 millions de tonnes. Dans tous les cas, la récolte de soya prévue en Argentine devrait atteindre un niveau record inégalé. L'Argentine est le troisième plus important producteur et exportateur de soya dans le monde après les États-Unis et le Brésil.
Le Ministère de l'Agriculture de l'Argentine estime présentement la récolte de maïs argentin à 19-21 millions de tonnes contre l'estimation du USDA de 17,2 millions de tonnes. En moyenne depuis 10 ans, l'Argentine récolte 17,2 tonnes de maïs annuellement. Le pays se classe seulement au 7e rang des pays les plus importants producteurs de maïs. Il est cependant le 2e plus important exportateur de maïs dans le monde après les États-Unis.Cargill, l'une des entreprises agricoles les plus importantes dans le monde, estime à son tour que les récoltes de soya au Brésil et en Argentine devraient atteindre des niveaux records cette année. Selon l'entreprise, le Brésil devrait produire 64-67 millions de tonnes de soya (le USDA 66 millions de tonnes) et l'Argentine 52 à 53 millions de tonnes (le USDA 53 millions de tonnes).
Selon Statistique Canada : « Les triturateurs ont broyé 407 370 tonnes métriques de canola en janvier. La production d'huile s'est chiffrée à 177 930 tonnes métriques, et celle de tourteaux a atteint 229 843 tonnes métriques. » Pour en savoir plus à ce sujet : http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/100223/dq100223d-fra.htm
