Prix du maïs
Le prix du maïs sur le contrat à terme de mars 2010 termine la semaine en baisse de 0,0525$US/boisseau (2,07$US/TM) à 3,5650$US/boisseau (140,35$US/TM), ce qui constitue une baisse pour la semaine de 0,1250$US/boisseau (4,92$US/TM).
Le prix du maïs a ainsi continué de se replier tout au long de la semaine, malgré quelques corrections haussières toujours supportées principalement par l'idée d'un marché techniquement survendu. L'effet du dernier rapport du USDA, qui a surpris les marchés le 12 janvier dernier en indiquant notamment une production plus importante de maïs américain qu'anticipée, a ainsi continué de faire son œuvre. Le contexte des marchés financiers, avec un dollar américain toujours plus fort et un prix du baril de pétrole affaibli, n'a pas supporté le prix du maïs cette semaine. Le manque de nouvelles stimulantes non plus. Il semble toutefois que les marchés soient plus prudents à faire baisser le prix du maïs comme ils l'ont fait depuis 2 semaines, ce qui laisse présager qu'un creux, même passager, pourrait bientôt être atteint.
Pour les prochaines semaines, il faut continué de surveiller de près les nouvelles qui signaleraient une meilleure consommation de maïs que prévue pour 2010. À ce titre, l'annonce par l'EIA (voir Nouvelles en vrac) aux États-Unis d'une très bonne production t'éthanol est un premier pas en avant. Par contre, il faudra plus qu'une nouvelle pour stabiliser pour de bon le prix du maïs et l'empêcher de poursuivre sa baisse.

Comme le révèle le graphique, la tendance à court terme du maïs est en forte baisse. Cette semaine, le bris de l'important support immédiat à 3,62$US/boisseau a été confirmé, laissant une porte ouverte à ce que celui-ci test éventuellement un support à moyen terme plus important situé autour de 3,43$US/boisseau (135$US/TM).
Prix du soya
Le prix du soya sur le contrat à terme de mars a baissé à nouveau aujourd'hui de 0,1775 $US/boisseau (6,52 $US/TM) pour terminer à 9,14 $US/boisseau (335,84 $US/TM). Au terme de la semaine, le soya a ainsi perdu 0,4025 $US/boisseau (15 $US/TM).
Le soya continue toujours de connaître une dure correction de sa valeur alors que les marchés ne trouvent que très peu de nouvelles auxquelles s'accrocher pour en arrêter la chute. En-dehors du rapport du USDA du 12 janvier dernier, qui a signalé une importante production record de soya pour 2009-10 dans le monde, les marchés continuent d'avoir leurs yeux rivés sur les récoltes qui sont maintenant belles et bien débutées en Amérique du Sud (nord du Brésil) et les bonnes conditions météorologiques qui y persistent.
Bien que depuis plusieurs semaines les marchés s'attendent à ce que la Chine, principale consommateur mondiale de soya et importateur de soya américain, se tourne vers l'Amérique du Sud pour s'approvisionner, il semble que cette éventualité ne devrait pas tarder à se concrétiser. En effet, la Chine aurait cette semaine cancellé l'achat de deux cargos de soya américain pour livraison en février et, par la même occasion, réalisé l'achat de deux cargos de soya en provenance d'Amérique du Sud.
Dans cette perspective, les prochaines semaines devraient mettre un frein définitif aux fortes ventes à l'exportation de soya qu'ont connu les Etats-Unis depuis le début de l'année et qui, dans une certaine mesure, avaient permis au prix du soya d'atteindre des niveaux très intéressants au cours de l'automne dernier.
En fait, la seule bonne nouvelle réelle cette semaine pour le prix du soya provient du niveau de trituration de soya aux Etats-Unis, rapporté par la National Oilseed Processors Association pour le mois de décembre dernier, qui aurait atteint un record à 4,71 millions de tonnes, soit 22% de plus qu'en décembre 2008.
Par contre, il faudra certainement plus qu'un important niveau de trituration de soya aux Etats-Unis pour permettre à la consommation de soya de 2010 de rattraper l'importante production mondiale prévue cette année. Dans cette perspective, le prix du soya devrait donc connaître encore plusieurs semaines difficiles en attendant que d'autres nouvelles positives ne viennent le stabiliser pour de bon.

