Pour la première fois depuis plusieurs jours, le prix des grains a terminé la journée en légère hausse, supporté par le sentiment que le marché des grains était survendu et un contexte général des marchés financiers plus favorable.
Le prix du pétrole a connu une progression intéressante en fin de journée hier en remontant jusqu'à plus de 79 $US/baril. Par contre, il s'est par la suite replié jusqu'à toucher les 77 $US/baril à 11 h ce matin. Il a cependant effacé une partie de ses pertes pour finir à la baisse aujourd'hui de seulement 1,4 $US/baril à 77,62 $US/baril. En se comportant de la sorte, le prix du baril semble avoir trouvé un certain support autour de 77 $US/baril depuis quelques jours, un élément qui pourrait indirectement bénéficier au prix des grains.
Le dollar américain a réalisé de son côté une pause dans la progression importante qu'il connaît depuis maintenant plus d'une semaine. Après avoir touché un sommet inégalé depuis l'automne dernier à 79 points sur son Index, il a reculé aujourd'hui pour terminer en légère hausse de 0,03 point à 78,535 points. Le ralentissement de la progression de la valeur du dollar américain donne un peu de répit à la mauvaise influence qu'il peut exercer sur la demande de grain américain sur les marchés internationaux, ce qui en favorise les prix.
Malgré des situations plus favorables pour le prix du pétrole et pour le dollar américain, le marché des actions boursières a continué de baisser de son côté. Aujourd'hui, le Dow Jones Industrial, un indice américain de référence mondiale, a reculé de 222 points pour terminer à 10 342 points, marquant ainsi sa deuxième journée consécutive de baisse depuis le début de la semaine.
Aidé du meilleur contexte général des marchés financiers et supporté par un contexte de marché qui serait survendu, le prix des grains semble avoir ainsi trouver aujourd'hui un premier niveau de support. Depuis la parution des rapports du USDA, mardi le 12 janvier dernier, le prix du maïs a perdu plus de 0,40 $US/boisseau (16 $US/TM), celui du soya 0,4650 $US/boisseau (17 $US/TM) et celui du blé 0,65 $US/boisseau (24 $US/TM).
Il faut cependant demeurer vigilant. Aux dires de plusieurs analystes, la hausse du prix des grains d'aujourd'hui ne serait que provisoire et purement technique. Pour l'instant, aucun élément confirmant que le prix des grains aurait terminé de se corriger n'est concrètement en place. Comme le souligne Vic Lespinasse sur le site GrainAnalyst :
« À mon point de vue, il est mieux d'attendre jusqu'à ce que le marché est vraiment changé de direction ou, tout au moins, qu'il est donné un signe de changement de direction avant d'abandonner l'idée qu'une tendance baissière soit en cours. En d'autres mots, je crois qu'il est mieux de réagir plutôt que d'agir. »
Ventes hebdomadaires à l'exportation de grain américain
En raison de la journée fériée en la mémoire de Martin Luther King Jr. lundi dernier aux États-Unis, la présentation du rapport hebdomadaire des ventes à l'exportation du USDA a été reportée à demain.
Prix du maïs
Après plus d'une semaine de baisse, le prix du maïs semble avoir trouvé un support à court terme sur le contrat à terme de mars 2010 depuis deux jours. Aujourd'hui, il a terminé en hausse de 0,0325 $US/boisseau (1,34 $CAN/TM) à 3,712 $US/boisseau (152,83 $CAN/TM).
Pour l'instant, le prix du maïs demeure sous la forte pression des mauvaises nouvelles présentées par les rapports du USDA la semaine dernière. Par contre, malgré qu'il ait frôlé de très près hier un support à plus long terme situé autour de 3,50 $US/boisseau (138 $US/TM), il semble s'être pour l'instant confiné à demeurer au-dessus de son support à court terme établi autour de 3,62 $US/boisseau (142 $US/TM).

Les éléments qu'il faut présentement surveiller de très près et qui pourraient permettre au prix du maïs de freiner son repli sont peu nombreux. L'un d'entre eux, la perpective qu'en raison d'une mauvaise récolte de maïs, la Chine se tourne vers les États-Unis très bientôt pour commencer à s'approvisionner de manière plus importante en maïs sur les marchés internationaux.
Rappelons que depuis le début de l'année, les ventes à l'exportation de maïs américain sont très mauvaises. Le fait qu'elles s'améliorent au cours des prochaines semaines grâce à la Chine aurait un effet bénéfique sur le prix du maïs. À ce titre, le rapport des ventes à l'exportation de maïs américain, qui sera présenté demain, pourrait marquer le début de meilleures conditions pour le prix du maïs. Par contre, le fait que ce rapport déçoive pourrait également servir de catalyseur au recul du prix du maïs en cours.
À noter que, pour plusieurs analystes, le léger rebond actuel du prix du maïs n'est que purement technique et ne sera que de courte durée. C'est ce qu'indique notamment Ryan Ettner, un analyste des marchés chez Allendale Inc. qui mentionne également que leur firme est « vendeur » sur ce type de hausse ou « pause » passagère de la baisse du prix du maïs alors que ceux-ci croient que le prix du maïs devrait continuer de baisser vers de nouveaux bas prix.
Prix du soya
Le prix du soya sur le contrat à terme de mars 10 est parvenu à nouveau à terminer en légère hausse de 0,04 $US/boisseau (1,54 $CAN/TM) à 9,54 $US/boisseau (366,56 $CAN/TM) comme il l'a fait à quelques reprises depuis qu'il a entamé sa baisse importante le mardi 12 janvier dernier.
À l'image du prix du maïs, la principale raison qui évoquerait la hausse du prix du soya d'aujourd'hui reposerait sur un contexte de marché survendu. À court terme, le prix du soya aurait ainsi trouvé un premier support à 9,42 $US/boisseau (346 $US/TM).

Par contre, le contexte actuel de l'offre et de la demande de soya est très peu favorable à ce que son prix reprenne de la vigueur. Parmi les éléments à surveiller qui pourrait supporter le prix du soya actuellement:
Les fortes ventes à l'exportation de soya américain qui demeurent toujours bonnes depuis le début de 2010 alors que les marchés anticipent déjà depuis un certain temps une baisse.
Certaines rumeurs commencent à circuler à l'effet que les conditions météorologiques en Amérique du Sud seraient de plus en plus sèches, particulièrement en Argentine. Ceci n'est pas sans rappeler l'importante sécheresse qui avait eu lieu dans cet hémisphère du monde l'an dernier et qui a réduit de manière importante les productions de soya du Brésil et de l'Argentine, principaux pays producteurs de soya dans le monde après les États-Unis.
Il ne faut cependant pas croire que ces éventualités puissent pour l'instant corriger de manière importante la baisse actuelle du prix du soya. Tout au mieux pourraient-elles la ralentir à en croire bon nombre d'analystes.
