Grainwiz :Depuis la mise en place de la politique américaine sur la consommation énergétique en janvier dernier, le volet sur la production de l'éthanol conçu à partir du maïs-grain est sans doute l'un des aspects les plus critiqués. Partout on dit que la fabrication de l'éthanol n'est pas rentable, qu'elle requiert trop d'énergie pour ce qu'elle n'en rapporte.
Les écologistes la trouvent aussi polluante à cause des nombreux intrants impliqués dans la culture du maïs nécessaire à sa fabrication. De leur côté, les producteurs s'inquiètent de l'augmentation de leurs coups de production. Certes, les prix du maïs grimpent souvent sur l'effet de la spéculation mais du même coup, ils provoquent une hausse de l'inflation. Malheureusement et peu importe ce qui arrivera, l'utilisation du maïs-grain comme matière première n'est pas prête à disparaître.
Signalons que l'utilité de l'éthanol n'a pas forcément à voir avec le manque pétrole. Plus souvent qu'autrement, le produit fini ne sert que d'additif. Comme on le sait, il est rarement utilisé à l'état pur. L'éthanol fut d'abord proposé pour des raisons de santé publique. Dans les faits, les Américains le convoitent en remplacement au méthanol.
Mieux connu sous le nom d'alcool à bois, celui-ci ajouté au pétrole est hautement toxique. Son usage à grande échelle a occasionné des cas d'empoisonnement (nappe phréatique). Avec des propriétés énergétiques presque similaires et surtout moins toxiques, l'éthanol fut présenté comme une solution de rechange.
Mais en vérité, pour nos voisins du Sud, forcer sur l'éthanol n'était donc pas un choix. D'ailleurs, c'est ce qui explique pourquoi encore aujourd'hui, le marché du biodiésel reste marginal. À vrai dire, bien qu'il soit un enjeu important, l'environnement n'est pas le premier objectif viser par les décideurs.
On peut penser qu'il a ensuite servi de monnaie d'échange dans l'élaboration du Farm Bill 2007. Sur ce point là encore le gouvernement américain n'avait pas le choix : à l'époque, comme aujourd'hui, il devait trouver le moyen de sabrer dans les finances publiques sans trop provoquer de critiques négatives.
En fin de compte, on voit mal comment les Américains pourraient se passer de l'éthanol fourni à partir du maïs-grain. Les alternatives comme le cellulosique, c'est-à-dire l'alcool tiré de déchets agricoles, ne sont qu'au stade expérimental. D'ailleurs, à propos du cellulosique, il n'existe qu'une seule compagnie capable d'en produire en quantité suffisante pour être commercialiser.
Mais, basée en banlieue d'Ottawa, cette société, connue sous le nom de Iogène, reste d'abord un laboratoire de recherche. Les circonstances actuelles sont telles qu'il s'écoulera peut-être dix ans avant de voir le marché du cellulosique se développer jusqu'à devenir rentable. D'ici-là, aux États-Unis et même au Québec, s'il n'y a pas d'augmentation dans les importations d'éthanol brésilien, la valeur du maïs-grain risque de monter encore et encore...