Présentement, comme le révèle notre graphique, le prix du soya connaît une très forte tendance baissière et s'approche dangereusement de son creux atteint à la récolte à 8,90$US/boisseau (327$US/TM). Comme plusieurs analystes le laissent cependant entendre depuis certains jours, une correction haussière serait attendue alors que le prix du soya serait techniquement survendu. Considérant le contexte actuel de l'offre et de la demande du soya pour 2010, cette éventualité représenterait très certainement une opportunité intéressante de réaliser des ventes.
Conditions météorologiques en Amérique du Sud
Les perspectives demeurent très bonnes pour les cultures au Brésil et en Argentine.
Au Brésil, les conditions météorologiques sont dans l'ensemble présentement plus sèches et devraient le demeurer également au cours des prochains jours. Depuis le début de l'année de production, le Brésil a été confronté à des conditions légèrement plus humides qu'à la normale. Le fait que les conditions soient plus sèches présentement est donc une bonne chose pour les cultures alors que la récolte est même commencée plus au nord du pays.
En Argentine, les conditions ont été très chaudes et sèches dans l'ensemble au cours des derniers jours. Certains spécialistes se sont même inquiétés de cette situation qui persiste depuis un certain temps. Cependant, pour les prochains jours, des conditions plus fraîches et humides ainsi que des averses dispersées allant jusqu'à ½ pouces de pluie sont attendues. Ceci devrait permettre aux cultures de retrouver des conditions de croissance beaucoup plus favorables et calmer les rumeurs de sécheresse qui circulaient depuis un certain temps.
Dans l'ensemble les conditions météorologiques demeurent ainsi très bonnes pour les cultures en Amérique du Sud alors que le Brésil et l'Argentine sont tout deux sur le point d'engranger leurs plus importantes récoltes de soya de leur histoire.
Après les États-Unis, le Brésil et l'Argentine sont les plus importants producteurs de soya dans le monde. Respectivement à cette échelle, ils figurent également comme 4e et 7e plus importants producteurs de maïs.
Nouvelles en vrac
Selon un article parue sur le site de GrainNet, lors de la présentation de son discours sur l'état de l'Union, mercredi soir dernier, le président des États-Unis, Barack Obama, aurait indiqué que les exportations américaines agricoles seraient l'une de ses principales priorités :
« Nous devons exporter plus de nos produits. Puisque plus nous fabriquons et vendons de produits à d'autres pays, plus nous supportons d'emploie chez-nous en Amérique. »
Il aurait profité de l'occasion pour présenter un défi, celui de doubler les exportations américaines au cours des cinq prochaines années, mettant une emphase particulière sur l'aide nécessaire pour augmenter les exportations des producteurs et des petites entreprises. Pour lire l'article complet à ce sujet (en anglais) : http://www.grainnet.com/articles/USGC__President_Obama_Prioritizes_Ag_Export_Trade_in_State_of_the_Union_Address-88971.html
Statistique Canada a présenté des premiers estimés sur les intentions d'ensemencements au Canada pour 2010 :

Le gouvernement des États-Unis a divulgué aujourd'hui la progression du PIB (Produit Intérieur Brut) pour le dernier trimestre de 2009 qui aurait été de 5,7% par rapport au même trimestre de 2008. Annuellement, il s'agit de la plus importante progression du PIB des Etats-Unis depuis 6 ans. La vigueur du PIB américain pourrait supporter la poursuite de la hausse du dollar américain, ce qui serait un élément éventuellement négatif pour le prix des grains.
Le EIA (Energy Information Administration) aux États-Unis a présenté aujourd'hui son estimation de production d'éthanol pour le mois de novembre dernier. 991 millions de gallons d'éthanol auraient été produit, une progression de 6% par rapport au mois d'octobre, ce qui porte la production cumulative d'éthanol pour l'année commerciale en cours aux États-Unis a être de 15% supérieure à l'an dernier. Le USDA a établi son estimé cumulatif de production d'éthanol à 14% de plus que l'an dernier.
