Grainwiz : Actualité et opinions : Maïs et Soya
Le CBOT a clôturé fortement à la hausse. Pour les contrats de maïs-grain venant à échéance en décembre 07, le prix a fini à 3.6200 $ US (+ 11.00). Dans le cas des oléagineux (soya), la valeur des contrats qui se terminent en novembre 07 a grimpée pour terminer à 9.8700 $ US (+ 10.25).
Que s'est-il passé ? Pourquoi, une hausse de prix aussi brutale ? Le jeu des spéculateurs est sans doute largement responsable de cette poussée « inattendue ». Au dernières indications, le USDA avait pourtant été assez clair. Les Américains se dirigent tout droit vers une surproduction de maïs-grain. Le potentiel calculé par le gouvernement américain reste encore un record de 338 millions de tonnes.
Mais, apparemment, le problème du manque mondial de blé persiste. En tout cas, les traders au CBOT se sont fiés à deux rumeurs. La première veut que l'Union européenne augmente ses importations de maïs-grain. Là-bas, le pénurie de blé serait telle que la moulée à base de blé habituellement largement utilisée doit être substituée par celle à base de maïs-grain.
La deuxième rumeur concerne une augmentation des importations chinoises de maïs. La forte hausse du baril de pétrole aurait forcé le gouvernement chinois à ouvrir davantage les portes à vendeurs étrangers. C'est que les autorités commencent à voir qu'il est nécessaire d'augmenter la production d'éthanol. De fait, la valeur du pétrole brut défonce constamment ses propres records. Plus le temps passe, plus le pétrole devient cher. Aujourd'hui, son prix a clôturé à 86.18 $ US le baril.
D'ailleurs, on ne croit pas que le prix du pétrole puisse descendre si rapidement. Les inventaires américains de pétrole sont à leur plus bas niveau depuis janvier dernier. C'est que la demande mondiale grimpe plus vite que l'offre.
La tension sur le marché a également grimpée à cause de deux éléments politiques. D'abord, le désordre dans l'approvisionnement de pétrole à partir du Nord de l'Iraq rend la situation plus difficile.
Ensuite, les Américains ont récemment créé des tensions diplomatiques entre eux et les Turques. Le sujet de la discorde est l'autonomie des Kurdes. Les Américains ont fait des pressions pour forcer les Turque à laisser plus d'autonomie au Kurdes.Istanbul:www.libertepolitique.com
Pour faire une histoire courte, disons que le territoire des Kurdes occupe 4 pays dont la Turquie. Mais les Turques, qui nient l'existence des Kurdes ont toujours refuser de céder cette partie de leur territoire.
Le problème est que le temps est très mal choisi. Au Moyen-Orient, les Turques étaient probablement les meilleurs alliés des Américains. Déjà détestés partout ailleurs, enlisés profondément en Iraq, on peut vraiment croire que les diplomates américains ont fait preuve d'imbécilité.
Mais pour le marché du grain, cette erreur-là a été bénéfique. De toute évidence, elle a permis aux traders de penser que, dans une période rapprochée, la demande mondiale de biocarburants grimpera. Comme l'éthanol est fait principalement à partir de maïs, l'offre de grain devrait finir diminuer. C'est ce qui expliquait en partie la hausse des prix observée aujourd'hui.
Le rapport sur les inspections aux exportations figurent également parmi les facteurs positifs. Pour le maïs, les ventes de la semaine passée ont fait à peine un peu plus élevées que le minimum prévu. Le 1.02 million de tonnes de maïs retenu par le USDA est bon, mais sans plus. C'est que même avec un tel montant, les retards dans les exportations s'accumulent.
Avec soya, la situation fut meilleure. Les 972 948 tonnes enregistrées par le USDA sont supérieures de 44 % au maximum de ce à quoi s'attendaient les traders. C'est énorme. Certains stipulent que la faiblesse du dollar américain n'est pas étrangère au phénomène.
Les tendances :La tendance à court terme est-elle revenue à la hausse ? On ne le sait pas vraiment. Le marché reste spéculatif et la surenchère est à craindre
Cependant, avec le manque mondial de blé et la hausse du prix du pétrole, il est certain qu'à long terme, les prix du maïs et ceux du soya devraient grimper encore.
