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Commentaires du matin - 22 février 2012

22 février 2012,

Maïs

La réaction des contrats à terme fut très impressionnante hier, malgré la bonne tenue des marchés financiers. Est-elle exagérée? Peut-être, mais il faut savoir que les négociants semblent résolument tournés vers la prochaine récolte et ils laissent aux bases (aux primes) le soin de faire en sorte que le prix du maïs ne chute pas trop au quotidien.

La situation du Québec pourrait par contre différée avec celle des États-Unis puisque nous avons encore beaucoup de maïs disponible en raison du manque d'exportations l'automne dernier. Ainsi, depuis 1 semaine nous voyons les bases chuter tranquillement (il y a peut-être l'effet de la hausse du dollar canadien aussi!).

De plus, il est surprenant de constater une baisse des prix de l'éthanol alors que les prix du pétrole et de l'essence continuent inlassablement leurs hausses depuis jeudi dernier en lien avec les problèmes diplomatiques iraniens.

De plus, l'EPA vient de retirer certaines barrières règlementaires à l'utilisation du E15 dans l'essence. Par contre, les compagnies devront enregistrer leurs produits et volumes à l'organisme de surveillance. Cette nouvelle positive pour le maïs semble avoir été ignoré par le marché.

Le prix du maïs en Chine se situerait à $9,63 le boisseau ce qui semble être un prix qui pourrait favoriser les exportations américaines vers le pays. Encore une fois, aucune réaction du marché!

Le marché se tourne vraiment vers l'avenir et cet avenir est le printemps 2012. Le USDA estime de plus en plus que les producteurs américains sèmeront plus de 94 millions d'acres et s'ils obtiennent 164 boisseaux/acre, nous doublerons les inventaires à plus de 1,6 milliards de boisseaux. C'est ce chiffre que le marché craint le plus. Il faudra beaucoup d'exportations afin de ralentir la baisse des prix à l'automne prochain.

Encore une fois, les conditions climatiques décideront de tout cette année.

Il existe des offres sur le marché afin de fermer des prix plancher et ciblé qui pourraient être intéressants pour l'automne prochain en raison de l'incertitude qui plane sur les marchés. Ainsi un producteur peut fermer un prix minimum à $208 la tonne et $275 la tonne comme prix maximum. Si les prix Chicago continuent de baisser, le producteur recevra $208 la tonne, mais si le prix remonte vers $7 du boisseau, il pourra empocher la plus-value jusqu'à $275 la tonne.

 

Bœuf

Le bœuf a continué de profiter de l'enthousiasme général des marchés pour continuer à monter malgré la baisse momentanée du matin. Par contre, les contrats à terme ont stoppé autour des sommets atteints vendredi dernier.

Les négociants commencent à être divisés sur le potentiel haussier à ces niveaux puisque malgré les bonnes nouvelles économiques, le pouvoir discrétionnaire des américains pourrait être mis à mal en raison de la hausse de prix de l'essence cet été. Plusieurs analystes prédisent $5 du gallon ce qui ferait mal au portefeuille de millions d'américains.

Ainsi malgré une baisse de la production anticipée et bien documentée, les prix pourraient avoir de la difficulté à poursuivre leurs hausses. De plus, il n'est pas certain que les abattoirs veuillent suivre la direction du marché et pourraient réduire les prix payés aux producteurs surtout après l'année financière qu'elles viennent de vivre. Par contre, avec le manque d'animaux disponibles, il est possible que les prix puissent monter encore un peu.

Aucun prix au comptant ne s'est manifesté cette semaine. Les prix vendredi dernier auraient terminé la semaine entre $128 et $129. Par contre, les prix de la découpe continuent de surprendre à la hausse : Choice en hausse de $2,34 à 164,15 et les Select en hausse de $2,77 à 191,15. Nous approchons de niveaux record sur les coupes de bœuf.

Nous allons entrevoir les inventaires de viandes cet après-midi, il sera intéressant de voir si les inventaires de viande de bœufs ont progressé ou diminué en janvier. Il sera surtout pertinent de constater si les ventes à l'exportation viennent gruger les inventaires domestiques.

 

Porc

Les inventaires de porcs au Canada ont augmenté de 1% par rapport à l'an dernier. C'est ce qui ressort du rapport du USDA « Hogs and Pigs Canada - US » d'hier. Ce n'est guère une surprise. Lorsque combinés, les inventaires d'animaux demeurent supérieurs à 2% par rapport à l'année précédente. Le prochain Hog & Pig américain sera présenté le mois prochain.

Le prix au comptant semble vouloir remonter cette semaine. Plusieurs zones montraient des hausses de presque $1. La découpe, quant à elle, ne montrait pas autant d'optimisme et se repliait de 0,39 à $86,07. Les marges demeurent essentiellement négatives pour les abattoirs encore cette semaine.

Les prix des contrats à terme demeurent supportés par la hausse des prix du bœuf et surtout la baisse de production dans le bœuf et dans la volaille au premier trimestre de 2012. Par contre, on peut sentir un effet de hausse de production au niveau de la volaille qui pourrait se refléter bientôt au détail.

Il faudra une nouvelle impulsion pour atteindre de nouveaux niveaux et il sera possible de l'avoir avec le rapport du Cold Storage cet après-midi. On sait que les exportations ont été exceptionnelles en novembre et décembre 2011, pourront-elles avoir un effet d'entraînement sur la baisse des inventaires de viandes de porcs?

 

 


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