Maïs
Il est intéressant de noter qu'au moment où l'industrie de l'éthanol atteint un niveau de production historique à 954 000 barils par jour, les « mélangeurs » (blenders ) c'est-à-dire les raffineurs ou les grossistes vont perdre les subventions qu'ils recevaient (4.5 cents/gallon) des autorités américaines au 1 janvier 2012. C'est donc une première mesure qui vient toucher seulement les raffineurs et ne touchent aucunement les fabricants d'éthanol. Il était déjà acquis que cette partie de la chaîne de production n'avait plus besoin des ces subventions, mais psychologiquement il n'en demeure pas moins que cela porte un coup au maïs, même si dans les faits la production brute d'éthanol n'est pas touchée par cette mesure.
Comme le mentionnait l'équipe de Grainwiz dans sa chronique de fermeture d'hier, les négociants attendent avec impatience le rapport de vendredi. Il est intéressant de noter que les analystes demeurent assez optimistes dans leurs anticipations voyant même un relèvement possible de la consommation animale et de l'éthanol, mais une baisse des exportations. Dans l'ensemble on prévoit une baisse mineure des inventaires, mais je crois que le marché s'attend une « surprise » du USDA. Avec du blé qui est entré en sol américain en novembre, je tablerai plutôt sur une baisse de la consommation animale. De plus, avec la baisse importante de la production de la volaille (-10%), je doute de la baisse des inventaires.
De plus, au risque de nous répéter, les inventaires mondiaux vont certainement augmenter de 2 à 3 millions de tonnes en raison des récoltes sud-américaines, mais aussi des récoltes de l'Ukraine qui semble avoir attient des records de production dans le maïs autant que dans le blé.
Par contre, si le rapport est négatif cette semaine, il faut se rappeler que la récolte américaine risque de diminuer beaucoup dans le rapport de janvier. Il est possible que les rendements soient abaissés une fois de plus et il faut ajouter que l'Ohio doit récolter encore 20% de son maïs qui est resté debout en raison des pluies et de la neige qui ont touché l'État depuis les 2 dernières semaines. Quels rendement auront ces producteurs? Quelles surfaces seront récoltées? Ainsi, il reste des munitions pour les analystes qui prévoient un hausse du prix du maïs en janvier.
Pour l'instant, les bases continuent de faire le travail en relevant le prix offert aux producteurs. Présentement au Québec, il est surprenant de voir des bases positives en ce 8 décembre avec livraison immédiate. Je crois que pour les producteurs, il peut être judicieux de fermer ces bases avant le mois de janvier puisqu'il faut vendre quand personne ne le fait! Et profiter des bases qui sont offertes. Je crains que plusieurs voudront laisser l'année se terminer et éviter une taxation trop importante et conserver leurs grains dans les silos. Par contre, avec l'automne que nous avons connu et les meilleures rendements qu'anticipés au départ, il est possible que bien des ventes arriveront au même moment chez les acheteurs qui auront la main haute en faisant diminuer les bases en janvier et février prochain.
De plus, si les prix baissent d'ici la fin de l'année en raison de la vente des fonds, les bases pourraient monter encore un peu avant janvier. Par la suite, si les fonds reviennent acheteurs et si le rapport du USDA est plutôt « bullish » en janvier, il est probable que les bases recommencent à baisser. N'hésitez pas à m'envoyer un courriel pour connaître les bases de votre région.
Pour les acheteurs de grains, c'est la logique contraire.
Ce n'est qu'une opinion cependant et la logique personnelle de chacun peut être équivalente à la mienne!
Bonne mise en marché des grains!
Bœuf
Le bœuf a normalement beaucoup de difficulté pendant le mois de décembre. Habituellement, les consommateurs vont privilégier la dinde et les jambons pendant la période des fêtes et délaissent le bœuf. Surtout que cette année, les consommateurs constatent un prix record sur les tablettes des supermarché pour le bœuf et il est possible que cela rebutent plus d'un consommateur qui n'ont tout simplement pas les moyens de payer ce qu'ils pouvaient auparavant.
Pendant que l'on s'interroge sur la consommation domestique, le marché de l'exportation continue de décevoir. Depuis 3 semaines, les exportations sont loin des moyennes atteintes pendant toute l'année 2011. Ce matin, on prévoit à peine 10 000 livres alors qu'il y a 2 mois nous pouvions constater des exportations se situant à presque 15 000 livres en moyenne. Il faut souhaiter que les exportations reprennent en 2012. Peut-être est-ce simplement une pause des importateurs afin d'évaluer leurs propres inventaires de fonds d'année.
Les prix au comptant se situent entre des acheteurs qui proposent des prix à $118 et des vendeurs qui souhaitent obtenir $125-$126. Un monde sépare les protagonistes pour l'instant. De plus, les abattoirs ont réduit considérablement la demande de boeuf. Leurs marges sont tellement négatives qu'ils doivent réduire l'offre aux grossistes et aux vendeurs au détail afin de conserver le prix du Boxed-beef à la hausse le plus longtemps possible. Le seul pouvoir que les abattoirs possèdent est de restreindre la production et depuis les 4 semaines ils auraient réduit les abattages de 4.25% en moyenne par rapport à l'an dernier. Le prix de la découpe a terminé en hausse : Choice en hausse de $0.69 à $190.89 et les Select en hausse de $0.88 à $173.71.
Le marché transige beaucoup le côté technique et les fonds semblent être pris dans un tourbillon de vente afin d'alléger leurs positions. Plusieurs signaux de vente ont été enregistrés et les fonds liquident leurs avoirs basés sur ces signaux. C'est pourquoi on se retrouve avec des contrats de février si inférieurs au prix au comptant en ce moment. Les supports sur les contrats de février pourraient se révéler être autour de $119.10 et $118.45. Il faut attendre un signal de retournement de tendance avant d'acheter (spéculateur).
Porc
Une pause après le retournement de tendance. Ce fut la conclusion de la journée d'hier. De plus en plus de voix s'élèvent pour dire que la Chine est sur la ligne de touche par rapport à l'importation de viande de porc. Dans certains journaux chinois on semble dire que l'inflation et surtout les prix du porc ont recommencé à diminuer depuis les 3-4 dernières semaines. Ainsi, la pression se fait moins forte pour acheter de la viande étrangère pour l'instant. Il n'est pas dit que ces importateurs seront inactifs pour autant, mais pour l'instant les rumeurs prétendent que c'est le calme sur ces marchés. C'est une raison pourquoi le porc a connu cette importante baisse depuis la semaine passée, mais aussi je crois que les analystes commencent à être préoccupés dans la tendance générale du rythme d'abattages qui ne semble pas montrer les signes de ralentissent attendus en cette fin d'année.
Le prix au comptant se situe à $86.26 et la découpe n'aura pas réussi à conserver ces gains du début de la semaine et perd $0.87 pour se situer à $88.71. Toutes les parties de la découpe ont écopés (sauf le bacon).
Côté technique, on peut dire les contrats à terme ont bien rebondi sur la tendance haussière des derniers mois, mais le danger demeure que ceux-ci traversent ces lignes de tendance. Les contrats de février ont de bons supports à $87.50 et à $87.85.
