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Pourquoi les prix de l'éthanol stagnent-ils ?

15 octobre 2007,

Grainwiz:Depuis quelque temps, les prix de l'éthanol bougent à peine. Et selon la logique du marché, ils devraient normalement évolués en suivant la trajectoire des cours du pétrole brut. Pourtant, la valeur de ce dernier grimpe en flèche. Le 11 octobre dernier, avant de redescendre vers les 83 $ US le baril, son prix a touchait un pique à 85.19 US $ le baril. Pourquoi le marché de l'éthanol n'a-t-il pas suivi ? D'où vient cette défaillance ?

À l'heure qu'il est, la rentabilité des distilleries d'éthanol dépend beaucoup des réserves de grain et de l'offre aux récoltes. En outre, bien qu'elle soit mondiale, la demande pour l'éthanol est moins étendue et davantage restreinte aux pays riches. Contrairement au pétrole, aux yeux de plusieurs, l'éthanol ne serait pas forcément une nécessité

Dailleurs, dans le cas du pétrole, l'offre grimpe un peu, mais pas assez. La demande mondiale, particulièrement celle de la Chine et de l'Inde, montent encore plus vite. Dire que l'offre et la demande de pétrole est serrée est juste. Par exemple L'OPEP, qui fournit environ 30 % de la production mondiale a déjà les robinets grands ouverts ; ses membres ne peuvent pas faire plus.

Du côté de l'éthanol, la menace de surproduction de maïs américain, c'est-à-dire le potentiel de 338 millions de tonnes, est à considérer. S'ajoutent aussi les problèmes de développement que connaît l'industrie américaine des biocarburants. Aux États-Unis, il y a actuellement 130 usines d'éthanol. Quelques 70 autres sont en construction. À ce stade, les constructeurs ne suffisent plus à la demande. Souvent, les chantiers subissent des retards à tel point que les investisseurs se retirent des projets. Il ne serait pas surprenant non plus de constater que la faiblesse de l'économie américaine, qui attise les inquiétudes, ait accélérer cette chute des capitaux disponibles.

Il faut aussi tenir compte de la spéculation. On l'a vu à maintes reprises, les spéculateurs apprécient particulièrement le CBOT. Instable, ce dernier l'est d'autant plus que nous sommes aux temps des récoltes. Traditionnellement, c'est l'une des périodes où le marché est le plus vulnérable.

Un retour à la hausse ?

À notre avis, la tendance propre à l'éthanol n'est nécessairement pas mauvaise. Pour les raisons qu'on a évoquées plus haut, et ce ne sont certainement pas les seules, le marché actuel semble se consolider. Pour l'instant, il faut attendre que le choc des 338 millions de tonnes soit passé. Après le retour de la hausse est possible. Mondialement, il manque toujours du blé et le maïs peut combler une partie de cette demande. Si l'offre de maïs-grain américain se raréfie de cette manière, il est certain que tôt ou tard, le marché des biocarburants grimpera.

N'empêche, les prix de l'éthanol dépenderont beaucoup de la vigueur de l'économie américaine. Dans la majorité des cas, l'éthanol produit par les Américains est consommé non loin des distilleries. Car contrairement au pétrole, l'éthanol supporte mal le transport. Si l'eau s'infiltre dans le réservoir, c'est tout le contenu qui est fichu.

En ce qui a trait à la valeur du pétrole, les Américains, comme personne d'ailleurs, n'ont pas vraiment de contrôle sur les prix. En fait, la réalité propre au pétrole leur échappe parce qu'elle est mondiale. Si les Américains exercent une certaine influence sur les prix, c'est surtout par le truchement de la valeur de leur dollar. D'une certaine manière, il n'est pas faux de dire que la chute du dollar américain force la hausse du pétrole brut. À l'échelle internationale, le baril de pétrole s'échange toujours en dollar US.


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